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Quelques disques oubliés en 2017

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Nous voici dans les limbes, ce bref moment entre Noël et le jour de l’An où, à moins de tragédies, l’actualité semble figée dans le temps. La semaine idéale, donc, pour revisiter des disques oubliés ou mis de côté en prévision des préparatifs des Fêtes. À vos écouteurs !

Artistes variés - Remixer le Québec

★★★

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Une question de timing !

Quel hasard ! Alors qu’on profitait de la production d’un film sur La Bolduc (en salles en 2018) pour faire réenregistrer, voire rafraîchir, l’œuvre de la dame par l’interprète Debbie Lynch-White, le professeur de l’Université Laval Serge Lacasse, lui, recevait du financement pour réaliser un album remixant des classiques du terroir du début du 20e siècle au goût du jour. Une bonne idée, mais...

Tout d’abord, les fleurs...

La sélection de pièces originales est convaincante et contient autant de tubes (Ça va venir découragez-vous pas de Mary Travers, justement) que de ritournelles méconnues (Youpe ! Youpe ! Sur la rivière, qui ouvre le bal, en témoigne). Là où le bât blesse, en fait, c’est dans l’exécution. Outre l’intervention de musiciens aguerris comme, par exemple, Dragos Chiriac (de Men I Thrust), plusieurs des remâchages proposés sont plats, lassants après quelques instants ou demeurent au ras des pâquerettes, côté risques.

À écouter, tout de même

Malgré la critique malheureusement pas dithyrambique (mes excuses !), je vous recommande une écoute de ce projet pas piqué des vers. Pas nécessairement un achat, mais une diffusion, au moins, sur votre plateforme préférée.

C’est les Fêtes, après tout.

N.E.R.D. - No One Ever Really Dies

★★★

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Dans la catégorie « retour que personne n’attendait », notons ce nouvel album de la bande de Pharrell Williams paru à la mi-décembre, sept ans après Nothing, quatrième offrande du projet rap. Bien que le disque est sans surprise outre ses nombreux invités (allant de Rihanna à André 3000), il demeure diablement efficace et contagieux. Pas un retour en force, donc. Les mélomanes savent exactement à quoi s’attendre.

Eminem - Revival

★★

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Dans la catégorie « retour que tout le monde attendait », Eminem décevait en décembre avec un 9e disque qui, malgré les prouesses vocales du bonhomme et la sincérité de certains de ses propos, s’avère cruellement mou, sans accroche et même ankylosé par une production poncée à outrance (à quoi le coréalisateur émérite Rick Rubin pensait-il ?) Dernier clou dans le cercueil : une collaboration regrettable avec Ed Sheeran. Idéal pour accompagner une sieste, j’imagine.

Linkin Park - One More Light Live

★★ ½

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Pour sa première parution depuis le décès tragique de son leader Chester Bennington, Linkin Park offre un disque capté devant public lors de sa dernière tournée européenne. Au programme : 16 pièces allant de classiques à la Crawling (interprété ici sous forme de balade lancinante au piano) à des extraits de l’album One More Light comme Nobody Can Save Me. Bien que l’enregistrement live est admirable, le projet ne plaira surtout qu’aux inconditionnels tant le concert proposé n’est malheureusement pas très enlevant.

Coup de coeur


Paul Cargnello - Intense cité

★★★ ½

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Alors que, malgré le climat actuel, la chanson engagée québécoise demeure l’usufruit de l’underground, Paul Cargnello défend le fort et pousse d’un cran en confiant les textes de son plus récent album à Siou-Sylvain Deslongchamps, artiste multidisciplinaire et camelot pour L’itinéraire. En résulte une œuvre un brin hétérogène pour les fans de Cargnello (autant sur le plan des rimes que de l’interprétation plus « slamesque »), mais tout de même intéressante, chaleureuse et couillue.