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La fin de la misère

Miami Dolphins v Buffalo Bills
AFP

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L’année 2017 s’est terminée sur fond d’extase pour plusieurs bases d’irréductibles partisans aux quatre coins de la NFL. Comme quoi l’espoir finit toujours, même après des années de misère, à triompher.

À tout Seigneur tout honneur, commençons par les Bills. C’est la plus longue disette, non seulement dans la NFL, mais dans le sport professionnel, qui vient de prendre fin. Cet «honneur» revient maintenant aux Mariners de Seattle, qui n’ont pas pris part aux séries du baseball majeur depuis 2001. Dans la NFL, les Browns (2002) prennent maintenant le relais.

Buffalo goûtera aux séries pour la première fois depuis 1999. La dernière présence des Bills en matchs éliminatoires avait pris fin sur une note crève-cœur, lorsque les Titans les avaient vaincus au dernier jeu du match, sur un retour de botté toujours contesté à ce jour et connu sous le nom de «Music City Miracle», à Nashville.

Dix-sept ans sans toucher aux séries! C’est quand même tout un fardeau que l’équipe vient d’enlever sur les épaules d’une ville en liesse. Ce n’est pas dit que les Bills iront loin en séries et le danger de tomber à plat devient énorme après avoir vécu ce moment tant attendu comme une conquête du Super Bowl. Mais pour l’instant, l’équipe et ses partisans ont toutes les raisons du monde de célébrer.

Bien des partisans vire-capot les ont supporté dans les années 1990, lorsqu’ils régnaient dans la conférence américaine pendant plusieurs années, pour ensuite les déserter. Chapeau à ceux qui sont restés, contre vents et marées, envers et contre tous, pilant sur leur orgueil année après année. Le triomphe est aujourd’hui encore plus savoureux.

Certains diront que les Bills n’ont encore rien gagné et c’est vrai. Sauf que le retour vers la respectabilité doit commencer quelque part. Pour les Bills, c’est en soi une victoire énorme. Si la franchise s’attaque efficacement à son problème au poste de quart-arrière et à un front défensif à remodeler, ce sera vraiment le début de quelque chose, plutôt qu’une finalité.

En plus de leur victoire face aux Dolphins, pour renouer avec les séries, il fallait que les Bills vivent un scénario improbable dans lequel les Bengals devaient battre les Ravens. Cette impensable victoire des Bengals est survenue sur un touché lors d’un quatrième essai avec 12 verges à franchir. Les moments de gloire d’une équipe tiennent parfois à un fil...

D’AUTRES HEUREUX

Il n’y a pas qu’à Buffalo où la misère a finalement lâché prise en 2017. Huit des 12 clubs de séries n’y étaient pas l’an dernier.

Du lot, pas moins de quatre des plus longues sècheresses sans séries ont pris fin. En plus des Bills (17 ans), les Rams (12 ans), les Jaguars (9 ans) et les Titans (8 ans) peuvent enfin célébrer.

Les Rams avaient quitté Los Angeles pour St-Louis en 1995 et avaient fait les séries pour la dernière fois dans la mégapole californienne en 1989! Los Angeles vivra la ferveur des séries de la NFL pour la première fois depuis la saison 1993, lorsque les Raiders s’étaient qualifiés avant de plier bagage vers Oakland deux ans plus tard.

Pour les Jaguars, le sentiment d’euphorie est venu il y a deux semaines, mais le fait de prendre part aux séries n’est pas moins important pour autant. De 2011 à 2016, l’équipe n’a gagné que 22 pauvres petits matchs. Croyez-le ou non, durant la même période, même les Browns ont fait mieux avec 24 victoires.

Vraiment, 2017 aura une année de libération pour de nombreux partisans éprouvés qui méritaient enfin de voir leur infinie patience récompensée.

LES GAGNANTS DE LA SEMAINE

  1. Les Bills

Tout a été dit sur le retour des Bills en séries pour la première fois depuis 1999. Leurs partisans ont raison de célébrer. Ce ne sera pas de la tarte dimanche prochain face aux Jaguars, mais une fois qu’on est dans le grand tournoi, tout peut arriver.

  1. Les Falcons

Dans un contexte où la pression était étouffante, la défensive a assuré la victoire aux Falcons pour leur permettre de se qualifier en séries.

  1. Les Bengals

Les Bengals sont les trouble-fêtes par excellence! Une semaine après avoir éliminé les Lions, ils ont refait le coup aux Ravens. Ça ne change rien au fait que leur saison s’avère une déception, mais c’est un beau prix de consolation.

  1. Frank Gore

Était-ce le dernier match de la brillante carrière du porteur de ballon? L’avenir nous le dira bientôt, mais Gore a récolté 100 verges pour porter son total cette saison à 961. Tout un accomplissement, à 34 ans, au sein d’une équipe de deuxième ordre.

  1. Pat Mahomes

Les statistiques n’ont rien de grandioses (22/35, 284 verges, 0 touché, 1 interception), mais à son tout premier match comme quart-arrière partant dans la NFL, Mahomes a orchestré une ultime poussée victorieuse pour les Chiefs. De quoi donner confiance pour l’an prochain.

LES PERDANTS DE LA SEMAINE

  1. Les Ravens

Quelle débandade! Les Ravens, n’avaient pas le droit de perdre face aux Bengals. Leurs efforts, malgré de nombreuses blessures cette saison, ont été sabotés au dernier moment. Difficile de vivre un moment plus crève-cœur.

  1. Les Chargers

Les Chargers ont fait leur part pour tenter de se faufiler en séries avec une victoire, mais les facteurs externes hors de leur contrôle (victoires des Titans et des Bills) les ont privés de football en janvier. Dommage qu’ils aient commencé leur saison si tard!

  1. Les Browns

Grâce aux Browns de 2017, les Lions de 2008 peuvent sortir le Champagne! Ils ne sont plus seuls dans l’infamie, avec une saison de 0-16.

  1. Les Jaguars

Les Jaguars ont perdu leurs deux derniers matchs face aux 49ers et aux Titans. Rien de très rassurant en vue des séries... Ils jouent soudainement comme une équipe qui a accompli son but en se qualifiant pour les séries, sans rechercher davantage.

  1. Les entraîneurs

Chuck Pagano (Colts), Jack Del Rio (Raiders), Jim Caldwell (Lions) et John Fox (Bears) sont les entraîneurs au chômage, au moment d’écrire ces lignes. D’autres connaîtront leur sort dans les heures ou jours à venir. Le Nouvel An n’est pas toujours rose...