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Le top 3 n’est plus un mirage pour Harvey

Le fondeur croit en ses chances de succès pour l’issue du Tour de ski ce week-end

Cinquième au 15 km d’hier à Oberstdorf, Alex Harvey a conservé sa quatrième place au cumulatif du Tour de ski et rêve même du podium dimanche en Italie.
AFP Cinquième au 15 km d’hier à Oberstdorf, Alex Harvey a conservé sa quatrième place au cumulatif du Tour de ski et rêve même du podium dimanche en Italie.

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L’ambition avouée par Alex Harvey au Tour de ski révèle tout sur son niveau de forme à un mois des Jeux olympiques : « Il y a une opportunité pour le top 3 ».

Pardon ? Durant ses neuf participations à cette costaude série de sept épreuves en neuf jours, l’athlète de Saint-Ferréol s’est rarement livré avec autant de conviction sur un tel objectif. Surtout pas avec deux courses à jouer. Or, avant les étapes de samedi et dimanche à Val di Fiemme, il campe au quatrième rang du cumulatif à une quinzaine de secondes du podium.

« Je pense qu’il y a une opportunité pour le top 3, mais de façon plus réaliste pour le top 5, ce qui serait quand même mon meilleur résultat au Tour », a projeté le fondeur, joint hier sur la route depuis Oberstdorf en Allemagne, où il a terminé cinquième du 15 km en style libre disputé dans des conditions de météo et de course décriées par le peloton.

Un samedi critique

Harvey n’a jamais fait mieux que son septième rang de l’an dernier à cette tradition de mi-saison de la Coupe du monde de ski de fond. Son idée du podium final de dimanche dépend toutefois de la réponse qu’il donnera la veille, lors du départ groupé du 15 km en style classique.

Bien servi dans le passé dans cette station des Dolomites italiennes, où il a obtenu trois podiums à différentes occasions en carrière, l’athlète de 29 ans pourrait trouver demain une occasion de se réconcilier avec le style classique qui lui fait défaut depuis le début de la saison. Un bon coup durant cette journée pourrait mieux le construire pour la poursuite de 9 km de dimanche qui se termine avec la cruelle ascension de l’Alpe Cermis.

« Samedi, j’aimerais aller chercher des secondes supplémentaires sur des gars comme Maurice Manificat (10e au cumulatif à 36 s de lui) et Marcus Hellner (11e à 42 s) qui ne sont pas trop loin derrière moi et qui ont déjà gagné la montée de dimanche. Il faut que je me donne un meilleur coussin pour rester à l’écart de ces deux skieurs », estime le Québécois.

Les Russes du coin de l’œil

Si le Suisse Dario Cologna apparaît indélogeable et en voie de signer son troisième titre en carrière sur ce Tour de ski, il a tout le loisir de laisser à une dizaine de poursuivants le contrat de régler entre eux l’avance de 53 secondes qu’il détient sur le Russe Sergey Ustiugov. Dans le lot, un Québécois s’annonce comme l’un des principaux acteurs du débat.

« Ustiugov et Bolchunov (5e à 3,6 s d’Harvey) ont de gros gabarits et ne sont pas les meilleurs grimpeurs. Ils vont à la même vitesse que moi dans les montées. Si j’ai une grosse course sur le 15 km classique, je peux garder en vue le top 5 au général, peut-être même jouer le podium en fonction des résultats d’Ustiugov et Bolchunov samedi », évalue-t-il.

La dolce vita à l’italienne, on la trouve seulement en vacances...

Tour de ski - Cumulatif (5 épreuves sur 7)

  1. Dario Cologna, Suisse, 1 h 42 m 13,1 s
  2. Sergey Ustiugov, Russie, + 53 s
  3. Martin Johnsrud Sundby, Norvège, + 1 m 7,6 s
  4. Alex Harvey, Canada, + 1 m 23,1 s
  5. Alexander Bolchunov, Russie, + 1 m 26,7 s

Épreuve d’Oberstdorf: une course chaotique

Forte pluie, tracé écourté et dénivelé rendu trop facile ; la course de jeudi à Oberstdorf s’est transformée en un fouillis de chutes, bâtons brisés et frustrations.

Après l’annulation du sprint de mercredi, la tempête Eleanor et ses relents ont forcé les organisateurs du Tour de ski à modifier le parcours du départ groupé de 15 km en style libre. De 3,75 km prévu initialement, le tracé a été ramené à 2,1 km, que les skieurs ont emprunté pour sept tours.

Nerveux, le peloton est demeuré compact du début à la fin, avec comme conséquence qu’Alex Harvey et les ténors du peloton n’ont pu exprimer leur niveau de forme. La course a été remportée par un trio plus à l’aise dans les épreuves de sprint, dont le gagnant norvégien Emil Iversen en 29 min 50 s.

S’il a occupé les premières loges durant la première moitié du match, Harvey est notamment resté coincé aussi loin qu’au 30e rang durant une séquence par la suite. Malgré un bâton brisé durant l’avant-dernier tour, il a réussi à remonter jusqu’en cinquième place à la fin.

« C’est frustrant, c’est sûr. C’était la course que je ciblais le plus durant le Tour. Un 15 km [en pas de patin] en départ groupé, c’est un peu ma force. J’ai toujours eu du succès à Oberstdorf et c’est ici que j’avais fait mon premier podium de la saison l’an passé. C’était vraiment une course chaotique pour tout le monde », a-t-il analysé.

Ustiugov paie cher

Le grand perdant du jour est certes Sergey Ustiugov qui a chuté durant l’exercice du jour. De 23 secondes qu’il était au matin, son retard au cumulatif du Tour sur le meneur Dario Cologna est passé à 53 secondes avec le jeu des bonifications. Entré 28e, le Russe a manifesté toute sa rage après avoir passé la ligne d’arrivée.

« C’est la pire course que j’ai faite de ma carrière », a qualifié le géant Martin Johnsrud Sundby, huitième de l’étape et maintenant troisième au cumulatif à 15 s d’Ustiugov.

« Plutôt faire un sprint aurait été le meilleur scénario ou un plan B de faire un 15 km [en pas de patin] en départ individuel. Il n’y aurait pas eu de trafic sur la piste et tout le monde aurait pu s’exprimer », croit Harvey.