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Des chemins difficiles vers la victoire

Le mont Sainte-Anne possède des parcours ardus homologués par la FIS

Cendrine Brown
Photo Alain Bergeron Cendrine Browne, de Saint-Jérôme, pourrait assurer sa participation aux Jeux olympiques au cours des sélections qui se déroulent au mont Sainte-Anne.

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Il n’y a pas qu’Alex Harvey pour donner des idées de grandeur au ski de fond québécois. Des passionnés de ce sport y contribuent aussi dans les neiges du mont Sainte-Anne.

Les courses de sélection pour les Jeux olympiques et les championnats mondiaux juniors nous le rappellent, ces jours-ci. L’élite canadienne s’époumone sur sept parcours fraîchement homologués par la Fédération internationale de ski (FIS), un statut précieux qui n’allait pas être renouvelé si des mordus n’avaient pas pris en main un secteur laissé à l’abandon dans les hauteurs du rang Saint-Julien.

« C’est un parcours de Coupe du monde. Très difficile », a affirmé Cendrine Browne après le sprint individuel de vendredi, un témoignage venant d’une skieuse rompue aux courses internationales depuis quelques années.

Comme Whistler et Canmore

Les efforts exigeants pour les athlètes en course cachent ceux qu’ont nécessités les travaux de quelque 200 000 $ afin de remettre les installations à niveau : élargissement des pistes, nouveau design des parcours, rénovation du chalet pour les skieurs, agrandissement du stationnement, etc.

Malgré son accès routier limité, le résultat donne à ce secteur de la montagne de la Côte-de-Beaupré l’accréditation valide pour tenir des événements au même titre que les sites olympiques de Whistler et de Canmore dans l’Ouest canadien.

Le vaste chantier lancé en mai 2017 a forcé la main à Ski de fond Canada pour attribuer, à moins de sept mois d’avis, ces épreuves de sélection.

« On a dit à Ski de fond Canada : on ne fait pas ça pour rien », a plaidé avec un brin d’arrogance Michel Lamontagne, qui s’est improvisé coordonnateur du projet.

« Quand ils nous ont finalement accordé ces sélections, la pelle mécanique n’était même pas encore sur le terrain », rappelle ce bénévole au nom de famille de circonstance.

Le 15 janvier fatidique

La perte imminente de l’homologation FIS a lancé la mobilisation en novembre 2016. Dans les semaines suivantes, la recherche de financement auprès d’entités publiques, privées et socio-économiques a procuré 200 000 $.

Plus tard, c’est à la date fatidique du 15 janvier 2017 que les promoteurs ont convenu qu’ils ne pouvaient plus reculer avec leur projet. Ce jour-là, Alex Harvey remportait avec Len Valjas le sprint par équipe à Toblach en Italie.

« En plus, dans la même journée, Denis Villeneuve (agent d’Alex Harvey) m’a informé que Gestev allait annoncer que Québec présenterait les finales de la Coupe du monde sur les plaines d’Abraham au mois de mars 2017. Tous ces événements justifiaient encore plus notre projet », explique Lamontagne.

La semaine suivante, à Ulricehamn en Suède, Harvey remportait le 15 km en style libre avant de contribuer le lendemain à la troisième place historique du relais 4 x 7,5 km. La consécration ultime de sa saison viendra avec sa victoire au 50 km des championnats mondiaux en Finlande, le 5 mars.

Avec les finales de la Coupe du monde sur les plaines d’Abraham, ce riche premier trimestre de l’année 2017 pour la visibilité du ski de fond allait redonner vie à un secteur boisé d’une montagne de Beaupré.

Encore un peu de patience pour Cendrine Browne

Le vent glacial balayant le mont Sainte-Anne n’a pas gâché les espoirs de Cendrine Browne, vendredi, dans son projet de se qualifier pour les Jeux olympiques.

La skieuse originaire de Saint-Jérôme mise surtout sur les épreuves de distance pour obtenir son billet, soit le 10 km en style classique prévu dimanche et le skiathlon de 15 km de mardi, mais on a cru qu’elle pourrait avoir réglé son cas plus tôt que prévu lors du sprint individuel de vendredi.

Browne a surpris avec son quatrième rang en finale après avoir terminé deuxième de la séance de qualification derrière Dahria Beatty, déjà sélectionnée pour les Jeux, et gagnante aussi en finale. Or, en milieu de soirée, Ski de fond Canada n’avait pas encore déterminé si la somme des résultats du jour de Browne lui conférait le deuxième rang au total. « Ce serait un soulagement pour moi », disait l’athlète de 24 ans après la course sans connaître la décision.

Deux postes disponibles

Deux postes restent à pourvoir dans l’équipe canadienne qui devra assigner un minimum de quatre femmes dans les pistes du site olympique d’Alpensia. Pour accompagner les skieuses déjà qualifiées, Dahria Beatty et Emily Nishikawa, toutes deux du Yukon, les deux plus offrantes sont les bienvenues. Et Cendrine Browne est la première à cogner à la porte.

« Pour moi, les Jeux olympiques, c’est un rêve qui est devenu un objectif depuis l’an passé quand j’ai vu que ça devenait accessible. C’est vraiment excitant cette année. C’est une belle année que je vis. » Selon les critères de la Fédération internationale de ski (FIS) basés sur les résultats en Coupe du monde, le Canada a vu dans les derniers jours le maximum de fondeurs qui participeront aux Jeux passer de neuf à huit. Ce chiffre pourrait être revu à la hausse d’un ou deux athlètes avant la date finale du 25 janvier.