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Attente dans les urgences: grippe, gastroentérite et population vieillissante, un cocktail explosif

Attente dans les urgences: grippe, gastroentérite et population vieillissante, un cocktail explosif

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Les deux souches de grippe qui circulent en même temps au Québec, le virus de la gastroentérite partagé dans le temps des Fêtes et une population vieillissante : tout est en place en ce début janvier pour une explosion du temps d’attente à l’urgence dans les hôpitaux.

«Nos urgences sont toujours sous pression, même quand il n’y a pas de grippe», a soulevé le Dr Simon-Pierre Landry, chef du département d'urgence à l'Hôpital Laurentien, en entrevue à LCN. «Vous rajoutez la grippe là-dedans, ça fait une augmentation très significative.»

Dans son propre hôpital, l’occupation des civières à l’urgence a dépassé les 150 % et ça «ne dérougit pas depuis le 1er janvier».

«Cette année, on fait face à deux influenzas en même temps», a constaté l’urgentologue, alors qu’habituellement les deux souches arrivent dans des périodes différentes.

Selon le Dr Landry, la situation démographique du Québec met encore plus de pression sur les urgences.

«Des gens en bonne santé qui contractent la grippe peuvent se guérir à la maison, a expliqué le médecin. Avec une population vieillissante, ça fait des gens qui vont avoir des décompensations de leurs problèmes cardiaques et pulmonaires. Ces gens-là vont avoir besoin de soins à l’hôpital.»

Ce sont ces malades qui vont se retrouver sur des civières et faire augmenter le taux d’occupation. Lorsque celui-ci s’élève à 100 %, on considère que toutes les places en civières à l’urgence sont prises. Au-dessus de ce chiffre, les civières sont ensuite placées dans les corridors.

Temps d'attente

Un fort taux d’occupation a un impact direct sur les gens qui patientent souvent pendant des heures dans la salle d’attente.

«Les médecins sont moins disponibles pour aller voir les patients [en salle d’attente]. Ils s’occupent des patients très malades sur leur civière», a expliqué le médecin.

En entrevue, l’urgentologue a souligné l’importance de la vaccination contre la grippe, qui permet de réduire la contamination des personnes à risque de développer des complications. Ce sont ces dernières qui iront ensuite à l’urgence.

Du jamais-vu en cinq ans

Dans de nombreuses urgences du Québec, le taux d’occupation a dépassé les 100 %. Samedi, celui de l’Hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne, a atteint 233 %. Il fallait attendre plus de 23h pour voir un médecin.

«Depuis environ un an, notre délai d’attente était passé à 13 heures, a mentionné le PDG du CISSS de Lanaudière, Christian Gagné. Ça vous donne une idée du débordement. Dans les cinq dernières années, on n’a pas vu ça. 233 %, c’est un engorgement assez sérieux.»