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Grand dérapage amoureux

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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La romancière Catherine Bourgault, auteure des best-sellers Sortie de filles et Danger ! Femmes en SPM, examine la relation tourmentée entre une jeune femme et un beau jeune homme aux prises avec un inquiétant mal de vivre dans son nouveau roman, Je t’aime... moi non plus.

L’héroïne de cette nouvelle série se déroulant à New York, Jenny Lane, s’attendait à vivre une année d’études sérieuse et tranquille lorsque sa routine a été bousculée par l’arrivée d’un mystérieux jeune homme dans sa vie, Sacha Carter. Tout a l’air magique quand elle est à ses côtés.

Jenny découvre rapidement que, malgré la beauté, la richesse, tout n’est pas parfait dans la vie de Sacha. Elle devra apprendre à vivre avec ses sautes d’humeur et son comportement incompréhensible : son amoureux est aux prises avec un trouble bipolaire. Jenny arrive à lui apporter de la lumière... mais le prix à payer est cher.

Catherine Bourgault a abordé cette thématique de santé mentale avec beaucoup de sensibilité. « Dans mon esprit, ce jeune homme était perturbé et je voulais trouver pourquoi. Je trouve que, oui, on parle plus de bipolarité, donc je me suis donné le droit d’en parler. Mais la santé mentale, ça reste un sujet tabou », note-t-elle en entrevue.

Un prétexte

Le roman lui permettait de présenter ce sujet sans faire un livre de psychologie ou de croissance personnelle. « On ne se perd pas en détails médicaux plates. Le but n’était pas de faire en sorte qu’on en apprenne plus sur la maladie, mais plutôt d’en apprendre sur la façon de la vivre. »

Catherine souhaitait donner le point de vue de Sacha et celui de son entourage. « La bipolarité, c’est du cas par cas : quand elle va bien, c’est lui qui ne va pas bien, et quand lui va bien, parfois, c’est elle qui est dans tous ses états... en se demandant quand est-ce qu’il allait recommencer à aller mal. »

L’entourage, note-t-elle, est toujours dans un état permanent d’attente, sans savoir ce qui va déclencher la prochaine crise. « Il y a beaucoup d’imprévus. C’était intéressant pour moi de créer un personnage comme lui, parce que je peux me permettre de lui faire vivre plein de choses. »

L’histoire d’amour était, ajoute-t-elle, un prétexte pour créer beaucoup d’émotions. « Mes livres sont avant tout des livres d’émotions. Même dans mes livres de chicklit qui sont plus drôles, je tiens à ce qu’il y ait toujours du senti. Je veux qu’on voie bien l’émotion. Même en page couverture, je voulais qu’on voie l’amour que Jenny et Sacha ont l’un pour l’autre. »

« Montagnes russes »

« Je t’aime... moi non plus, ça veut aussi dire je t’aime malgré que je sais que je serais mieux sans toi, et je t’aime malgré que tu serais mieux sans moi. Je ne veux pas brûler les punchs... mais la fin était presque inévitable. »

Catherine Bourgault n’a pas de proches qui vivent des troubles bipolaires, mais certaines de ses connaissances sont concernées et elle est sensible à leurs discours. « Ça me touchait. Moi, j’ai un déficit d’attention. Mon fils aussi. J’ai aussi un fils qui est autiste. Tout ce qui est santé mentale, ça me rejoint parce que je vis beaucoup le jugement et la perception qu’ont les gens quand on en parle. Ça crée un malaise, de la pitié ou de l’indifférence – il y a des gens qui pensent que ça n’existe pas. »

Elle compare la bipolarité à « des montagnes russes d’émotions ». « Tous les gens qui ont des troubles, comme le déficit d’attention, le vivent un peu, à une autre échelle. »

► Catherine Bourgault habite à L’Islet-sur-Mer avec sa famille.

► Elle a signé les best-sellers Sortie de filles et Danger ! Femmes en SPM, de même que plusieurs livres en littérature jeunesse.

EXTRAIT

« Rien à faire, la boule dans mon estomac grossit de minute en minute après le départ de Sacha. Je pratique les techniques de respirations pour m’endormir, mais je n’y arrive pas. Je ne fais que tourner dans mon lit. Ce foutu sentiment que quelque chose de grave se prépare ne me quitte pas.

J’ouvre un œil pour regarder l’heure. Encore une fois. Je me redresse sur un coude... Mon réveille-matin indique quatre heures quarante-quatre. Tous les chiffres sont identiques. Sacha et moi avons souvent le réflexe de regarder l’heure en même temps. Ça y est, la vie m’envoie un signe ! Est-il réveillé lui aussi ? Je saute sur mon cellulaire. Aucune réponse. »

— Catherine Bourgault, Je t’aime... moi non plus

<b><i>Je t’aime... moi non plus, tome 1 : Illusions</i></b><br>
Catherine Bourgault<br>
Les Éditions JCL<br>
356 pages
Photo Editions JCL
Je t’aime... moi non plus, tome 1 : Illusions
Catherine Bourgault
Les Éditions JCL
356 pages