/sports/ski
Navigation

L’Alpe Cermis: un défi contre la gravité et la logique

Alex Harvey
Capture d'écran TVA SPORTS Alex Harvey

Coup d'oeil sur cet article

Un lacet de 3,6 km avec des passages au pourcentage de 28 % ; Alex Harvey et les finissants du Tour de ski défieront autant la gravité que la logique, dimanche, dans leur ascension de l’Alpe Cermis.

Durant les premiers 5 km en style libre sur le plat qui devraient plutôt servir de mise en jambe, Harvey devra s’échiner à rejoindre le Kazakh Alexey Poltoranin et le Russe Sergey Ustiugov qui le devancent au classement général. Puis, viendra le lourd dessert de gravir une piste de ski alpin.

« C’est 20 minutes de montée “non-stop”. Après le premier tiers, si tu commences à avoir vraiment mal, ça va juste aller en empirant. Il n’y a aucune récupération possible, aucun redoux. Tu vois vite dans quelle journée tu tombes. Ensuite, tu as les jambes qui viennent avec et tu ne peux plus faire grand-chose », explique le skieur québécois, qui avait inscrit le 14e chrono du jour dans ce supplice il y a un an.

« Presque drôle »

À la deuxième édition du Tour, en 2007, la Fédération internationale de ski (FIS) souhaitait y ajouter un « effet marketing ». Comme épilogue à cette course par étapes, cette commande inhumaine pour les athlètes est sortie de leur imagination. Elle marque maintenant l’imaginaire.

Bordé par des milliers de spectateurs, le parcours se dessine au rythme des portes que contournent les skieurs « dans le rouge ».

« C’en est presque drôle parce que rendu vers la fin, tu vas tellement lentement, mais pendant que tu souffres autant, tu en viens à te demander : “comment puis-je avoir aussi mal et pousser aussi fort, mais aller aussi lentement ?” », interroge Harvey en riant.

En mode survie

Si on peut encore parler de vitesse, le skieur le plus rapide devrait mettre quelque 30 minutes pour atteindre le sommet. Chacun tombe en mode survie avec comme seul espoir d’atteindre l’arrivée, dans l’espace réduit sous les pylônes d’une télécabine.

« Tu es en mode survie, surtout dans le dernier tiers. Tu sais qu’à 200 m de la ligne, il y a une grande bannière rouge. Tu essaies juste de garder ta vision alignée sur cette bannière... »

 

Sur le même sujet