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Compliqué, mais réglé!

Laurent Dubreuil obtient sa sélection olympique au 500 m, aux dépens de William Dutton

Laurent Dubreuil bénéfice de la malchance de son ami William Dutton et obtient sa place pour les Jeux Olympiques qui se tiendront à Pyeongchang.
Photo d’archives, Didier Debusschère Laurent Dubreuil bénéfice de la malchance de son ami William Dutton et obtient sa place pour les Jeux Olympiques qui se tiendront à Pyeongchang.

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Au terme d’un semblant de feuilleton télévisé, le patineur Laurent Dubreuil s’est finalement qualifié pour les Jeux olympiques en Corée du Sud.

Le suspense a cessé samedi matin à l’Ovale de Calgary lorsque William Dutton, qui avait terminé deuxième, la veille, à la sélection olympique de l’épreuve de 500 m, a échoué dans son ultime tentative de réussir le standard requis de 34,47 s lors d’une Coupe Canada.

Après qu’un de ses patins ait piqué dans la glace, Dutton a abandonné après une trentaine de mètres. Discret dans un coin de l’amphithéâtre, Dubreuil, quatrième à la course de vendredi, a assisté à la malchance de son ami qui pouvait lui ravir l’option sur un laissez-passer olympique qu’il détenait depuis qu’il avait réussi ce standard en février 2017.

« Je suis soulagé. Personne ne sort gagnant de cet épisode-là. Ce ne sera pas le plus beau souvenir pour plusieurs personnes, mais je suis content que ça ait tourné en ma faveur », a commenté l’athlète de Lévis.

Réplique stratégique

Si Dubreuil dit respecter ce recours légitime emprunté par Dutton pour réussir le standard de 34,47 s, il s’est toutefois prêté à une tactique visant à dénoncer ce qu’il perçoit comme une faille dans le processus de sélection olympique de Patinage de vitesse Canada.

En apprenant que son copain s’élancerait dans une course de la Coupe Canada, Dubreuil a avisé qu’il en ferait autant... avec l’idée de se désister.

Forcément jumelé avec lui en vertu de leurs temps de référence, le patineur de la Saskatchewan devait alors s’exécuter en solo sans profiter de l’effet d’influence que génère un autre concurrent.

« Ça a été ma façon de protester sur une mauvaise interprétation des règles de haute performance. Je ne pouvais rien faire, mais je pouvais démontrer que je n’étais pas d’accord et c’est comme ça que je l’ai fait », explique Dubreuil.

Règle contestée

Cette contestation portait sur la règle allouant jusqu’au 9 janvier 2018 la latitude à un athlète pour réaliser ce standard, « mais qui a été rédigée à l’été 2016, sans même connaître l’horaire des sélections qu’on vit présentement », déplore l’athlète québécois.

« Si un patineur au 1000 m avait été dans la même situation que William [Dutton], il ne pourrait pas avoir une deuxième chance puisque la sélection olympique officielle [lundi] a lieu le lendemain de la Coupe Canada. Même chose pour le 1500 m. Pourquoi quelqu’un peut-il avoir droit au 500 m ? » interroge Dubreuil.

Quelques minutes après que Dutton a quitté la glace, les deux patineurs se sont échangé quelques phrases.

« Je lui ai dit que je le comprenais de l’avoir essayé. On s’est dit que tout ce qui est arrivé est dommage, mais aucun n’en veut à l’autre. De ce côté-là, ça s’est bien terminé. »