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Prêts à toute épreuve

Serge Dessureault,Maurice Beauséjour, Benoît Lamoureux et Nathalie Fortin s’entraînent régulièrement au parc national du Mont-Saint-Bruno.
Photo agence qmi, joël lemay Serge Dessureault,Maurice Beauséjour, Benoît Lamoureux et Nathalie Fortin s’entraînent régulièrement au parc national du Mont-Saint-Bruno.

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​Une exigeante marche d’approche de 100 km vers le camp de base, des ascensions d’exercices durant la période d’acclimatation et une poussée sommitale décisive ne se préparent pas une fois arrivé au pied de la montagne.

Au fil des six prochains mois, la cordée québécoise sera soumise à un entraînement intensif. Elle est déjà à l’œuvre sur les terrains montagneux de la province.

La forme cardiovasculaire est d’une importance capitale. À partir du camp de base, une ascension d’environ 3600 mètres verticaux sépare le grimpeur du sommet.

Avec sa veste lestée, Serge Dessureault multiplie les montées à la course au mont Saint-Bruno dans son entraînement quotidien de deux heures, à raison de six fois par semaine. Graduellement, il augmentera aussi les charges dans son sac à dos. Cet hiver, il travaillera les muscles du haut du corps en ski de fond.

« À trois mois du départ, je vais accumuler plus de dénivelé positif. Dans les derniers moments, je vise environ 5000 mètres de dénivelé positif par semaine. Je veux être totalement prêt et même dépasser ce que je ferai au K2, explique l’homme, droit comme un chêne. Lorsque je vais arriver là-bas, je veux que ce soit un walk in the park. Je veux pouvoir me concentrer sur la montagne et les stratégies. »

Gruger du dénivelé

Comme son complice Maurice Beauséjour, il compte se rendre au mont Washington, sommet de 1917 mètres dans le New Hampshire. Une montagne qu’il grimpe deux fois en une journée pour se taper près de 4000 mètres de dénivelé d’un coup !

Beauséjour, athlète accompli ayant souffert dans de grandes épreuves d’endurance, s’entraîne en vélo et en ski de fond dans la région de Saint-Michel-des-Saints.

« Dans ces expéditions, on se demande souvent pourquoi on y est encore. C’est parce que nous avons la mémoire courte, dit-il en riant. On sait que ça fait mal. On se lance dans ces folies par pur plaisir de les surpasser. Quand c’est difficile, on apprécie et on regarde pour ensuite le raconter avec plaisir. »

Nathalie Fortin partira en longues randonnées dans la neige et s’adonnera à sa passion, l’escalade de glace.

« Mes randonnées deviendront de plus en plus longues, parce qu’en montagne, il faut endurer de longues journées, dit celle qui a gravi l’Everest en 2012. Je m’exerce aussi en intervalles, car le corps élimine efficacement l’acide lactique. »

Homme d’affaires n’ayant pas le temps dans ses poches, Benoit Lamoureux part en randonnée s’il n’est pas à l’entraînement dans un gymnase. Il changera son mode de vie et ses priorités au fil du mois de janvier. Il souhaite entre autres perdre un peu de poids.

Le nerf de la guerre

En parallèle à l’entraînement, les grimpeurs doivent aussi s’attarder au financement de l’expédition. Le coût individuel dépasse les 40 000 $. Une large proportion provient évidemment de leurs poches, nonobstant l’équipement, le temps et les vacances accumulées pendant deux mois. Ils souhaitent dénicher de généreux donateurs croyant à leur mission.

Ils cherchent notamment un nom d’expédition. Si un commanditaire majoritaire devait s’annoncer, nul doute qu’elle prendrait son identité. Avant de s’envoler vers Islamabad au Pakistan, le nerf de la guerre n’est pas le sommet du K2, mais le symbole de dollars apposé au bas de la longue liste d’effectifs nécessaires. Un besoin primaire afin d’accomplir une première dans l’histoire du Québec.

Où le risque est élevé, plus gratifiante est la victoire, dit-on.

Serge Dessureault

Serge Dessureault,Maurice Beauséjour, Benoît Lamoureux et Nathalie Fortin s’entraînent régulièrement au parc national du Mont-Saint-Bruno.
Photo agence qmi, joël lemay

 

53 ans | Saint-Bruno-de-Montarville | Marié et père de 2 enfants

(25 et 19 ans) | Pompier à Montréal

Sommets

2012 Aconcagua (Argentine – 6962 m)

2011 Machu Picchu (Pérou – 2430 m)

2007 Everest (Népal – 8848 m – par la voie nord)

2005 Kilimandjaro (Tanzanie – 5895 m)

2005 Mont-Blanc (France – 4809 m)

Maurice Beauséjour

Serge Dessureault,Maurice Beauséjour, Benoît Lamoureux et Nathalie Fortin s’entraînent régulièrement au parc national du Mont-Saint-Bruno.
Photo agence qmi, joël lemay

 

64 ans | Saint-Michel-des-Saints | Marié et père de 2 enfants

(37 et 40 ans) | Retraité

Sommets

2012 Aconcagua

2010 Kilimandjaro

2007 Everest (Népal – 8848 m – par la voie nord)

2005 Mont-Blanc

2005 Kilimandjaro

Benoît Lamoureux

Serge Dessureault,Maurice Beauséjour, Benoît Lamoureux et Nathalie Fortin s’entraînent régulièrement au parc national du Mont-Saint-Bruno.
Photo agence qmi, joël lemay

 

49 ans | Longueuil | En couple et père de 3 enfants (24, 22 et 21 ans) | Propriétaire d’une entreprise de plomberie

Sommets

2012 Aconcagua

2012 Cerro Bonete (Argentine – 6759 m)

2008 Kilimandjaro

Nathalie Fortin

Serge Dessureault,Maurice Beauséjour, Benoît Lamoureux et Nathalie Fortin s’entraînent régulièrement au parc national du Mont-Saint-Bruno.
Photo agence qmi, joël lemay

 

49 ans | Montréal | Célibataire et sans enfant | Ingénieure au gouvernement fédéral

Sommets

2014 Elbrous (Russie – 5642 m)

2013 Denali (Alaska – 6194 m)

2012 Everest

2008 Mont-Blanc

2006 Ama Dablam (Népal – 6852 m)

2006 Aconcagua

k2

Serge Dessureault,Maurice Beauséjour, Benoît Lamoureux et Nathalie Fortin s’entraînent régulièrement au parc national du Mont-Saint-Bruno.
Photo courtoisie

 

Équipement de l’alpiniste

  • 2 piolets
  • 2 paires de bottes
  • Casque
  • Bâton de marche
  • 4 manteaux (selon épaisseur et matériel)
  • Lunettes de glacier
  • 6 paires de mitaines/gants
  • 2 paires de crampons
  • 2 sacs de couchage
  • Matelas de sol
  • 10 mousquetons
  • Ascendeurs
  • 2 sacs à dos (80 et 50 litres)
  • 3 lampes frontales
  • Trousse de soins avec médicaments
  • 10 mètres de corde 6 mm
  • 2 courroies de 4 pi
  • 4 radios walkie-talkie

Matériel d’expédition

  • 4 tentes à deux places
  • Tente cuisine + tente repas
  • 500 mètres de corde
  • Pic à neige
  • Vis à glace
  • Téléphone satellite
  • Batterie de voiture
  • Poêle à gaz
  • Génératrice
  • Panneaux solaires
  • Nourriture pour 2 mois
  • 60 à 100 porteurs trimbalant chacun 25 kg de matériel
  • Mules transportant plus de 100 kg chacune

Frontière du Pakistan et de la Chine

Chaîne montagneuse du Karakoram

Glacier Baltoro

Serge Dessureault,Maurice Beauséjour, Benoît Lamoureux et Nathalie Fortin s’entraînent régulièrement au parc national du Mont-Saint-Bruno.
Photo courtoisie

 

Conditions climatiques au camp de base

Serge Dessureault,Maurice Beauséjour, Benoît Lamoureux et Nathalie Fortin s’entraînent régulièrement au parc national du Mont-Saint-Bruno.
Photo courtoisie

 

 

Entre 6 et -3 degrés Celsius | Vents de 5 à 20 km/h dans une journée calme | Tempêtes de neige. Vents à plus de 100 km/h en altitude | Jusqu’à -15 degrés la nuit

La zone de la mort

À partir d’environ 7500 mètres d’altitude, l’air respirable s’appauvrit en oxygène (au tiers de la normale).

Le fonctionnement du corps se dégrade rapidement et dangereusement.

Les passages de l’éperon des Abruzzes

Camp de base 5000 m (16 400 pi)

Début de l’ascension à 5300 m (17 390 pi). L’ascension verticale vers le sommet de 3311 mètres (10 862 pi).

Camp 1 6100 m (20 100 pi)

House Chimney 6550 m (21 500 pi) couloir rocheux vertical de 100 pi situé entre les camps 1 et 2.

Camp 2 6700 m (22 000 pi) Black Pyramid 7000 m (23 000 pi) pente raide, rocheuse et glacée, longue de 400 mètres demandant beaucoup d’habiletés techniques.

Camp 3 7400 m (24 300 pi) L’épaule 7700 m (25 300 pi) partie large et enneigée, à faible inclinaison, exposée aux grands vents sur la crête.

Camp 4 8000 m (26 250 pi)

Bottleneck Environ 8200 m (26 900 pi) Couloir étroit enneigé et glacé long de 300 pi, à angle de 80 degrés. Un sérac (mur de glace) de 100 mètres de hauteur surplombe ce passage extrêmement dangereux.


Point culminant

8611 mètres

(28 251 pieds)

Nombre d’ascensions réussies

près de 390

Première ascension

31 juillet 1954 par les Italiens Achille Compagnoni et Lino Lacedelli

Nombre de décès

90 environ

Taux de mortalité

1 grimpeur sur 4

Les dangers

  • Avalanches
  • Éboulements de roches
  • Chutes de glace
  • Conditions climatiques/température
  • Engelures
  • Œdème pulmonaire
  • Œdème cérébral
  • Épuisement (mort blanche)
  • Ophtalmie des neiges

Accidents majeurs

Évènements de l’été 1986 : 13 morts (avalanche, tempête, chute, problèmes santé)

13 août 1995 : 6 morts (tempête)

1er août 2008 : 11 morts (chutes et chutes de sérac)