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8 ou 10 médailles envisageables

Tous les espoirs sont permis le mois prochain pour les athlètes québécois

Coupe du monde FIS
Photo d'archives, Martin Chevalier Mikaël Kingsbury sera évidemment à surveiller le mois prochain lors des compétitions de ski acrobatique aux Jeux olympiques de Pyeongchang.

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Mikaël Kingsbury, roi incontesté des bosses, le patineur Alex Boisvert-Lacroix, double médaillé d’or en Coupe du monde, Alex Harvey, à son meilleur en carrière ; les athlètes québécois peuvent espérer égaler les huit médailles individuelles d’il y a quatre ans à Sotchi et même revenir des Jeux olympiques de Pyeongchang en ayant atteint la dizaine.

À un mois de la grand-messe et de sa cérémonie d’ouverture du 9 février, le pays occupe le deuxième rang au total des médailles remportées en Coupe du monde cette saison. Rien ne garantit du taux de réussite durant un événement hautement médiatisé et ses épreuves sans lendemain comme les Jeux olympiques, mais certaines valeurs sûres québécoises émergent de celles canadiennes durant cette saison faste.

Au jeu gratuit des spéculations, le niveau d’excellence de la dernière année nous conduit à un plancher réaliste de huit médailles pour des Québécois : trois en patinage de vitesse courte piste et une en longue piste, deux en ski acrobatique bosses, une en ski de fond et une en snowboard.

En mode plus jovialiste, advenant la présence surprise d’Erik Guay en ski alpin (voir autre texte plus bas) et un doublé de la part d’Alex Harvey, la dizaine n’est pas un mirage.

Kingsbury, évidemment

Des 25 médailles d’or individuelles ou en couple gagnées par des athlètes canadiens, sept Québécois en ont obtenu un total de 12, dont le spécialiste des bosses et issu d’une autre planète Mikaël Kingsbury avec quatre. Si le skieur originaire de Deux-Montagnes domine la Coupe du monde de demain à Deer Valley, il s’agira de sa 12e victoire de suite, un record qu’il réécrit chaque fois.

« Toute l’emphase a été mise pour que je fasse la “job” aux Jeux. Je devrai seulement faire attention de ne pas en faire trop. Je sais que j’ai les habiletés pour gagner, mais aux Jeux, ça se passe souvent entre les oreilles. Je devrai laisser parler mon ski », a-t-il exprimé lundi à notre collègue Mathieu Boulay.

Des promesses sur glace

La riche histoire du patinage de vitesse depuis la révélation de Gaétan Boucher suggère encore des promesses en 2018. Elles proviennent assurément de la courte piste, où neuf des 10 patineurs de l’équipe sont québécois.

La saison atypique de la Coupe du monde en cette année olympique se résumait à quatre rendez-vous durant l’automne. Or, les cinq victoires de quatre patineurs, dont deux par Kim Boutin, laisseront planer des menaces lors des épreuves individuelles durant les cinq soirées prévues au Palais des glaces de Gangneung.

« C’est arrivé au bon moment, lors du dernier 1500 m et lors de l’avant-dernière compétition avant les Jeux. C’est le reflet du travail qui a été fait cette année et aussi du travail qui a été fait mentalement au cours des années », avait émis le triple champion olympique Charles Hamelin, à la suite de sa victoire du 18 novembre à Séoul.

Boisvert-Lacroix « hot »

Dans cet univers des longues lames, la présélection d’Alex Boisvert-Lacroix avant même l’annonce officielle de l’équipe canadienne de demain, au terme des sélections olympiques à Calgary, révèle tout du volcan qui gronde à la longue piste. Victorieux à deux courses de suite à Calgary et Salt Lake City, le patineur originaire de Sherbrooke a justifié sa participation aux Jeux en vertu de son quatrième rang au classement mondial du 500 m.

La force de frappe sur cette distance pourrait venir en double si Laurent Dubreuil, gagnant lui aussi d’une Coupe du monde à Heerenveen le 11 novembre, voit sa qualification confirmée demain. Olivier Jean, médaillé de bronze au départ groupé aux championnats du monde de 2017, ne devra pas être négligé non plus, lui qui avait remporté l’or à Vancouver au relais à la courte piste.

« Je savais que ça allait être une année difficile parce que nous avons tellement des gars forts au Canada et à l’international. Toute ma vie, j’ai rêvé d’aller aux Jeux. C’est vraiment un moment historique dans ma vie », avait exprimé Boisvert-Lacroix le 9 décembre, jour de sa sélection.

On saura dans un mois s’il en vivra un autre...

Jeux de Sotchi 2014

Médailles individuelles de Québécois

Or

  • Alexandre Bilodeau, ski acrobatique (bosses)
  • Justine Dufour-Lapointe, ski acrobatique (bosses)
  • Charles Hamelin, courte piste (1500 m)

Argent

  • Chloé Dufour-Lapointe, ski acrobatique (bosses)
  • Mikaël Kingsbury, ski acrobatique (bosses)
  • Dominique Maltais, snowboardcross

Bronze

  • Charle Cournoyer, courte piste (500 m)
  • Kim Lamarre, ski acrobatique (slopestyle)
Coupe du monde 2017-2018
  OR Argent Bronze Total
Allemagne 51 38 40 129
Canada 28 39 28 95
États-Unis 27 29 28 84
Norvège 31 24 28 83
Russie 23 17 33 73

Source: À nous le podium

Jeux olympiques 2014
  Or Argent Bronze Total
Norvège 11 5 10 26
Canada 10 10 5 25
États-Unis 9 7 12 28
Russie 9 3 8 20

(Classement révisé à la suite des médailles retirées à la Russie pour cas de doping)

Alex Harvey et Erik Guay: un champion du monde en forme, l’autre moins...

Devenir champion du monde en 2017 n’a pas toujours la même signification une année plus tard. Si Alex Harvey a renouvelé ses promesses de l’an dernier jusqu’à maintenant, une blessure au dos menace Erik Guay de rater les Jeux olympiques.

Impérial au super-G des championnats mondiaux de ski alpin à St-Moritz et vice-champion à la descente il y a un an, Guay a pris le départ de seulement deux courses cette saison. Lors de la descente de Val Gardena le 16 décembre, il a ressenti une vive douleur au dos lors d’un atterrissage qui l’a contraint à terminer au 32e rang, au lendemain de sa 12e place au super-G.

Le diagnostic est tombé : rupture de l’anneau fibreux de la quatrième vertèbre lombaire. Le skieur de Mont-Tremblant y voyait alors une conséquence d’une chute subie à l’entraînement au Chili en septembre.

Depuis l’épisode de Val Gardena, Guay a renoncé à la descente de Bormio du 28 décembre et a déjà avisé qu’il oubliera celle de Wengen samedi prochain. Pour espérer retrouver ses réflexes en course, il lui resterait alors la folle classique de Kitzbühel du 20 janvier et celle de Garmisch, le week-end suivant.

« C’est pas mal impossible de courir en Coupe du monde et de gagner si tu es moins qu’à 100 %. Je sais que je peux skier parmi les meilleurs quand le dos va bien [...], mais lorsque c’est comme présentement, je n’ai pas de chance », nous avait confié le skieur de 36 ans au moment de sa blessure.

Éclipsé de l’espace public, Guay a recommencé l’entraînement en gymnase et même sur ses skis, selon Alpin Canada, dans l’espoir de participer aux Jeux.

Différent pour Harvey

Le roi du 50 km des championnats mondiaux de ski de fond, Alex Harvey, se trouve à une hauteur opposée dans l’échelle de confiance. Sa troisième place au cumulatif du Tour de ski, sa troisième au classement général de la Coupe du monde et ses neuf top 10 en 15 courses le logent parmi les favoris dans l’une des quatre épreuves individuelles auxquelles il participera en Corée du Sud.

« Une coche au-dessus de ce que j’espérais », a résumé dimanche le fondeur de 29 ans après être devenu le premier non-Européen à fouler le podium du Tour de ski.