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Kingsbury en veut plus

Fort d’une série de 11 victoires, le Québécois ne craint pas d’avoir atteint son plein rendement trop tôt

Mikaël Kingsbury est le grand favori pour remporter l’or aux Jeux olympiques de Pyeongchang.
Photo d'archives, Martin Chevalier Mikaël Kingsbury est le grand favori pour remporter l’or aux Jeux olympiques de Pyeongchang.

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Mikaël Kingsbury survole le circuit de la Coupe du monde de ski acrobatique depuis presque un an. Il a remporté les 11 dernières courses de bosses auxquelles il a pris part. On pourrait penser qu’il est rassasié, mais ce serait bien mal le connaître.

L’athlète de Deux-Montagnes est heureux de ses succès depuis le début de la présente campagne, mais il ne pavoise pas.

« J’aime la position dans laquelle je me retrouve, a indiqué Kingsbury au Journal de Montréal, lundi, quelques minutes après son premier entraînement à Deer Valley, où il participera à deux épreuves cette semaine. J’ai confiance en mes moyens, mais je tente de ne pas trop penser aux résultats.

« Pour ce qui est de ma séquence de 11 triomphes consécutifs, je n’y pense aucunement lorsque je me présente en haut de la piste. Je veux seulement me concentrer sur mon travail et ne pas oublier les détails qui font la différence. »

Attentes élevées

Au cours de la dernière année, Kingsbury s’est installé au sommet de sa discipline et on cherche encore celui qui pourrait le priver d’un premier sacre olympique le mois prochain. En fait, s’il ne remporte pas l’or à Pyeongchang, plusieurs parleront de déception dans son cas.

Le skieur de 25 ans est très conscient que les attentes seront très élevées à son endroit, mais ça ne lui fait pas peur. Il est plutôt le type d’athlète qui carbure à cette pression et ça lui permet de repousser ses limites à chaque descente qu’il effectue.

« C’est vrai que j’ai habitué les gens à de hauts standards, a ajouté Kingsbury. Toutefois, mes succès sont le résultat d’une excellente préparation physique et mentale. Pour certaines personnes, ça peut paraître facile de gagner une course, mais il y a une charge énorme de travail derrière chaque victoire.

« Lorsque je me retrouve au départ, je n’ai aucun doute qui traverse mon esprit. »

L’aide d’un psy

Avant les jeux de Sotchi, Kingsbury n’était pas convaincu qu’il avait besoin d’un psychologue sportif pour l’aider dans sa route. Toutefois, sa première expérience olympique lui a prouvé le contraire.

« Je n’étais pas sûr que ça pourrait m’aider, a-t-il avoué. L’aspect psychologique était une de mes forces. »

Il a changé sa vision au terme de ses premières sessions avec Jean-François Ménard, qui travaillera également avec plusieurs autres athlètes canadiens en Corée du Sud, dont le couple de patineurs composé de Scott Moore et Tessa Virtue.

« J-F m’a beaucoup aidé à éviter les distractions et à me concentrer sur les bonnes choses. On a travaillé sur mes points forts et il m’a donné des outils pour aborder certaines situations sous un nouvel angle. »

Auparavant, Kingsbury savait très bien gérer la pression. Avec les précieux conseils de Ménard, il est passé à un niveau supérieur. C’est une mauvaise nouvelle pour ses adversaires.

Intimidant

Avec sa séquence de victoires et ses pointages ronflants, le skieur québécois impose sa loi. On peut même dire qu’il a un côté intimidant pour les autres bosseurs malgré ses 5 pieds 9 pouces.

Lorsque Kingsbury s’amène en haut de la piste, le détenteur du premier rang provisoire devient soudainement plus nerveux. C’est l’effet que le Québécois provoque chez ses concurrents.

« J’impose ma place, a souligné le principal intéressé. J’aime cela, entendre les autres entraîneurs parler de moi dans leurs radios. Je sais que j’ai une grosse cible dans le dos et tout le monde veut être celui qui arrêtera ma séquence de triomphes.

« Un jour, elle va se terminer. À ce moment-là, je vais tenter d’en recommencer une autre. Pour le moment, c’est le fun d’avoir cette sorte d’aura au-dessus de ma tête. »