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Retour sur la première ronde des séries

Wild Card Round - Tennessee Titans v Kansas City Chiefs
AFP

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La première ronde des séries dans la NFL nous aura donné droit à quelques surprises et trois matchs sur quatre décidés par un touché ou moins d’écart. Sans parler d’un weekend grandiose et inoubliable, c’est à tout le moins un départ beaucoup plus convaincant que les tristes séries à sens unique de l’an dernier.

Dans les éditions du Journal des derniers jours, je vous ai proposé mes analyses à chaud des matchs du samedi et du dimanche. Mais puisqu’en séries, il y a souvent beaucoup plus de choses à dire que les premières impressions, voici mon retour plus complet sur le premier tout des séries en huit points.

 

  1. La fin pour Alex Smith à KC

J’ai déjà évoqué le sujet de la fin plus que probable d’Alex Smith à Kansas City, mais revenons-y plus en détail. Le quart-arrière mal-aimé a lancé pour 154 verges au premier quart, mais pour 110 le reste du match. La perte de Travis Kelce a complètement changé la donne pour celui qui semblait en mission pour redorer son nom. Toutefois, comme je l’ai déjà écrit, il était loin d’être le seul coupable de la déconfiture des Chiefs en deuxième demie face aux Titans. Saviez-vous qu’Andy Reid est devenu le premier entraîneur-chef de l’histoire dont l’équipe a gaspillé deux avances d’au moins 17 points en séries? Voilà qui est plutôt révélateur. Efficace et organisé en saison régulière, Reid a trop souvent géré le cadran de manière incongrue quand l’enjeu devient grand. Pour en revenir à Smith, qui cèdera vraisemblablement sa place au jeune Patrick Mahomes, il a certainement encore les atouts pour offrir du bon football ailleurs. Chez les Browns? Les Dolphins? Les Bills? Les Jets? Les Cardinals? Gageons toutefois que l’équipe qui l’embrassera comme nouvelle flamme le fera du bout des lèvres, en repêchant un jeune quart-arrière pour prendre la relève. Après tout, Smith a 34 ans et c’est l’histoire de sa carrière. Il est en mesure de donner à une franchise de très bons résultats rapidement... mais atteint aussi rapidement son plafond.

 

  1. Chapeau, Mariota!

Il faut parfois regarder plus loin que les statistiques dans le sommaire du match pour analyser la performance d’un joueur. C’est le cas avec Marcus Mariota. Le jeune quart-arrière des Titans a connu une saison très décevante lors de laquelle il a visiblement été plus affecté par les blessures qu’il a bien voulu l’admettre publiquement. Mais quand la cause des Titans semblait perdue en deuxième demie face aux Chiefs, il a pris les choses en main de brillante façon, en véritable guerrier. Évidemment, le fait qu’il ait capté sa propre passe pour un touché résulte en partie de la chance d’être au bon endroit au bon moment. D’accord, mais combien de quarts-arrières n’auraient pas affiché la même fougue, le même désir? Sur cette séquence qui a fait tourner le vent en faveur des Titans, Mariota n’a jamais abandonné sur un jeu en apparence perdu. Même chose sur la course finale de Derrick Henry, qui a permis aux Titans d’égrener les dernières secondes au cadran. Sans son bloc, Henry n’aurait pas franchi beaucoup de terrain. Ce n’est pas un hasard si bon nombre de joueurs des Titans se sont lancés sur Mariota pour le féliciter au terme d’un jeu qui ne lui procure aucune gloire sur le plan statistique. Sachez que la remontée de 18 points des Titans s’est avérée la deuxième plus grosse de l’histoire des séries pour une équipe sur la route.

 

  1. Bortles devra faire mieux

Certains diront que Blake Bortles a connu un premier test concluant en séries parce qu’il a affiché du cran en courant efficacement avec le ballon (88 verges). La vérité est que par la passe, il a été lamentable. Les Jaguars n’ont amassé que 15 premiers jeux, dont sept sur la seule séquence productive à l’attaque, qui a mené au seul touché du match. Bortles a raté plusieurs receveurs ouverts et est devenu le troisième quart-arrière dans l’histoire des séries à gagner plus de verges au sol que par la passe (après Michael Vick en 2004 et Bob Griese en 1973)! La victoire, les Jaguars la doivent à leur superbe défensive. Quel effort colossal!

 

  1. Les Bills ont cafouillé

J’ai parlé plusieurs fois du fait que les Bills n’iront pas beaucoup plus loin avec Tyrod Taylor au poste de quart et je n’y reviendrai donc pas une fois de plus. Les Bills peuvent aussi mettre le compte de la défaite sur plusieurs opportunités en or ratées. Je pense notamment à la séquence au deuxième quart où ils ont obtenu six essais à l’intérieur de la ligne de 12 des Jaguars. Sur une tentative de placement à la porte des buts sur un quatrième essai et une verge, les Bills ont même profité d’une pénalité ridicule des Jaguars, qui ont été hors jeu. Avec un premier essai et les buts, ils ont cependant tenté une passe qui a résulté en une pénalité à l’endroit de Kelvin Benjamin et n’ont jamais pu inscrire un touché qui aurait changé le match. Plus tard dans la rencontre, l’excellent demi de coin Tre’Davious White a aussi échappé une interception. Bref, plusieurs opportunités gâchées ici et là ont sonné le glas, sans parler de la blessure à la cheville de LeSean McCoy, qui l’a rendu moins menaçant que d’habitude.

 

  1. Erreurs coûteuses des Panthers

Parlant d’erreurs qui ont coûté le match, les Panthers n’ont pas donné leur place non plus! Si le receveur Kaelin Clay avait capté une passe parfaite de Cam Newton dans un angle difficile au premier quart, les Panthers auraient inscrit un touché plutôt qu’un autre de leurs trop nombreux placements. Résultat : ils se prépareraient pour les Vikings aujourd’hui, plutôt que leur bilan de saison. Et que dire du taux d’efficacité de 25% (1 en 4) dans la zone payante? Les Panthers ont dominé les Saints offensivement au chapitre du nombre de jeux, du nombre de premiers essais, de présences dans la zone payante et du temps de possession, mais ont clairement manqué d’opportunisme et de fini dans les situations clés. Enfin, soulignons le fait que l’interception en fin de rencontre de Mike Adams a nui aux Panthers en terme de positionnement sur le terrain. Puisqu’il s’agissait d’un quatrième jeu pour les Saints, Adams aurait eu intérêt à simplement rabattre le ballon. Voilà qui a coûté 22 verges aux Panthers sur leur ultime poussée offensive.

 

  1. Le protocole des commotions

Le match entre Saints et Panthers a démontré une nouvelle fois que le protocole des commotions cérébrales dans la NFL a ses limites, même si ça demeure un pas en avant. Quand Cam Newton s’est fait solidement frapper au quatrième quart, il a paru ébranlé, présentant des difficultés à se relever. Il a par la suite retraité vers le banc et a même dû s’arrêter en cours de route en mettant un genou au sol. Tous les signes étaient là pour que Newton subisse une évaluation complète au vestiaire, mais les Panthers se sont plutôt contentés d’un bilan express sur les lignes de côtés. Après la rencontre, l’équipe a indiqué que Newton avait tout simplement été blessé à un œil, mais selon l’interprétation du protocole récemment revu et corrigé par la NFL, une visite au vestiaire s’imposait. D’un autre côté, si vraiment Newton a été victime d’un problème à l’œil, une évaluation au vestiaire aurait privé les siens de son retour rapide sur le terrain, qui a résulté en un touché. Les Panthers auraient ainsi crié au scandale. La morale de l’histoire est qu’il y a encore du progrès à faire à cet effet.

 

  1. Reprises vidéo interminables

La question de l’arbitrage a encore pris trop de place en fin de semaine. Premièrement, quelques décisions discutables sont de nouveau survenues. Suffit de penser à l’échappé de Marcus Mariota sur le puissant sac du quart de Derrick Johnson. Le sifflet a retenti tellement vite que le jeu ne pouvait être revu. Dans le match Bills-Jaguars, est-ce que l’interception de Jalen Ramsey en était vraiment une? Sûrement que oui, peut-être que non! Le règlement sur ce qu’est ou non un attrapé n’est en pas à sa première controverse. Plusieurs analystes ont aussi soulevé avec raison le fait que les trop nombreuses reprises vidéo se sont éternisées indument pour ainsi saboter le rythme des matchs. Plusieurs vont même jusqu’à réclamer la fin des reprises (en dehors des coach challenges). C’est quand même tout un pas à franchir. Imaginez le scandale au lendemain d’un match où une mauvaise décision de l’arbitre sur un jeu qui ne pourrait être revue donnerait la victoire à une équipe. Quoique, même avec les reprises...

 

  1. Le retour de Jon Gruden

Un petit mot en terminant sur le retour de Jon Gruden à la barre des Raiders. Oui, il est un bon entraîneur-chef qui a le mérite d’avoir remporté le Super Bowl à la tête des Buccaneers (même s’il a hérité en grande partie d’un club construit par Tony Dungy). Oui, il héritera enfin d’un quart-arrière à sa hauteur de gourou offensif en Derek Carr, ce dont il n’a jamais pu bénéficier dans ses années plus difficiles à Tampa Bay après le Super Bowl. Toutefois, je considère l’entente de 10 ans pour 100 millions quelque peu démesurée. Les chances qu’un entraîneur-chef passe 10 ans aux commandes d’une équipe sont devenus plutôt rares dans le sport aujourd’hui. Évidemment, les Raiders ont sans doute structuré le contrat de manière à ce qu’ils ne soient pas trop pénalisés en cas de divorce, mais il y a quand même fort à parier que Gruden ne sera pas en poste pour les 10 années de son contrat et qu’il y aura en bout de ligne de l’argent dans le poêle. Mais bon, en même temps, la venue de Gruden assurera une fin digne pour les derniers moments à Oakland et un nom très vendeur pour le nouveau marché de Las Vegas.