/opinion/columnists
Navigation

La FTQ croit aux licornes

Daniel Boyer, président de la FTQ
Photo d'archives Daniel Boyer, président de la FTQ

Coup d'oeil sur cet article

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, croit assurément aux licornes.

Vous trouvez cela absurde ? Effectivement, ce l’est. Et la théorie de la FTQ selon laquelle une augmentation du salaire minimum à 15 $ l’heure n’aurait pas d’impacts significatifs est tout aussi loufoque, sinon même plus.

Dans une entrevue radio que monsieur Boyer a accordée à Richard Martineau et moi hier, le syndicaliste a affirmé qu’une hausse aussi drastique n’engendrerait pas d’effets pervers pour les propriétaires de PME de cinq employés et moins (qui représentent 50 % des PME québécoises).

Effets pervers

La hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure se traduirait par une augmentation annuelle de 6800 $ par employé, soit 34 000 $ pour cinq employés. Sachant que la majorité des patrons de PME ne gagnent même pas 73 000 $ par année, ces derniers devront immanquablement couper du personnel, réduire les heures ou encore augmenter le prix des services et produits offerts.

Résultats ? Les travailleurs touchant le salaire minimum paieront plus cher pour une multitude de services et verront leurs emplois menacés dans bien des cas. Bravo.

Mauvaise cible

S’il faut reconnaître que les personnes vivant avec le salaire minimum flirtent assurément avec la pauvreté, il faut aussi se dire qu’il y a une limite à vouloir saigner les courageux et vaillants entrepreneurs qui peuplent notre province. Et non, ils ne sont pas tous riches à craquer, quoi qu’en pense l’altruiste patron de la FTQ.

Au lieu de s’attaquer aux bâtisseurs, monsieur Boyer devrait cibler les vrais problèmes et prendre la mesure d’à quel point son mouvement contribue de moult manières à augmenter le prix de tout ce que nous payons. Services publics trop coûteux, prix gonflés de la construction, multiplications des unités syndicales, etc. Ce sont de grands pans du modèle québécois qu’il faut impérativement revoir. Et pour les leçons aux patrons, vous repasserez monsieur Boyer.