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Aga Khan: le voyage de Trudeau était problématique, ami ou pas, dit l’ex-commissaire à l’éthique

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AFP

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OTTAWA | Ami ou pas avec l’Aga Khan, Justin Trudeau s’est mis dans l’eau chaude en acceptant de séjourner sur l’île du leader spirituel à la fin 2016, selon l’ex-commissaire à l’éthique Mary Dawson, détruisant ainsi la principale défense du premier ministre.

«Dans les deux cas, il allait y avoir un problème», a dit Mme Dawson devant le comité de l’éthique de la Chambre des communes, mercredi.

Dans son rapport déposé à la fin décembre, la commissaire concluait que le premier ministre a contrevenu à quatre articles de la Loi sur les conflits d’intérêts lorsqu’il a séjourné sur l'île privée de l’Aga Khan du 26 décembre 2016 au 4 janvier 2017.

Le premier ministre canadien s’est toujours défendu en soulignant que l’Aga Khan était un ami et qu’il pouvait donc accepter le «cadeau» des vacances dans les Bahamas.

Or, la commissaire a déterminé que «M. Trudeau et l'Aga Khan ne sont pas des amis au sens de la Loi».

Tentative d’influencer

Mary Dawson est allée plus loin mercredi en assurant que même si l’Aga Khan avait été un ami, le voyage demeurait problématique, car Justin Trudeau a rencontré par la suite le leader religieux pour des questions officielles.

«Si vous êtes dans une position de pouvoir, vous devez faire attention», a averti la commissaire sortante.

La fondation de l’Aga Khan, qui exerce des activités de lobbying auprès du gouvernement, a reçu 330 millions $ du fédéral depuis 1981. Le voyage offert à Justin Trudeau peut raisonnablement être perçu comme une tentative d’exercer une influence auprès de lui, selon Mme Dawson.

Elle suggère de se débarrasser complètement de l’exception dans la Loi sur les conflits d’intérêts qui permet à un élu de recevoir des cadeaux d’un ami.

Mary Dawson a également soutenu que la loi ne devrait pas prévoir de pénalités particulières. «L’opinion publique et la volonté d’être réélu devraient être des incitatifs suffisants pour se conformer à la loi», a-t-elle déclaré.

Questions sans réponses

Mardi, les libéraux avaient battu une motion conservatrice invitant Justin Trudeau à témoigner devant le comité. Une motion similaire a de nouveau été présentée et défaite mercredi.

Le député conservateur Peter Kent demeure convaincu que Justin Trudeau doit se présenter devant le comité «pour faire la lumière sur cette histoire une fois pour toutes».

«Il reste des questions auxquelles seul M. Trudeau peut répondre», a renchéri le député néodémocrate Nathan Cullen. Ce dernier se demande entre autres si le premier ministre a utilisé l’excuse de «l’ami» dans d’autres dossiers et s’il compte modifier la loi.

Appelé à réagir, le bureau du premier ministre a rappelé en fin d’après-midi que Justin Trudeau s’était engagé à faire approuver tous ses voyages personnels à l’avenir. Il considère toujours l’Aga Khan comme un ami, a-t-on indiqué.