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Charkaoui se dit victime d’une chasse aux sorcières

Adil Charkaoui. Accusé
Photo Chantal Poirier Adil Charkaoui. Accusé

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Adil Charkaoui se dit victime d’une chasse aux sorcières, à la suite de voies de fait qu’il aurait commises sur un agent de sécurité au Collège Maisonneuve.

« J’espère que cette chasse aux sorcières n’aura pas lieu, qu’au Québec il va y avoir une justice indépendante », a lancé Charkaoui jeudi à la Cour municipale de Montréal.

Le controversé prédicateur était de retour devant le tribunal pour la phase finale de son procès. Et pour le principal intéressé, il ne fait aucun doute qu’il devrait être acquitté.

L’altercation ayant mené à l’accusation est survenue en février 2016 lors d’une partie de soccer. Pendant le match, un agent de sécurité est venu faire une ronde lorsqu’il a été invectivé par le groupe, composé d’une dizaine de joueurs.

Charkaoui serait alors intervenu, il aurait invectivé l’agent, lui aurait donné des coups d’épaule et l’aurait saisi par le bras, d’où les voies de fait.

« [L’agent] s’est retrouvé seul face à ces personnes, il était là pour faire de la surveillance et de la prévention. De rester sur place ne justifie pas les voies de fait », a plaidé la procureure Aline Ramy, lors de ses plaidoiries jeudi.

« Bon père de famille »

L’avocat de Charkaoui, Richard Dubé, a plaidé que son client n’a commis aucun crime.

Lors du procès, l’accusé a affirmé être intervenu pour calmer les esprits, et pour s’assurer que l’agent ne soit pas blessé par un ballon perdu. Il a nié avoir commis des voies de fait.

« Finalement, M. Charkaoui s’est comporté comme un bon père de famille », a plaidé l’avocat, tout en rappelant que d’autres témoins présents sur les lieux corroboraient la version de l’accusé.

D’ailleurs, a rappelé l’avocat, les premiers policiers auraient recommandé de ne pas porter d’accusation. Ce n’est que 10 jours plus tard que des enquêteurs se sont présentés chez l’agent de sécurité pour prendre sa déposition.

« Ça existe, les chasses aux sorcières, a plaidé Me Dubé. On est dans ce contexte, ça ne devrait pas exister. »

La poursuite a répliqué en notant des contradictions entre les différents témoins de la défense, et par le comportement de Charkaoui qui aurait pris une « position de combat » face à l’agent, selon ce dernier.

« On a un individu [Charkaoui] qui prétend vouloir calmer la situation, mais il ne tente pas de la régler différemment que par la violence », a-t-elle dit.

La juge Guylaine Lavigne a pris sa décision en délibéré. Elle fera connaître son verdict dans deux mois.