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Deux victimes alléguées de Charles Dutoit témoignent

Elles disent avoir dû se débattre pour échapper à l’étreinte de l’ex-maestro de l’OSM

Mary Lou Basaraba et Anne-Sophie Schmidt ont expliqué au Journal être furieuses que l’ancien directeur de l’OSM Charles Dutoit nie les allégations d’agressions sexuelles que plusieurs femmes ont portées contre lui.
Photo courtoisie Mary Lou Basaraba et Anne-Sophie Schmidt ont expliqué au Journal être furieuses que l’ancien directeur de l’OSM Charles Dutoit nie les allégations d’agressions sexuelles que plusieurs femmes ont portées contre lui.

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Des victimes présumées de Charles Dutoit ont décidé de briser le silence, frustrées que l'ancien directeur de l'Orchestre symphonique de Montréal nie les allégations d'agressions sexuelles auxquelles il fait face. Deux d’entre elles ont accepté de se confier au Journal.

Mary Lou Basaraba
Photo courtoisie
Mary Lou Basaraba

Mary Lou Basaraba et Anne-Sophie Schmidt font partie des six femmes s’étant signalées à l’Associated Press comme victimes d’agressions sexuelles de la part du renommé chef d’orchestre. L’une d’elles dit avoir été pénétrée de force.

Ces femmes s’ajoutent aux quatre autres qui avaient affirmé le mois dernier avoir été agressées sexuellement par Charles Dutoit entre 1985 et 2010.

Celui qui a dirigé l’OSM de 1977 à 2002 avait alors nié ces allégations, les qualifiant de « choquantes ».

« Quand j’ai appris sa réaction, j’étais furieuse qu’il n’assume pas, explique Mary Lou Basaraba, qui affirme avoir été agressée par Charles Dutoit durant l’hiver 1977-1978. Il doit s’excuser, car il a affecté beaucoup de vies. »

Mme Basaraba, qui a interprété le rôle de Judy Mercier dans la série Lance et compte à la fin des années 1980, était une jeune journaliste d’une vingtaine d’années lorsque l’agression se serait produite.

Anne-Sophie Schmidt
Photo courtoisie
Anne-Sophie Schmidt

ENTREVUE

Elle explique que Charles Dutoit se serait jeté sur elle à l’occasion d’une entrevue réalisée pour le compte de l’Orchestre symphonique de Montréal.

« Il avait demandé à ce que l’entrevue se déroule chez lui, a-t-elle raconté au Journal. Je me suis assise sur son canapé et il s’est immédiatement jeté sur moi en m’agrippant et en essayant de m’embrasser. C’était absolument répugnant et je l'ai repoussé. »

En 1995, la soprano Anne-Sophie

Schmidt, alors âgée de 31 ans, était en pleine ascension lorsqu’elle fut choisie pour le rôle principal d’un opéra parisien dirigé par Charles Dutoit.

« Dès le début des répétitions, il était oppressant. Il me faisait des déclarations enflammées. »

COLÈRE

Mais le maestro serait vite passé de la séduction à la colère.

« Quand il a compris que je n’étais pas intéressée, il s’est mis à avoir un comportement extrêmement désagréable. Il me faisait des reproches injustifiés devant tous les autres musiciens. »

Dutoit aurait coincé la chanteuse dans un couloir, lors de la répétition générale.

« Il m’a poussée contre le mur et m’a embrassée de force. Je me suis débattue. »

Comme Mme Basaraba, Anne-Sophie Schmidt se dit révoltée par les dénégations de Charles Dutoit.

« C’est ce qui m’a décidé à parler. J’ai trouvé ça insupportable. »

Elle espère que son témoignage fera en sorte que la parole puisse se libérer davantage dans le milieu de la musique classique.

« Je connais plein de collègues à qui il est arrivé ce genre de choses et qui n'osent pas s’exprimer. »