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Un dur coup pour la Mauricie

Les 1030 employés syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour en lock-out

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois (à droite), est allé discuter avec des syndiqués sur la ligne de piquetage jeudi. Il a dit souhaiter que le conflit de travail se règle le plus rapidement possible pour l’économie de sa région.
Photo collaboration spéciale, Amélie St-Yves Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois (à droite), est allé discuter avec des syndiqués sur la ligne de piquetage jeudi. Il a dit souhaiter que le conflit de travail se règle le plus rapidement possible pour l’économie de sa région.

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BÉCANCOUR | Le lock-out décrété jeudi matin à l’Aluminerie de Bécancour inc. (ABI), qui emploie 1030 syndiqués, pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur l’économie de la Mauricie et du Centre-du-Québec, craint le maire de la municipalité.

L’aluminerie a annoncé le lock-out dans la nuit de mercredi à jeudi, quelques heures à peine après que les employés eurent rejeté à 80 % les dernières offres patronales.

Les négociations ont achoppé notamment concernant le régime de retraite pour les futurs travailleurs et sur les clauses concernant l’ancienneté sur les mouvements de main-d’œuvre.

Quoi qu’il en soit, ce conflit de travail risque de faire très mal à l’économie de la région de Bécancour.

« On travaille tellement à faire du développement économique pour attirer des entreprises de 10 ou 15 employés qu’on n’a peut-être pas le goût de perdre 1000 emplois. L’objectif doit être de garder l’entreprise ouverte et rentable », a déclaré le maire de Bécancour Jean-Guy Dubois, jeudi.

Il craint qu’une brisure irréparable se creuse entre la direction et les travailleurs.

Avec un conciliateur

Il a toutefois été rassuré que les parties syndicale et patronale se rassoient avec un conciliateur, jeudi après-midi.

Selon le maire, en plus des familles touchées, cela signifie des pertes pour plusieurs sous-traitants en région et qu’ultimement, cela pourrait influencer l’image que les entreprises ont du parc industriel. L’ABI paie aussi 4 millions $ de taxes par année à la Ville de Bécancour, ce qui représente l’équivalent de 20 % de son budget annuel.

500 M$ en retombées

L’ABI représente des retombées économiques de 500 M$ par an en Mauricie et au Centre-du-Québec, selon le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard.

« Ça a souvent été dit en public que les employés gagnent autour de 40 $ l’heure. Inutile de dire que c’est un endroit où l’on rêve de travailler. Ceci étant dit, comment ça se fait qu’aujourd’hui il y a 80 % des gens qui ont dit que ça n’a pas de bon sens ce qui est offert ? On ne le sait pas encore à date », explique le PDG de la Société du parc industriel Maurice Richard.

Les syndiqués ont eu la consigne de ne pas répondre aux médias. Le syndicat et la direction ont également refusé les demandes d’entrevues jeudi, mais se sont assis à une table de négociation avec deux conciliateurs du gouvernement.

Les cadres continueront d’opérer une des trois séries de cuves, ce qui signifie que de l’aluminium pourrait figer dans 480 cuves.

Cela pourrait coûter des millions de dollars à repartir, selon le PDG de la Société du parc industriel et portuaire, Maurice Richard.

UN GRAND PRODUCTEUR D’ALUMINIUM

  • L’Aluminerie de Bécancour emploie 1030 syndiqués qui produisent 430 000 tonnes métriques d’aluminium par année, sous forme de lingots, de plaques et de billettes. 
  • 75 % de l’entreprise est détenue par Alcoa et 25 % par Rio Tinto.