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[AUDIO] La politique est devenue comme un «show de téléréalité», dit Jean Charest

L'ex-premier ministre Jean Charest
PHOTO ANNIE T. ROUSSEL/JOURNAL L'ex-premier ministre Jean Charest

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S'il admet qu’il y a toujours eu «un peu de théâtre» en politique, l’ex-premier ministre Jean Charest s’est dit rebuté par ce qu’est devenue la gouvernance, notamment en raison du style de gestion de Donald Trump.

En entrevue au FM93 de Québec, au sujet des discussions sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), à l’heure où le président des États-Unis menace de se retirer s’il ne s’entend pas avec le Mexique et le Canada, Jean Charest a eu l’occasion de commenter le fait que Donald Trump annonce des décisions sur Twitter.

«C’est nouveau. C’est la nouvelle façon, la nouvelle manière de gouverner. C’est fascinant d’observer ça. Je ne pensais pas voir ça de mon vivant. Et M. Trump, c’est au jour le jour. Ce n’est pas uniquement une gouvernance, c’est presque un spectacle», a indiqué celui qui est maintenant associé et conseiller au cabinet d’avocats McCarthy Tétrault.

L’ex-politicien observe que la politique est «devenue de plus en plus de l’entertainment, au sens américain», et déplore que «le théâtre semble avoir pris le pas sur le contenu».

«M. Trump a une présidence qui illustre assez bien que c’est devenu comme un show de téléréalité», a-t-il dit à Ève-Marie Lortie dans l’émission Le retour, jeudi.

Réticent à se lancer aujourd’hui

En prenant également l’exemple de l’animatrice américaine Oprah Winfrey, qui est pressentie pour la présidence américaine, Jean Charest affirme même qu’il serait «réticent» à se lancer en politique aujourd’hui.

«Aujourd’hui, on dirait que le contenant, la forme, a pris le pas sur le fond. [...] Elle [Oprah Winfrey] a fait un très bon discours, elle a fait de la télé, elle a de la notoriété, donc elle devrait être présidente des États-Unis. Autrefois, on s’attendait à ce que les politiciens gagnent en expérience [...] qu’ils puissent [...] défendre [leurs idées] et que ça se développe. C’est une nouvelle époque et je ne suis pas sûr que j’aurais été très heureux dans un environnement comme celui-là», croit-il.

«Frapper un mur»

L’ex-premier ministre du Québec demeure toutefois convaincu qu’en politique «les idées, c’est plus important que le contenant».

«J’accepte d’emblée qu’il faille communiquer et avoir l'habileté de pouvoir communiquer pour réussir, mais ne nous trompons pas. C’est d’abord le fond des choses et le contenu qui prime et qui compte. Ça, ça ne changera jamais», plaide-t-il.

Il croit d’ailleurs que «ceux qui font trop de spectacle avec la politique» vont se retrouver face à «un mur, éventuellement». «C’est ce qui, je pense, va arriver avec Trump», dit-il.  

Les conséquences d’un retrait de l’ALENA

Selon Jean Charest, le retrait des États-Unis de l’ALENA pourrait avoir des conséquences économiques importantes.

«Le retrait de l’ALENA pourrait provoquer une récession. Les marchés boursiers, vous savez, aux États-Unis, sont en train de battre des records de croissance, et il va y avoir une correction du marché boursier américain. Ils ne peuvent pas continuer sur la même trajectoire de manière éternelle. Le retrait pourrait par exemple provoquer une correction dans le marché boursier, alors il y a plusieurs personnes aux États-Unis, dans les milieux d’affaires, je dirais la majorité, qui sont probablement inquiètes», affirme-t-il, ajoutant que «la majorité des intervenants économiques aux États-Unis ne sont pas d’accord avec les positions prises par M. Trump».