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Encore les silos

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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La nouvelle est presque passée inaperçue, à quelques jours de Noël, mais après tout le tollé provoqué par leur installation, en 2013, les « silos de la honte » ne servent plus à rien, sinon qu’à embarrasser le décor le long du boulevard Champlain.

Il s’agit d’une situation pour le moins déconcertante, alors que les mal-aimés silos avaient été construits sans consultation ni présentation au fédéral parce qu’il y avait supposément urgence. Arrimage Québec avait en effet signé un contrat de 15 ans, en 2013, avec Rentech, qui devait y faire transiter pas moins de 450 000 tonnes de granules de bois par année. L’entreprise n’est jamais même passée près d’atteindre ces objectifs, année après année.

Questionné à ce sujet hier, en marge d’une conférence de presse, Mario Girard, PDG du Port de Québec, a assuré qu’il y avait des discussions commerciales, faisant référence aux démarches d’Arrimage Québec pour trouver de nouvelles opportunités d’affaires. Il a fait valoir qu’il y avait un marché potentiel pour la « super belle infrastructure », qui est à la fine pointe, a-t-il souligné. On n’en demandait pas moins.

Tout un tollé

Sis en plein cœur du tracé projeté pour la troisième phase d’aménagement de la promenade Samuel-de-Champlain, les silos à granules avaient provoqué la grogne des résidants du secteur, il y a un peu plus de quatre ans. Plusieurs politiciens, dont Agnès Maltais, avaient dénoncé leur installation en catimini et réclamé le démantèlement des structures de 45 mètres de hauteur.

Ce fut aussi l’objet de la première et seule chicane entre le maire Régis Labeaume et son ami Mario Girard, PDG du port. Depuis Paris, où il était en mission en novembre 2013, M. Labeaume avait affirmé que le projet allait contre toutes les tendances, qu’on allait le regretter et que la communauté allait vouloir débâtir ça. Il avait aussi affirmé qu’il tenterait de rencontrer des représentants de l’UNESCO pour s’assurer que les fameux silos ne défigureraient pas la « carte postale du Vieux-Québec », lequel est inscrit sur la liste du patrimoine mondial.

Par la suite, étrangement, le maire s’était montré beaucoup plus conciliant, lui qui s’égosille pourtant depuis des années sur l’importance de redonner accès aux berges du fleuve. Il avait fini par se contenter de réclamer que le projet soit mieux intégré dans le paysage. Un comité avait été formé, lequel avait conclu que les silos... devaient rester blancs.

Le dossier aura au moins eu un effet positif, mentionne Alain Samson, président du conseil de quartier de Vieux-Québec-Cap-Blanc-Colline parlementaire. À partir du début de cette saga, beaucoup d’intervenants, de leaders économiques et politiques de Québec se sont levés pour faire savoir au port de Québec qu’il ne pouvait fonctionner sans consulter ni suivre les normes.

Quant aux silos, « on vit maintenant avec », lance M. Samson, qui a malgré tout bien hâte de connaître la suite.