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Une peine clémente de 30 mois pour Jean-Philippe Blanchette

Le juge a tenu compte des circonstances de l’accident mortel et de sa situation

Jean-Philippe Blanchette (à gauche).
Photo Pierre-Alexandre Maltais Jean-Philippe Blanchette (à gauche).

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Le juge Denis Jacques, de la Cour supérieure, a condamné Jean-Philippe Blanchette à 30 mois de pénitencier pour avoir excédé la limite d’alcool et conduit un véhicule, ce qui a entraîné un accident qui a occasionné la mort de Kathleen Haché-Binette le 15 août 2014, à Chicoutimi.

Dans sa décision rendue vendredi au palais de justice de Chicoutimi, le magistrat a tenu compte des circonstances qui ont contribué à l’accident et au décès de la victime.

L’événement s’est produit hors route, la nuit, sur un terrain où il n’y a aucune signalisation. La vitesse n’était pas en cause. La victime ne portait pas sa ceinture de sécurité et était partie prenante du projet commun, comme les photographies et égoportraits publiés sur Facebook quelques minutes avant la chute dans un ravin l’ont illustré.

Le juge a aussi noté que Blanchette demeure hanté par le drame et qu’il est redevenu un actif pour la société avec le soutien de sa famille. Pour ces raisons, il a opté pour une sentence qualifiée de clémente réservée aux individus qui peuvent se reprendre en main.

Le premier test d’alcoolémie de Blanchette avait révélé la présence de 158 milligrammes d’alcool par cent millilitres de son sang. Un deuxième, appliqué quelques minutes plus tard, en a décelé 142. Blanchette n’a pas consommé d’alcool ni conduit depuis la nuit de l’accident.

INTERDICTION DE CONDUIRE

Au cours des représentations sur sentence qui ont eu lieu jeudi, il a soutenu ne pas savoir si la chute se serait produite en l’absence d’alcool.

La défense suggérait une peine de 18 mois de prison malgré un antécédent d’alcool au volant, tandis que le DPCP recommandait de quatre à cinq ans de pénitencier.

Il sera interdit à Blanchette de conduire pendant une période de deux ans après sa sortie du pénitencier. Les avocats de la défense et de la Couronne se sont déclarés satisfaits de la décision.

FAMILLE SATISFAITE

La mère de la victime, Francine Haché, de Val-d’Or, a exprimé sa satisfaction d’avoir obtenu justice.

« J’accepte ce que le juge a donné comme sentence, mais il n’y a aucune joie là-dedans. Il n’y a aucune joie là-dedans, pour personne. »

Elle s’est aussi exprimée sur l’insouciance des conducteurs et a déploré l’insuffisance des lois. « Je crois que le monde ne comprendra jamais, à moins qu’on fasse des lois (plus) sévères. » La veille, elle avait déclaré au tribunal avoir pardonné au conducteur parce que sa fille avait semblé l’avoir aimé.