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La fin d’une dynastie?

Robert Kraft, Bill Belichick et Tom Brady sont réunis à la tête des Patriots depuis 18 ans et l’équipe n’a raté les séries qu’à trois reprises depuis.
Photo AFP Robert Kraft, Bill Belichick et Tom Brady sont réunis à la tête des Patriots depuis 18 ans et l’équipe n’a raté les séries qu’à trois reprises depuis.

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Un récent reportage-choc du réseau ESPN dépeint les Patriots comme une dynastie qui en est à ses derniers balbutiements en raison du choc des egos entre le propriétaire Robert Kraft, l’entraîneur-chef Bill Belichick et le quart-arrière Tom Brady. L’avenir nous dira si le trio demeurera intact, mais il n’y a rien de si anormal à ce que quelques frictions surviennent après toutes ces années.

Le journaliste Seth Wickersham, en citant des sources anonymes, n’a certainement pas fait l’unanimité parmi les médias concurrents et partisans. N’empêche qu’il s’agit d’un reporter d’expérience qui a souvent visé juste par le passé.

Le portrait qu’il dépeint du trio devenu légendaire à la tête des Patriots traite en grande partie de la relation tendue à l’intérieur de l’organisation en raison de la présence lourde et controversée de l’entraîneur personnel de Tom Brady, Alex Guerrero.

Selon le journaliste, nous assistons aux derniers moments de Kraft, Bellichick et Brady sous le même toit.

Difficile, de l’extérieur, de véritablement mesurer la véracité des allégations. L’histoire est fascinante parce qu’elle nous amène à l’intérieur du monstre, mais rien ne garantit son authenticité.

Et même si tout ce qui y est raconté est absolument vrai, est-ce si anormal ? Rappelons que Brady est arrivé à Foxborough en 2000 et que les trois Patriots en chef travaillent donc ensemble depuis 18 ans. Dix-huit années lors desquelles ils ont remporté 15 titres de division et cinq Super Bowl !

RELATIONS DIFFICILES

Voilà donc le ménage à trois le plus productif de l’histoire de la NFL. Dans les années 1970, c’est bien connu que la dynastie des Steelers a été établie sur une relation extrêmement difficile, bien que productive, entre le quart-arrière Terry Bradshaw et l’entraîneur Chuck Knoll. Cette association a duré 13 ans.

Chez les 49ers des années 1980, le mariage entre Eddie DeBartolo Jr, Bill Walsh et Joe Montana a duré de 1979 à 1988, avant que Walsh quitte le navire, épuisé et aigri.

Pour les puissants Cowboys des années 1990, le propriétaire Jerry Jones et l’entraîneur Jimmy Johnson ne pouvaient plus se blairer au bout de quatre petites années !

Bref, si des fissures importantes sont sur le point d’ébranler les fondations des Patriots, il ne faut pas forcément s’en scandaliser.

LA SUITE DES ÉVÉNEMENTS

Là où le reportage est le plus intrigant, c’est lorsque l’échange du quart-arrière et apparent successeur de Tom Brady, Jimmy Garoppolo, est évoqué. Il est dit clairement que Kraft aurait forcé la main de Belichick pour qu’il échange le joueur qui semble promis à un brillant avenir à San Francisco.

Si vraiment Kraft s’est mêlé de cette histoire, honte à lui et il ne faudra pas s’étonner que Belichick décide de quitter le navire.

Le tout demeure cependant hypothétique et autant Kraft que Brady et Belichick ont tenté de rassurer la nation en jurant que leur mariage ne bat pas de l’aile.

Et maintenant, la question la plus importante en cette période cruciale des séries... Est-ce que toutes ces informations perturberont la routine des champions en titre ? Si l’on se fie à la réaction de Brady et Belichick à chaque occasion où leur honnêteté et leurs façons de faire ont été remises en doute, il s’agira plutôt du carburant additionnel pour leur permettre d’étaler une nouvelle couche de succès sur leur tartinade dynastique.

Des canons en deuxième ronde

La route vers le 52e Super Bowl se poursuit avec l’entrée en scène au deuxième tour des séries de la NFL des quatre équipes les mieux classées des deux conférences. Après un laissez-passer en première ronde, les Patriots, Steelers, Eagles et Vikings s’invitent maintenant à la danse. S’il serait étonnant que les favoris tombent dans la conférence américaine, ceux de la conférence nationale en auront plein les crampons.

Mes choix en rouge

*Samedi*

16 h 35 | Atlanta à Philadelphie FALCONS

20 h 15 | Tennessee en N.-Angleterre PATRIOTS

*Dimanche*

13 h 05 | Jacksonville à Pittsburgh STEELERS

16 h 40 | La N.-Orléans au Minnesota VIKINGS

*Résultats*

La semaine dernière 3 en 4 (75 %)

Total cette saison 168 en 260 (64,6 %)

LES EAGLES NÉGLIGÉS

 

Puisque les Eagles s’en vont à la guerre avec Nick Foles plutôt que Carson Wentz (blessé), les Falcons s’amènent à Philadelphie à titre de favoris, une situation plutôt inusitée.

Il faut dire qu’après un départ prometteur, Foles a enfoncé l’attaque des Eagles profondément sous terre. Lors des deux dernières semaines de la saison, Foles n’a amassé que 202 verges en 49 tentatives de passes, complétant seulement 46,9 % de celles-ci, avec un touché et deux interceptions. En frais de statistiques, ça frôle la défunte « Tebow Mania »...

La seule solution pour les Eagles est donc de prier pour que Foles retrouve sa forme de 2013, ou encore de courir, courir et encore courir. C’est définitivement la deuxième option qui devra être priorisée, l’équipe ayant terminé au troisième rang par la course cette saison. Avec LeGarrette Blount, Jay Ajayi, un bonne ligne à l’attaque et une excellente défensive, les Eagles peuvent tenir tête aux Falcons plus que bien des observateurs l’estiment.

La course serait aussi la meilleure manière de laisser l’attaque des Falcons sur le banc. Pas que celle-ci cause des ravages cette saison, mais les Falcons sont 9-1 en incluant la semaine dernière lorsqu’ils gagnent la bataille du temps de possession.

Les Eagles devraient rivaliser et donner du fil à retordre, mais pour espérer l’emporter, Foles devra à tout le moins être compétent. C’est là la grande question...

Mohamed Sanu
Photo AFP
Mohamed Sanu

Ma prédiction : Falcons 24 Eagles 17

Joueurs à surveiller :

  • Mohamed Sanu, receveur (Falcons) : Julio Jones est le receveur de choix des Falcons, mais Sanu a eu plus de succès que lui dans la zone des buts avec cinq touchés cette saison.
  • Nigel Bradham, secondeur (Eagles) : Bradham risque d’être très occupé en couverture de passe, face aux porteurs dynamiques des Falcons souvent utilisés dans le jeu aérien.

Chiffre à retenir :

Matt Ryan a complété au moins 70 % de ses passes à ses cinq derniers matchs de séries, la deuxième plus longue séquence de ce type dans l’histoire des séries après Troy Aikman..

PAS DE MIRACLE EN VUE

 

La beauté pour les Titans, c’est qu’ils n’ont absolument rien à perdre. En cas de défaite à Foxborough, la conclusion sera qu’il s’agissait d’une évidence. Et en cas de victoire, on mettra ça sur le compte d’une visite secrète à Sainte-Anne-de-Beaupré !

Plus sérieusement, le style défensif avec le coordonnateur Dick LeBeau, qui affectionne le blitz, pourrait causer certains ennuis aux Patriots. Les secondeurs des Titans ont réussi 27,5 des 43 sacs de la défensive, le plus haut total dans la ligue à cette position. Quand la pression vient de l’intérieur, Brady en arrache parfois.

Toutefois, toute surprise potentielle des Titans repose sur un match sublime de Marcus Mariota et c’est beaucoup lui demander à Foxborough malgré sa performance de samedi dernier.

Les Patriots se sont davantage tournés vers Dion Lewis et la course en fin de saison, mais le seul porteur qui a couru pour plus de 100 verges face aux Titans est Todd Gurley. Les Patriots devraient s’en remettre à la passe et difficile de voir qui, parmi les secondeurs ou maraudeurs des Titans, peut rivaliser de vitesse et de puissance avec Rob Gronkowski, qui sera la clé.

Les Titans ne peuvent se permettre de laisser les Patriots prendre les devants rapidement, mais ces mêmes Patriots ont inscrit un touché sur leur séquence initiale à sept reprises cette saison, le plus haut total dans la ligue

Chris Hogan
Photo AFP
Chris Hogan

Ma prédiction : Titans 26 Patriots 34

Joueurs à surveiller :

  • Logan Ryan, demi de coin (Titans) : Face à ses anciens coéquipiers, Ryan ne devra pas perdre la face. Il est souvent déployé à l’intérieur face aux receveurs ennemis.
  • Chris Hogan, receveur (Patriots) : Le receveur reviendra de sa blessure à l’épaule et il avait explosé en séries il y a un an avec 17 réceptions pour 332 verges et deux touchés.

Chiffre à retenir :

Pour la première fois de l’histoire des Patriots, 3 joueurs ont franchi le cap des 1000 verges de la ligne de mêlée cette saison, soit Brandin Cooks, Rob Gronkowski et Dion Lewis.

LES STEELERS À LEUR MEILLEUR

 

Toute la semaine, les Steelers se sont fait rebattre les oreilles avec la défaite de 30-9 subie aux mains des Jaguars en début de saison. Sauf que depuis ce désastre, la troupe de Ben Roethlisberger est devenue pratiquement invincible.

Dans cette défaite, le quart-arrière avait lancé cinq interceptions, la défensive avait concédé 231 verges au sol et les Steelers présentaient après coup une fiche ordinaire de 3-2. Depuis, ils n’ont perdu qu’un seul match. La défensive s’est hissée au cinquième rang pour les verges et au septième pour les points. Bref, les temps ont changé.

Cela ne signifie pas que les Jaguars s’en vont à l’abattoir. Après tout, ils sont l’une des deux rares formations à revendiquer une fiche gagnante (4-1) à Pittsburgh depuis 2004.

Le quart-arrière Blake Bortles devra cependant transporter l’attaque des Jaguars. Parce que c’est ce que les Steelers voudront en amenant le maximum d’effectifs près de la ligne de mêlée pour freiner la course.

En octobre, Bortles n’avait amassé que 95 verges par les airs pendant que Leonard Fournette faisait le sale boulot au sol avec 28 courses pour 181 verges. Mais n’eût été une longue course de 90 verges, Fournette avait été plutôt embouteillé avec une moyenne de 3,3 verges par portée. Si Bortles ne sort pas un lapin de son chapeau, tous les doutes à son sujet ressurgiront.

Jalen Ramsey
Photo AFP
Jalen Ramsey

Ma prédiction : Jaguars 13 Steelers 27

Joueurs à surveiller :

  • Jalen Ramsey, demi de coin (Jaguars) : L’excellent demi de coin devrait être principalement affecté à la couverture du grand Antonio Brown. Quel duel !
  • JuJu Smith-Schuster, receveur (Steelers) : Si Antonio Brown n’est pas au sommet de son art, Smith-Schuster devra exploser. Il a été le meneur chez les receveurs recrues avec sept touchés.

Chiffre à retenir :

Les Steelers et les Jaguars ont occupé les 2 premiers rangs au chapitre des sacs du quart cette saison avec 56 et 55 respectivement.

GROS DUEL EN PERSPECTIVE

 

Des quatre duels du week-end, celui entre les Saints et les Vikings est celui qui promet le plus d’artifice avec deux attaques explosives et deux défensives capables de changer l’allure de la rencontre.

En effet, la défensive intraitable des Vikings, qui a terminé au premier rang pour les points accordés et les verges, est saluée à juste titre. Mais on oublie que l’attaque menée par l’étonnant Case Keenum a bouclé la saison au 10e rang.

Chez les Saints, la menace d’une pétarade aérienne est toujours bien présente, même si l’équipe jure avant tout par le jeu au sol (5e).

Justement, les Vikings, qui misent sur une ligne défensive redoutable et des secondeurs athlétiques, sont deuxièmes contre la course.

Drew Brees a bien sûr le talent et l’intelligence pour percer cette armure avec sa cible de prédilection, Michael Thomas. Ce dernier aura toutefois dans les pattes le formidable Xavier Rhodes, qui a menotté Thomas en début de saison, mais aussi les meilleurs receveurs du circuit dont Antonio Brown, Julio Jones, AJ Green et Mike Evans. Aucun n’a inscrit un touché ni amassé plus de 67 verges. Rhodes n’est pas l’unique responsable, lui qui est appuyé par un solide duo de maraudeurs en Harrison Smith et Andrew Sendejo.

Le jeune Alvin Kamara sera le joueur clé des Saints et donnera du fil à retordre, mais les Vikings résisteront.

Robert Kraft, Bill Belichick et Tom Brady sont réunis à la tête des Patriots depuis 18 ans et l’équipe n’a raté les séries qu’à trois reprises depuis.
Photo AFP

Ma prédiction : Saints 30 Vikings 31

Joueurs à surveiller :

  • Cameron Jordan, ailier défensif (Saints) : Jordan est une terreur et risque de déranger Case Keenum. Il compte 13 sacs cette saison, dont quatre à ses trois derniers matchs.
  • Danielle Hunter, ailier défensif (Vikings) : Hunter a connu une saison en dessous des attentes, mais la pression s’annonce forte sur le bloqueur recrue Ryan Ramczyk.

Chiffre à retenir :

Les 13 victoires des Vikings s’avèrent un sommet dans l’histoire du Super Bowl chez les équipes dont la ville a été l’hôtesse du grand match.