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Les dons par testament en croissance à Québec

Généreux à leur décès

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Les dons par testament pour soutenir une cause sont en croissance à Québec, constatent plusieurs organismes de la région, qui qualifient ces legs de véritables « cadeaux ».

« Le don par legs, c’est une des façons de plus en plus populaires [pour redonner à une cause] », confirme Yannick Sawyer, vice-président des dons majeurs individuels et planifiés de la Fondation du CHU de Québec, qui explique traiter en moyenne une quinzaine de dossiers de cette nature chaque année.

Ses homologues d’autres fondations de Québec joints par Le Journal font le même constat.

« Chez nous, le nombre de successions [reçues] est en légère augmentation dans les cinq dernières années, mais ce qui est en très forte hausse, c’est le nombre de confirmations de legs dans des testaments », souligne Nathalie Côté, directrice des dons majeurs et planifiés de la Fondation de la Maison Michel-Sarrazin.

Là-bas, on cumule plus d’une centaine de promesses de dons par testament.

« Pour 48 d’entre elles, le montant nous a été partagé. On sait qu’il y en a pour 3,5 millions », mentionne Mme Côté, qui précise également constater une tendance à la hausse pour les dons par police d’assurance-vie.

Des efforts qui portent fruit

Le fait que les grandes fondations sont dotées de ressources dédiées aux dons planifiés – qui incluent les dons testamentaires – n’est pas étranger à cette tendance à la hausse, estiment les différents intervenants interrogés.

« Souvent, les gens ne savent même pas qu’ils peuvent faire un don par testament et ils ne connaissent pas nécessairement tous les allègements fiscaux qui sont possibles », expose Gino Yanire, directeur des dons planifiés de la Fondation de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

« On essaie de poser des gestes pour que les gens considèrent cette opportunité-là en les informant, et on voit que les choses se réalisent de plus en plus », soutient-il.

Chez Centraide Québec-Chaudière-Appalaches, précurseur dans le domaine des dons planifiés – son programme est en place depuis près de 20 ans –, des centaines de milliers de dollars sont distribués annuellement aux organismes qu’il représente grâce à ce type de dons.

« Plusieurs millions de dollars sont placés dans des fonds et les rendements de ces fonds-là, ça représente entre 350 et 450 000 $ par année qu’on redonne à la communauté », rapporte Isabelle Genest, vice-présidente au développement philanthropique chez Centraide Québec-Chaudière-Appalaches.

« Cadeaux du ciel »

Faire connaître l’option des dons planifiés demeure l’un des défis des organismes de charité. À la Fondation de Lauberivière, la direction souhaite justement développer un programme en ce sens.

« Depuis que je transmets une petite brochure, depuis environ trois ans, je constate que plus de dons par testament nous sont octroyés », affirme Manon Beaudoin, directrice générale de la Fondation.

« Quand on en reçoit, j’appelle ça un peu mes cadeaux du ciel, parce que je n’ai pas de pouvoir là-dessus », relate Mme Beaudoin, rappelant que les sommes provenant des dons posthumes ne peuvent être budgétées puisque, dans bien des cas, l’organisme n’en avait pas été informé au préalable.

« Je peux en recevoir une année pour 50 000 $, et une autre pour 500 000 $ », note-t-elle.

Les plus gros montants légués

1 million $ à la Maison Michel-Sarrazin

« Le plus gros montant reçu par legs a été de 1 014 000 $. Il y en avait déjà eu un autre d’environ 800 000 $. Ça va d’un million de dollars à 500 $, et la moyenne se situe autour de 35 à 40 000 $. Cette moyenne-là va aller en augmentant. »

— Nathalie Côté, directrice, dons majeurs et planifiés de la Fondation

300 000 $ à la Fondation de Lauberivière

« C’était un résidu de la succession, probablement. Parfois, les résidus représentent beaucoup de sous. [...] J’appelle ça un cadeau du ciel. Pour nous, à Lauberivière, pour nos gens démunis qui font face à tant de préjugés par bien des gens ; quand on a une pensée de cette envergure-là par quelqu’un, on est vraiment, vraiment reconnaissants. »

— Manon Beaudoin, directrice générale

493 000 $ à la Fondation du CHU de Québec

« Dans les cinq dernières années, le plus gros montant qu’on a reçu était d’un demi-million de dollars. [...] Dans les legs qui ne nous sont pas communiqués avant le décès, c’est souvent des donateurs déjà actifs à la fondation. Ils donnaient 50, 100, 150 dollars par année et tout d’un coup, ils nous lèguent 190 000 $ à leur décès. »

— Yannick Sawyer, vice-président des dons majeurs individuels et planifiés

« Plusieurs » millions à Centraide Québec-Chaudière-Appalaches

« Il y a des gens, mais c’est plus rare, pour lesquels ça peut se chiffrer en quelques millions, leurs actifs et leurs avoirs qui ont été ou seront légués lors de leur décès à Centraide. [...] Il ne faudrait pas que les gens pensent que ça prend des millions pour faire ça ; on peut créer un fonds à partir de 5000 $ chez Centraide. »

— Isabelle Genest, vice-présidente au développement philanthropique