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En route vers Pyeongchang 2018: Trois-Pistoles retient son souffle

Charlie Bilodeau et sa partenaire Julianne Séguin cognent à la porte des Jeux

SPO-PATINAGE ARTISTIQUE-SÉGUIN-BILODEAU
Photo d'archives Agence QMI

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«Il peut se passer bien des choses en quatre ans, alors ce serait «niaiseux» de penser seulement à 2022. On va tout faire pour être là en 2018.»

Les citoyens de Trois-Pistoles seront heureux de lire cette ambition de Charlie Bilodeau qui pourrait devenir le premier enfant de cette municipalité du Bas St-Laurent à participer aux Jeux olympiques.

Bilodeau et sa partenaire Julianne Séguin sont identifiés depuis longtemps dans les hautes sphères du patinage artistique canadien comme un projet en vue des Jeux de 2022 à Pékin, mais ils pourraient conjuguer l’avenir au présent, en fin de semaine à Vancouver, lors de l’ultime examen des championnats canadiens.

4 duos pour 3 places

En se basant sur les résultats internationaux des deux dernières saisons, il devient logique de pointer quatre des huit duos engagés dans cette compétition cruciale comme candidats aux trois places dont le pays disposera à cette épreuve à Pyeongchang.

Si on peut déjà remettre des billets d’avion à Meagan Duhamel et Eric Radford, qui ont retrouvé leur niveau de doubles champions du monde en occupant actuellement le deuxième rang mondial, les deux places restantes se joueront donc entre Séguin/Bilodeau et les couples ontariens Kirsten Moore-Towers/Michael Marinaro et Lubov Ilyushechkina/Dylan Moscovitch.

L’idéal, un top 3

Le résultat final, suite au programme imposé de vendredi et celui libre de samedi soir, ne règlera pas l’identité des patineurs qui iront aux Jeux. Patinage Canada se réserve un droit de regard sur les nominations en s’inspirant des performances des deux dernières saisons et en fonction d’autres critères, dont l’âge des candidats et le potentiel de podium.

On présume toutefois que la meilleure option pour espérer se qualifier commence par un top 3 à ces championnats nationaux!

«C’est sûr qu’on a de bonnes chances. Je l’ai toujours en tête, mais en même temps j’essaie de ne pas trop garder mon focus là-dessus parce que ça risque de me faire perdre ma concentration. On essaie de se préoccuper des objectifs qu’on s’est fixés. Pour le reste, on n’a plus de contrôle», nous disait cette semaine Julianne Séguin.

Favorisés par leurs âges?

En raison de leurs âges, la patineuse de Longueuil (21 ans) et son complice (24) représentant l’avenir de l’équipe canadienne durant le prochain cycle olympique. Chacun concède plus de cinq ans aux femmes et hommes des trois autres couples. Allez savoir s’il s’agit d’un avantage ou non dans la philosophie de Patinage Canada.

«Tout dépend de la stratégie adoptée. S’ils souhaitent donner de l’expérience (aux Jeux) afin de préparer l’avenir, c’est certain que ça nous favorise. Par contre, s’ils choisissent plutôt d’y aller comme une dernière opportunité à offrir à d’autres couples, ça pourrait être différent», soupèse Bilodeau, qui accepte avec sa partenaire l’éventualité de devoir rater une chance qui pourrait ne jamais se représenter.

«C’est sûr que c’est très gros», concède Séguin. «Mais on est tellement bien entouré qu’on a réussi à en parler et c’est un sujet qui n’est plus gardé secret. On a eu la chance d’évacuer toutes nos pensées pour justement être à notre meilleur et dans une situation optimale. Peu importe qu’on réussisse ou non, on pourra se dire qu’on a vraiment tout fait pour réussir et qu’on aura encore la chance dans quatre ans. Ce n’est pas une fin en soi. Pour l’instant, on le voit comme une belle opportunité.»

Mais puisqu’on y est...

Une tradition d’excellence palpable

Les championnats canadiens de patinage artistique et les sélections olympiques qui en dépendent rappellent l’aura d’excellence qui entoure ce sport au pays. On ne tient pas une 104e édition sans réveiller des fantômes et des esprits.

Depuis la première médaille d’or obtenue par Barbara Ann Scott à St-Moritz en 1948, le Canada s’est doté d’une collection de 25 médailles dans l’histoire des Jeux olympiques, au troisième rang des nations derrière les 50 de la Russie et les 49 des États-Unis.

De gros noms

Les prochains Jeux à Pyeongchang laissent croire à de nouveaux coups d’éclats. Des candidats se proposent déjà: Patrick Chan, vice-champion olympique en 2014; Kaetlyn Osmond et Gabrielle Daleman, deuxième et troisième aux championnats mondiaux en 2017, le duo Tessa Virtue/Scott Moir (danse), champion du monde en titre et double médaillé olympique.

Cette concentration dense de patineurs élites internationaux occupe le Doug Mitchell Sports Centre de Vancouver et ses 7000 sièges, ces jours-ci, où seront choisis les représentants pour les Jeux et les championnats mondiaux seniors et juniors. Des spectateurs paieront de 45$ à 75$ le billet afin d’assister au programme des finales de samedi.

Le patinage artistique au Canada, c’est du lourd.

«Il y a quand même une frénésie. Est-ce qu’elle est liée à notre sport ou en raison de l’année olympique? C’est une bonne question, mais oui, on sent que c’est une année différente des autres. Mais au final, ce qu’on fait sur la glace demeure notre propre point d’ancrage et ça, ça ne change pas d’année en année», a partagé Charlie Bilodeau, mercredi, à l’approche de l’événement.

Premier couple en 20 ans

Cet athlète originaire du Bas St-Laurent pourrait devenir avec sa partenaire Julianne Séguin le premier couple entièrement québécois à participer aux Jeux olympiques depuis Marie-Claude Savard-Gagnon et Luc Bradet. Ça remonte aussi loin qu’à Nagano en 1998.

En se qualifiant pour les Jeux, le duo Séguin/Bilodeau comblerait à tout le moins l’écart que les Jeux de Sotchi ont créé dans l’histoire québécoise, où aucun patineur n’y était. La dernière fut Joannie Rochette à Vancouver en 2010, où sa médaille de bronze dans les jours suivants le décès soudain de sa mère avait ému l’ensemble du pays.

Cette longue tradition, Julianne Séguin, en percevait tout le poids cette semaine avant même d’avoir effectué son premier tour de patinoire.

«On ne peut pas le cacher, c’est gros, surtout quand on fait une compétition au pays. Tout le monde connaît les capacités des patineurs. Ça cause un stress de livrer la meilleure performance possible, mais on bien entouré et on aborde ce sujet fréquemment, alors on est prêt mentalement à attaquer cette situation-là.»

Patineurs d’origine québécoise ou basés au Québec aux Jeux olympiques

1984:

  • Jaimee Eggleton

1988:

  • Charlene Wong
  • Isabelle Brasseur/Lloyd Eisler

1992:

  • Josée Chouinard
  • Isabelle Brasseur/Lloyd Eisler
  • Kris Wirtz

1994:

  • Isabelle Brasseur/Lloyd Eisler
  • Josée Chouinard
  • Shae-Lynn Bourne/Victor Kraatz
  • Sébastien Britten
  • Kristy Sargeant/Kris Wirtz

1998:

  • Shae-Lynn Bourne/Victor Kraatz
  • Marie-Claude Savard-Gagnon/Luc Bradet
  • Kristy Sargeant/Kris Wirtz

2002:

  • Jamie Salé/David Pelletier
  • Anabelle Langlois/Patrice Archetto
  • Shae-Lynn Bourne/Victor Kraatz

2006:

  • Marie-France Dubreuil/Patrice Lauzon
  • Shawn Sawyer
  • Joannie Rochette
  • Jessica Dubé/Bryce Davison
  • Valérie Marcoux/Craig Buntin

2010:

  • Joannie Rochette
  • Cynthia Phaneuf
  • Anabelle Langlois
  • Jessica Dubé/Bryce Davison
  • Tessa Virtue/Scott Moir

2014:

  • Meagan Duhamel/Eric Radford
  • Source: Patinage Québec