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Aide médicale à mourir: bienvenue dans l’univers des soins de fin de vie

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Yvon Bureau

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Pleinement engagé au Québec depuis 32 années pour un mourir plus libre et plus digne, j’ai été témoin et acteur privilégié d’un grand changement sociétal.

Notre société s’est transformée et se transforme encore. Nous passons des soins palliatifs aux soins de fin de vie. Nous passons à la primauté de la personne en fin de vie/à la fin de sa vie, de ses valeurs, de sa liberté de choix, de sa dignité. Nous passons de la vie est sacrée à est sacrée la personne vivante éclairée et libre. Et tout ça à travers de grands moments de vie sociétale.

Clarté juridique

En décembre 2009, la mise sur pied de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité. En mars 2012, le rapport Mourir dans la dignité. Après un audacieux débat parlementaire, le Québec vote très majoritairement sa Loi concernant les soins de fin de vie en juin 2014. Arrive un grand tsunami juridique en février 2015 : le jugement unanime de la Cour suprême du Canada sur l’aide médicale à mourir. Ottawa vote sa loi C-14 sur l’aide médicale à mourir (AAM) en juin 2016. Depuis, environ 2500 Canadiens ont terminé leur vie de cette manière.

Sur les soins de fin de vie, une clarté juridique se dégage. Et cela dû en bonne partie au Dr Alain Naud qui s’est adressé cet automne à plus de 5000 médecins canadiens. La personne en fin de vie et à la fin de sa vie a le choix. Refuser ou accepter les traitements. Prendre les soins de confort (soins palliatifs) jusqu’à son décès. Demander la sédation terminale. Recevoir l’aide médicale à mourir. La dignité passera par cette liberté de choix.

Malheureusement, il y a une urgence pour une plus grande clarté juridique. La loi C-14 exclurait les grands souffrants de la vie de l’AMM ; elle est contestée. Depuis lundi passé, en Cour supérieure du Québec, Nicole Gladu et Jean Truchon, rendus à la fin de leur vie, contestent le critère de Mort raisonnablement prévisible. Cette contestation est difficile, très difficile, pour tous, « inhumaine » dit-on. À raison.

Bienfaits collatéraux

LA bonne nouvelle : une plus grande clarté juridique sur l’AMM émerge. Le 20 décembre dernier, la citoyenne Margo Ménard a reçu une lettre de la ministre de la Justice et procureur général du Canada affirmant le caractère pleinement inclusif de la loi C-14. Le 10 janvier, madame Ménard lui répond et rend publiques ces lettres.

Enfin, elle arrive cette clarté juridique si nécessaire et tant espérée, même si tardivement. Pendant ce temps, il y a eu beaucoup trop de dommages collatéraux à ce flou juridique.

Place aux bienfaits collatéraux ! Le temps pour le Québec de mettre à jour sa Loi concernant les soins de fin de vie est arrivé. Honorons la compassion et la solidarité avec nos finissants de la vie. « Inclusivons ! »

Yvon Bureau est travailleur social et militant pour un mourir digne et libre.

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