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Le géant Amazon prêt à investir des millions $ au Québec

La multinationale cherche par tous les moyens à profiter des avantages fiscaux

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Amazon prévoit investir des millions supplémentaires dans l’hébergement de données au Québec pour tirer profit de l’électricité verte à bas prix, a appris Le Journal d’un haut dirigeant du géant américain valorisé à 780 milliards $.

« On ne donne pas de détails financiers sur les régions d’Amazon Web Services (AWS), l’investissement dans la région du Canada, au Québec, représente des millions de dollars. Si (cette région) connaît une croissance significative, ça pourrait s’élever à des milliards de dollars au fil du temps », a indiqué au Journal le directeur général d’Amazon Web Services (AWS) Amérique du Sud, Canada et Caraïbes, Jeffrey Kratz, par courriel.

Amazon a implanté un centre de données à Montréal il y a deux ans. La compagnie pourrait même en avoir déjà plus d’un dans la région... mais elle n'a pas voulu dire combien au Journal.

Sans surprise, l’énergie verte d’Hydro-Québec opère son charme auprès du géant mondial. M. Kratz dit que c’est aussi sa disponibilité qui fait pencher la balance pour le Québec. « Les centres de données AWS au Canada sont alimentés par un réseau électrique régional alimenté à 99 % par l’hydroélectricité », se réjouit-il.

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Amazon aimerait que 100 % de l’énergie consommée par son infrastructure mondiale soit un jour renouvelable. Une préoccupation qui n’échappe pas à Hydro-Québec qui joue à fond la carte de l’énergie propre pour attirer les étrangères énergivores chez nous.

La société d’État ne va toutefois pas jusqu’à favoriser les sociétés hors Québec. « Les tarifs d’électricité des centres de données québécois de Cogeco et 4 Degrés sont les mêmes que ceux d’Amazon », mentionne son porte-parole Marc-Antoine Pouliot.

Si pour M. Pouliot, les centres de données sont aussi d’importants créateurs d’emplois, ce n’est pas l’avis de l’économiste en chef de Montréal International, Christian Bernard.

Selon lui, les retombées économiques des centres de données se font surtout sentir au moment de leur construction. C’est à ce moment précis, estime-t-il, que les fournisseurs québécois tirent profit de ces nouveaux bâtiments qui poussent dans le paysage.

Congé fiscal

Il n’y a pas que l’hydroélectricité qui intéresse Amazon chez nous. La multinationale s’est inscrite au Registre des lobbyistes pour avoir sa part du gâteau « d’incitatifs économiques sous forme de crédits ou de prêts ».

Le congé fiscal pour grands projets d’investissement l’attire également. Pour y avoir droit, une société doit investir un minimum de 100 millions $. Québec accorde un congé fiscal de 15 ans aux compagnies qui respectent les règles du programme.

Amazon veut aussi que le Conseil du trésor revoie son orientation et opte pour ses technologies infonuagiques (appelés clouds). Elle pourrait ainsi participer aux

futurs appels d’offres « à travers tous les ministères du gouvernement du Québec », peut-on lire dans le registre.