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Pas besoin d’être riche pour donner à un organisme

Lucille Grimard. Héritage à partager
Photo Marie-Ève Dumont Lucille Grimard. Héritage à partager

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Pas besoin de déshériter sa famille ou d’avoir une immense fortune pour faire un don à des organismes lors de son décès, stipulent des experts.

« C’est un peu tabou le don planifié. Il y a déjà une retenue au Québec envers le testament lui-même, c’est quelque chose de très personnel. Il y a des gens qui ne disent même pas ce qu’ils ont mis dans leur testament à leur conjoint », constate Lucille Grimard, fondatrice d’Héritage à partager, une organisation qui fait la promotion des dons lors du décès.

Ce type de don à des organismes qui est appelé « le don planifié », peut se faire de plusieurs façons, soit par le don testamentaire qui est le plus populaire, mais aussi par le don d’actions, d’assurance-vie ou autres.

Fausses croyances

« Je constate qu’au Québec on pense souvent que l’État s’occupe de tout, mais il y a de nombreux projets qui ne pourraient se réaliser si on se fiait seulement au gouvernement. On voit plus ce genre de dons dans la communauté anglophone, c’est sans doute qu’ils y sont plus sensibilisés », soutient Mme Grimard.

Les mentalités ont tendance à changer, mais il existe encore de fausses croyances au sujet du don planifié, insiste celle qui a travaillé pendant 30 ans pour une fondation avant de créer Héritage à partager.

Selon un sondage mené par l’organisation en 2011, 13 % des Québécois souhaiteraient faire un tel don alors que 5 % le font.

« Même chez les professionnels comme les notaires ou les planificateurs financiers, il y a encore de la réticence à en parler avec les clients », raconte Mme Grimard.

Parmi ces réticences, plusieurs pensent qu’il faut absolument avoir une fortune importante pour faire un don alors que bien des organismes se financent avec une série de petits montants.

Il est aussi possible de faire un don planifié sans ruiner ses héritiers.

« On peut donner 1 % de ses actifs totaux à une cause qui nous tient à cœur, ce qui ne fera pas une grosse différence pour la famille », cite en exemple la notaire fiscaliste Josée Lebreux.

Avantages fiscaux

Il y a également différents types de dons qu’il est possible de faire qui, selon la situation, peuvent même être bénéfiques pour les héritiers en procurant notamment des avantages fiscaux, insiste la spécialiste.

Pour ceux qui craignent que leurs sous durement gagnés ne soient destinés qu’à payer les frais administratifs de l’organisme, Mme Grimard suggère de rencontrer le ou les organismes qui nous tiennent à cœur et de connaître leurs besoins.

Ainsi, il sera possible d’inscrire spécifiquement dans le testament à quoi devra servir l’argent.