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Porter le lourd chapeau de la responsabilité

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Je suis une femme de 49 ans, bientôt 50, mère de deux enfants. Un fils de 15 ans et une fille qui en a 13. Mes deux enfants sont nés de mes deux premières relations qui se sont terminées par des ruptures initiées par moi-même. Des ruptures dramatiques, comme l’avaient été mes relations, marquées au sceau de l’alcool, de la toxicomanie et de la violence.

Mes enfants et moi traversons une passe très difficile parce que je viens de quitter un troisième compagnon pour abus physique envers ma fille. Autrement dit, encore une fois ils se voient privés d’un pôle d’équilibre masculin parce que leur mère ne sait pas choisir le bon compagnon. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je m’en veux, car je crois que cela déteint sur le comportement de mes enfants qui me manquent de respect et qui ne perdent pas une occasion de me frapper comme le faisaient leurs pères.

Dire que j’avais rêvé d’une vie de famille douillette et calme, moi qui avais vécu une enfance malheureuse dans une famille dysfonctionnelle. J’ai échoué sur tous les plans et je trouve ça tragique. La seule chose qui tienne dans ma vie, c’est ma carrière d’infirmière dans laquelle j’excelle, et la capacité que j’ai toujours eue de supporter financièrement notre vie en dépit de l’absence physique et monétaire des pères de mes enfants.

Ce qui m’amène à vous écrire, c’est que mes enfants sont tous deux menacés d’expulsion dans les institutions scolaires qu’ils fréquentent. Je suis face à un mur avec eux. Ils ne m’écoutent jamais, me contestent sans arrêt et me traitent comme si j’étais leur servante. Pas moyen de mettre les pères à contribution, je ne sais même pas où ils sont. Ma famille est inapte à me soutenir et à m’aider.

Heureusement que la DPJ, partie prenante au dossier, nous a assigné une travailleuse sociale pour faire un suivi. Mais en dehors des séances de thérapie avec une psychologue, les enfants continuent de me maltraiter comme si j’étais leur punching bag. Vous allez me dire que je mérite mon sort avec la vie familiale que je leur ai imposée, mais y’a quand même une limite! Je suis perdue.

Une mère à la dérive

À sa face même, votre situation et celle de vos enfants est inquiétante. Mais si vous preniez une chose à la fois, vous verriez qu’il y a certains aspects positifs sur lesquels vous pourriez tabler pour cesser de culpabiliser ainsi. Car pendant que vous culpabilisez vous ne vous occupez pas des choses importantes à faire avec vos enfants : soit de les éduquer au respect.

Comment vouliez-vous avoir en main les outils nécessaires pour bien jouer votre rôle d’éducatrice avec le genre d’enfance que vous me semblez avoir eue? On ne peut donner que ce qu’on a acquis ma chère. Mais en dépit de ce côté négatif il y en a un positif. Vous les avez toujours soutenus humainement et matériellement. Ce qui n’est pas rien.

Votre grande culpabilité par contre a certainement joué un rôle négatif dans leur formation. Comme vous les pensiez malheureux à cause de vous, vous avez certainement omis de leur mettre les limites dont ils auraient eu besoin pour se structurer. Comme dans un cercle vicieux, votre culpabilité vous a mené vers le gouffre dans lequel vous êtes présentement.

J’espère que vous aurez la franchise d’informer de tout cela la travailleuse sociale de la DPJ qui suit vos enfants. Il y aurait lieu également de réclamer une thérapie familiale pour pouvoir évoluer tous trois au même rythme. Rien n’est jamais définitif avec les enfants, pour peu qu’on leur donne l’aide nécessaire pour se redresser. Et cette aide vous est tout aussi nécessaire qu’à eux, vu que dans une famille, on est dans un processus de vases communicants. Bonne chance!