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Rire de soi-même

Rire de soi-même
Illustration Nathalie Samson

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Cette semaine, j’ai vécu un de ces moments où tu te regardes dans le miroir et tu réalises que t’es vraiment le roi des cons. Alors que je me rasais la tête avec mon clipper, j’ai remarqué que j’avais les poils de sourcils un peu longs. Je sais pas pourquoi, mais c’est le genre de chose qui m’énerve. Peut-être que ça me frustre d’avoir du poil qui me pousse partout (même sur les oreilles), sauf sur la tête.

La situation n’était pas critique. J’étais encore loin de pouvoir me faire des tresses dans les sourcils, mais quand ça m’énerve, ça m’énerve.

J’ai un petit peigne, dans ma trousse de tournée, qui sert justement à ça. Je l’appuie sur mes sourcils et je rase ce qui dépasse. Du grand art. Je fais ça depuis des années et chaque fois je me dis : « C’est sûr qu’un jour, je vais faire une gaffe et me raser le sourcil au complet. »

Tadam ! Ce jour est finalement arrivé. J’ai soulevé le peigne trop vite et vlan ! Un gros trou dans le sourcil ! Pas le sourcil au complet, mais assez pour que je fige devant le miroir en criant : « What the fu %@ ! »

On a tous déjà vécu ce genre de moment où on fige en se disant : « Est-ce que je viens vraiment de faire ça ? Est-ce que je viens d’amener ma stupidité à un autre niveau ? »

La calvitie du sourcil

En panique, j’ai commencé à peigner les poils qui me restaient par-dessus le trou apparent, un peu comme les hommes chauves faisaient dans les années 1970 pour cacher leur calvitie. Rien à faire !

Je me regardais dans le miroir, contemplant mon chef-d’œuvre, et je me disais qu’à 48 ans, c’est pas le meilleur moment pour me donner un look de rappeur des années 1990. À moins que Vanilla Ice fasse un comeback, je risque de me sentir seul.

Bon, c’est quoi les options ?

Je pourrais faire rire de moi en allant dans une clinique d’esthétique pour demander s’il est possible de me faire une greffe de sourcil. Mais je suis pas mal sûr qu’on me suggérerait simplement de camoufler le trou avec du crayon. Sauf que si je commence à me dessiner les sourcils, c’est tout mon style de vie qui va changer. Ça va me prendre une nouvelle garde-robe, de nouveaux amis. Trop de pression.

J’ai écrit ma mésaventure sur Facebook en posant la question évidente : ça prend combien de temps à repousser, un sourcil ? J’ai eu droit à 1000 réponses et suggestions, incluant des crèmes et des huiles. Tout ce qui manquait, c’était un rituel vaudou. Mais là, s’il faut que j’égorge un poulet, je vais me retrouver avec la SPCA sur le dos.

Le plus drôle dans tout ça, c’est que j’ai même fait les manchettes d’un site à potins. C’est pas des farces, je commençais à me dire que mon sourcil mériterait peut-être un spectacle-bénéfice avec tous les profits remis aux victimes d’accidents de clipper.

L’autodérision

Mais, malgré ma mésaventure, malgré le moment de panique où j’ai analysé toutes les solutions possibles à mon drame facial, je me souviens surtout du moment où je me suis regardé dans le miroir, stupéfait de ma maladresse. Je suis resté figé en silence quelques secondes, puis ce fut plus fort que moi, je suis parti à rire.

Comme quoi, on peut se couronner soi-même le roi des cons. À moitié nu dans ma salle de bain, le sourire aux lèvres, je me suis dit que je devrais rire plus souvent de mes conneries.