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Trump, Kim Jong-un et votre portefeuille

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Q: Faut-il tenir compte de la géopolitique avant d’investir ?

R: La lecture préférée de plusieurs investisseurs et boursicoteurs d’expérience, ce ne sont pas les pages financières, mais les nouvelles internationales ! Car tout portefeuille bien équilibré comporte une certaine diversification géographique qui tient compte du poids économique de l’Europe, de la Chine, du Japon et, bien sûr, des États-Unis.

Si la plupart des investisseurs misent sur ce qu’ils connaissent (les Québécois investissent massivement dans Couche-Tard, Bell ou Québecor ; les Français choisissent Total, Sanofi et Airbus ; les Américains, le Dow), le Canada représente la dixième économie mondiale en fonction du PIB. Imaginez les opportunités qui existent dans les neuf autres dixièmes ! Mais comment s’y retrouver dans un monde complexe et instable ? En faisant comme tout bon investisseur sérieux : on lit, on se documente. C’est ici que deux approches de recherche de titres se distinguent : top-down et bottom-up.

Le portrait global

L’investisseur top-down s’intéresse avant tout au portrait global de l’économie planétaire, d’un pays, d’un groupe de pays ou d’une industrie. Il cherche à comprendre les grandes tendances et à dégager les opportunités d’affaires qui s’y rattachent. Quelles seront les industries ou entreprises qui exploiteront le mieux leurs avantages dans un contexte de fluctuation de taux d’intérêt, de change, du prix du baril de pétrole, des commodités, de l’or, de ralentissement de l’économie de la Chine, des provocations entre Donald Trump et Kim Jong-un, de l’affrontement entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, du Brexit, etc.

Par exemple, certains investisseurs croient que le président Trump réussira à imposer sa réforme fiscale. C’est ce qui explique d’ailleurs une partie du mouvement haussier actuel de la Bourse américaine. Ils miseront donc davantage sur les actions américaines. Mieux : comme le taux de chômage est à un creux historique chez nos voisins du sud, ils sélectionneront des titres liés à l’industrie de la construction ou de l’habitation, comme Lowes, Owens Corning ou Masco.

Les adeptes du top-down ont une approche résolument macro-économique, alors que ceux du bottom-up s’intéressent avant tout aux attributs intrinsèques d’une entreprise. Celle-ci, peu importe son marché ou le contexte économique, saura tirer son épingle du jeu par sa santé financière et le talent de ses dirigeants. Certains investisseurs bottom-up surveillent avant tout la croissance régulière des revenus, d’autres privilégient le ratio cours/bénéfice.

À long terme

Personnellement, je préfère l’approche top-down d’un point de vue d’investissement à long terme, même s’il est difficile de prévoir le cours des affaires mondiales. Car certaines tendances géopolitiques affectent directement un portefeuille. Par exemple : si le prix du pétrole et des matières premières remonte (beaucoup y croient), et si la Banque du Canada maintient sa stratégie de hausse du taux d’escompte, cela pourrait précipiter un raffermissement du huard. Un portefeuille de titres américains devient alors beaucoup moins attrayant du point de vue du rendement. C’est un exemple parmi tant d’autres.


♦ Question à notre investisseur: Chaque semaine, je répondrai à des questions des lecteurs et lectrices qui souhaitent mieux investir ou éviter de perdre de l’argent. investisseurmasque@quebecormedia.com