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Des patrouilleurs du MTQ inquiets

Plusieurs collisions survenues en raison des automobilistes qui ne respectent pas le corridor de sécurité

Patrick de Rosa, chef d’équipe et patrouilleur de surveillance routière, déplore le manque de respect du corridor de sécurité. 
Photo Axel Marchand-Lamothe Patrick de Rosa, chef d’équipe et patrouilleur de surveillance routière, déplore le manque de respect du corridor de sécurité. 

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Un nombre anormalement élevé de collisions impliquant leurs véhicules depuis le début de l’hiver inquiète des patrouilleurs du MTQ qui appellent à un meilleur respect du corridor de sécurité par les automobilistes.

Seulement dans la région montréalaise, au moins cinq accidents impliquant des camions du ministère des Transports ont été répertoriés au cours des dernières semaines alors qu’ils assuraient la protection d’intervenants d’urgence. Heureusement, il n’y a pas eu de blessé.

Du jamais vu, selon Patrick de Rosa, patrouilleur depuis 18 ans.

« Le corridor de sécurité pourrait être mieux respecté, déplore le chef d’équipe pour la Rive-Nord de Montréal. Il y a beaucoup d’amélioration, mais on est encore loin du respect que l’on voit aux États-Unis, par exemple. »

Depuis le début de l’hiver, la Sûreté du Québec déplore également au moins trois incidents sur les réseaux autoroutiers causant des blessures mineures à certains policiers.

« Les automobilistes n’ont pas besoin de faire de freinages brusques et changer de voie à tout prix si la manœuvre n’est pas possible, rappelle Hugo Fournier de la SQ. Il faut avant tout ralentir pour assurer la sécurité des intervenants. »

Seulement dans la région métropolitaine, au moins cinq collisions impliquant des camions du ministère des Transports sont survenues depuis Noël.
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Seulement dans la région métropolitaine, au moins cinq collisions impliquant des camions du ministère des Transports sont survenues depuis Noël.

Métier risqué

Patrick de Rosa, comme ses collègues, est pleinement conscient des risques qu’il court lorsqu’il prend la route.

« Un surveillant qui n’a pas peur n’est pas à sa place. Il faut être au courant de son environnement. Il faut toujours se préparer à un impact », affirme-t-il.

En juin 2016, le Syndicat de la fonction publique du Québec avait d’ailleurs mené un sondage auprès des 160 patrouilleurs qu’il représente. Au total, 90 % d’entre eux considéraient que leur santé et leur sécurité étaient menacées.

« La trouille, c’est ce qui nous garde en vie », confie Patrick de Rosa.

Pour lui, c’est le décès d’un policier et d’un patrouilleur, en octobre 2002, à Laval qui lui rappelle constamment les dangers qui le guettent.

Récalcitrants

Peu d’automobilistes identifient correctement les surveillants routiers comme des véhicules d’urgence, selon les sondages menés par le MTQ depuis la mise en application de la Move Over Law en 2012.

Pourtant, rappelle Sarah Bensadoun, porte-parole du ministère, elle s’applique partout, que ce soit sur les autoroutes, les routes rurales ou les rues urbaines et à tous les véhicules d’urgence dont les gyrophares sont activés.

Selon M. de Rosa, les automobilistes récalcitrants se soucient peu du risque de contravention, qui va de 200 $ à 300 $ en plus de 4 points d’inaptitude.

« Et ils suivent souvent de trop près le véhicule qui les précède pour être en mesure de réagir lorsqu’ils nous aperçoivent dans les tempêtes », ajoute celui qui a lui-même vu son camion être percuté trois fois au cours des dernières années.

Le nerf de la guerre est donc d’être visibles lorsqu’ils s’immobilisent sur les voies rapides.

« Si on se fait frapper par un véhicule, il y a peu de chance que l’on gagne », conclut M. de Rosa.

données inquiétantes

  • 214 accidents ont impliqué des véhicules d’urgence immobilisés au bord de la route, au Québec, de 2009 à 2012.
  • 40 % des usagers de la route affirment toujours ne pas respecter le corridor de sécurité. En 2012, c’était 90 %.
  • 15 % des automobilistes identifient les surveillants routiers comme étant des véhicules d’urgence.

Sources : MTQ, SAAQ, APDQ