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Une histoire inventée ?

Une histoire inventée ?

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Je n’y ai pas cru dès que la fillette de Toronto a ouvert la bouche vendredi dernier.

Quand Khawlah Noman, 11 ans, s’est mise à raconter qu’un individu avait tenté à deux reprises, à dix minutes d’intervalle, de couper son hijab avec des ciseaux -  elle a aussi dit ‘couteau’ - alors qu’elle se rendait à l’école avec son petit frère, quelque chose ne tournait pas rond.

Primo, il est plutôt inusité que les médias soient convoqués à une conférence de presse quatre heures après le dépôt d'une plainte d'agression sur une enfant.

Secundo, vous trouvez ça normal qu’une mère parade sa fillette en larmes devant les médias quelques heures après cette agression armée ?

Tertio, les mineurs victimes de crimes ont droit à l'anonymat. Pourquoi a-t-elle été identifiée et montrée ?

C'était bizarre. Derrière elle, son jeune frère souriait et essayait d’être capté par la caméra. Sa mère avait le visage couvert, la grand-mère était impassible et une une porte-parole de la police de Toronto complétait le tableau.

En parlant de son agresseur, la fillette disait indifféremment ‘elle’ ou ‘il’ pour ‘le’ ou ‘la’ décrire même si son anglais était excellent.

Elle faisait pitié.

Circulez, rien à voir

Lundi, la police de Toronto a confirmé que l’agression n’a jamais eu lieu. Fake news comme dirait l’autre. J’avais vu juste. Une bonne chose en soi – personne ne souhaite à une fillette d’être attaquée, surtout pas pour un foulard - mais qui suscite néanmoins quelques interrogations.

La fillette a-t-elle imaginé l'événement ? A-t-elle voulu dissimiler une désobéisance ? Ou a-t-elle été embrigadée ? Si oui, par qui ? Et surtout, pourquoi ? Pour que le gouvernement accepte d’instaurer une Journée nationale contre l’islamophobie, comme me l’a suggéré un collègue ? Tout est possible quand on encourage la victimisation mais ce serait pathétique.

La police de Toronto ne va pas porter d’accusations. Contre la fillette, c’est normal, mais si des adultes ont monté ce stratagème, pourquoi échapperaient-ils à la justice ?

Inventer un crime, c’est criminel.  Mais il n’y aura pas d’enquête.

Même si cette nouvelle a fait le tour du monde, elle n’est pas assez importante aux yeux des autorités pour qu’on dise aux Canadiens ce qui s’est passé.

Une bien une triste histoire.