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Les psychiatres veulent limiter le THC dans le pot

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Les médecins psychiatres tirent la sonnette d’alarme: Québec doit limiter le pourcentage de THC dans le cannabis ou risque de légaliser une drogue dure qui augmente le risque de psychose.

«Les études sont très claires : plus la proportion de THC est élevée, plus la fréquence de consommation est élevée, plus le risque de psychose est là», a affirmé mercredi Dre Karine Igartua, présidente de l’Association des médecins psychiatres du Québec, en commission parlementaire lors de l’étude du projet de loi sur l’encadrement de la consommation du cannabis.

L’association recommande un taux maximum de THC de 15 % à 16 %. Elle ne souhaite plus interdire la consommation de cette drogue pour les 21 ans et moins, mais propose plutôt une nouvelle approche pour rallier tous les partis politiques : un taux réduit de 8 % de cette substance pour les 18 à 21 ans. Ne pas tracer de ligne serait irresponsable selon la Dre Igartua. « On pense rallier les différents partis politiques autour d’un projet : protéger la jeunesse sans trop brimer les libertés personnelles », a-t-elle indiqué.

«Les parents doivent comprendre quelque chose. Le cannabis d’aujourd’hui n’est plus le cannabis qu’ils ont fumé quand ils avaient 15 ans. Il y a une tendance à banaliser, certains parents disent : "j’ai fumé du pot quand j’étais jeune et ce n’était pas grave". Mais ce qu’ils ont fumé, c‘était du 4%, ce n’était pas du 12%, ni du 30%», a lancé Mme Igartua lors d’un point de presse à la suite de sa présentation.

En 1995, le taux de THC dans le pot saisi sur le marché noir américain était de 4 %, contre 12 % en 2012, a-t-elle soutenu. Aux Pays-Bas et au Colorado, où le cannabis a été légalisé sans limites de THC, on peut trouver de la drogue avec un taux supérieur à 30 %.

«Le gouvernement néerlandais avait légiféré sur une drogue douce. Ils se rendent maintenant compte que le cannabis n’est plus une drogue douce, mais une drogue dure» a-t-elle laissé tomber.

Elle demande aussi au gouvernement d’investir des sommes dans la recherche sur le cannabis et envisage qu’un jour, il faudra fixer un pourcentage minimum de CBD, une substance antipsychotique qui se retrouve dans le cannabis, pour limiter les effets nocifs du THC. « La science n’est pas encore rendue là, c’est pourquoi il faut investir en recherche », a-t-elle noté.