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Le duo Cooke-Sasseville: plus audacieux

Le tas de merde autour duquel tournent deux coqs au look branché attire l’attention.
Photo Simon Clark Le tas de merde autour duquel tournent deux coqs au look branché attire l’attention.

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Reconnu pour ses œuvres d’art public, dont La Rencontre, ces fameux cerfs qui magnifient la place Jean-Béliveau du Centre Vidéotron, et la fameuse boîte de soupe Campbell dans le Vieux-Québec, le duo Cooke-Sasseville revient en galerie encore plus audacieux.

Une exposition NORMALE comprend cinq nouvelles œuvres sculpturales de ce duo d’artistes les plus en vue à Québec, présentées de manière théâtrale, qui marquent l’imaginaire et qui font rire autant que réfléchir.

N’ayant pas exposé en solo à Québec depuis 2011, Cooke-Sasseville se permet d’être un tantinet plus choquant et audacieux qu’à l’extérieur, et réussit à semer le doute dans l’esprit du visiteur.

« On a plus de finesse en public, soutient Pierre Sasseville. C’est un lieu où les œuvres sont imposées, et on n’est pas là pour créer des scandales à chaque fois. Mais en galerie, on va se permettre un peu plus. L’humour sera plus acerbe. »

Battre les cieux, une œuvre qui remet en question la religion.
Photo Simon Clark
Battre les cieux, une œuvre qui remet en question la religion.

Ours, coq et religion

Les œuvres paradoxales questionnent une fois de plus nos croyances, nos comportements, tout en s’immisçant brillamment dans le monde animalier.

La première des cinq œuvres est une « version plus noire » de La Rencontre, avec ses six derrières de cerfs, intitulée La tranchée.

La seconde œuvre que le visiteur rencontre, La ponte, est probablement la plus particulière de l’exposition. Deux coqs au look branché tournent autour d’un tas de merde, dont le réalisme est drôlement saisissant. Ils sont équipés pour « marcher dans des situations où il y a possibilité de se salir, disons ».

 L’œuvre La tranchée est une « version plus noire » de La Rencontre, œuvre installée à l’extérieur du Centre Vidéotron. 
Photo Simon Clark
 L’œuvre La tranchée est une « version plus noire » de La Rencontre, œuvre installée à l’extérieur du Centre Vidéotron. 

Dans Le banquet, une maman ourse et ses petits (de vrais animaux naturalisés, tout comme les coqs) se tiennent près d’une poubelle blanche de sept pieds de haut, telle une colonne grecque.

« Ça revient un peu à l’idée d’inaccessibilité de la canne de soupe Campbell, avec les pigeons. C’est la même idée qu’on a ici en allongeant la poubelle », raconte Sasseville.

Pour l’anecdote, il s’agit d’ours empaillés qui datent d’une cinquantaine d’années. « Ce sont de très vieilles pièces. »

Peut-être que la dernière œuvre de l’exposition, Battre les cieux, sera considérée comme « blasphématoire », laisse tomber Pierre Sasseville. Il s’agit d’une église, la façade de l’École de cirque de Limoilou, au-dessus de laquelle se trouvent deux batteurs. « Moi, je ne le vois pas comme blasphématoire. On peut le voir comme un questionnement sur la religion, les croyances, la foi », dit-il.

L’exposition se déroule jusqu’au 25 février à la Galerie 3, située au 247, rue Saint-Vallier Est, à Québec.