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Un avocat doit aussi livrer des chandelles

Il a été déclaré coupable d’entrave à la justice

Francis Boucher
Photo d’archives, Chantal Poirier Dimitrios Strapatsas, coupable

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Un avocat coupable d’avoir aidé un meurtrier à divulguer l’identité d’un délateur risque non seulement 18 mois de prison, mais il doit maintenant livrer des chandelles pour joindre les deux bouts.

« Il part de haut... Il se ramasse à travailler dans un entrepôt, et comme livreur. L’accusation a eu un impact dévastateur sur sa carrière », a lancé hier l’avocat

Nicholas St-Jacques, tout en demandant au tribunal que son client évite la prison.

Dimitrios Strapatsas, 44 ans, a vu sa carrière se terminer abruptement après avoir été reconnu coupable d’entrave à la justice pour avoir aidé le meurtrier John Boulachanis au printemps 2015.

À l’époque, Boulachanis était détenu en attente de son procès, mais il voulait mettre en ligne la déclaration d’un délateur dans son dossier.

« Boulachanis aimerait voir [le délateur] disparaître », a affirmé un codétenu lors du procès de Strapatsas.

Intimidation

Ce dernier avait alors servi d’intermédiaire, en payant 200 $ à une femme pour qu’elle mette la déclaration en ligne, ce qui lui a valu d’être déclaré coupable d’entrave à la justice.

« On parle d’intimidation d’un témoin clé dans un procès pour meurtre. [Strapatsas] a fait un geste réfléchi et prémédité, a plaidé la procureure Jennifer Morin. Quand un avocat fait délibérément [ce genre] d’action, c’est tout le système de justice qui est ébranlé. »

Pour la procureure, Strapatsas doit aller en prison. Elle suggère une peine de 18 mois de prison. Car en tant qu’avocat, il connaissait très bien les conséquences de son geste, a-t-elle ajouté.

La défense, de son côté, ne croit pas que la prison soit utile. Le risque de récidive est nul, puisque Strapatsas a été suspendu du Barreau, a plaidé son avocat qui recommande 240 heures de travaux communautaires.

Me St-Jacques a rappelé que Strapatsas s’impliquait dans la communauté grecque de Montréal et qu’il s’occupait de sa mère.

Le nouveau patron de Strapatsas a d’ailleurs eu des bons mots pour son nouvel employé.

Le juge Marc-André Dagenais rendra sa sentence dans trois semaines, au palais de justice de Montréal.