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Plus tordus que jamais

Vincent Léonard et Sébastien Dubé forment le duo Les Denis Drolet depuis 18 ans.
Photo Agence QMI, Dario Ayala Vincent Léonard et Sébastien Dubé forment le duo Les Denis Drolet depuis 18 ans.

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Après 18 ans en duo, Les Denis Drolet lancent le spectacle qu’ils ont toujours rêvé de faire. Avec En attendant le beau temps, Vincent Léonard et Sébastien Dubé vont plus loin que jamais dans leur folie absurde. « On se fait plaisir et c’est le délire dans la salle », dit Sébastien, alias le Denis barbu.

C’est en constatant les divers problèmes dans la société que Les Denis Drolet ont trouvé le thème de leur nouveau spectacle. « Il y a un an et demi, on remarquait que tout se mettait à aller mal au niveau politique, social et culturel, dit Vincent Léonard, alias le Denis à palettes. On s’est dit que c’était le meilleur moment pour arriver. L’humour absurde, quand il y a une impasse au niveau de la société, ç’a tout son sens. »

Déjà en rodage depuis quelques mois, le duo n’avait toutefois pas prévu qu’un ouragan de dénonciations d’ordre sexuel allait secouer la population, l’automne dernier. « On avait peur, car il y a quelques blagues un peu dures sur le spectacle, dit Sébastien, entre autres dans le numéro où l’on fait la différence hommes-femmes. [...]

Denis barbu est plus misogyne que jamais. Il y a des “calls” dans le spectacle où, en ce moment, on serait supposé avoir une réaction épouvantable. Mais non, il y a une réaction du public qui nous dit que nous pouvons aller là. »

Pas de limite

« Ça nous a pris 18 ans pour arriver à faire ça, ajoute Vincent. Denis barbu peut crier que les femmes sont des “esties de connes”, à la manière de Plume. On s’en attend, on a le goût de ça. Le langage, il n’y a pas de limite. C’est assumé dans le tapis. »

« En même temps, il y a un calcul au niveau des personnages, ajoute Vincent. Mon personnage [de Denis à palettes], ça ne passerait pas bien. Même si on est Les Denis Drolet, si je tombe misogyne et méchant sur scène, le monde n’aime pas ça du tout. J’ai comme une espèce de candeur, de naïveté. C’est un peu malsain comme personnage, mais il n’est pas méchant. »

Ainsi, dans ce nouveau spectacle, les deux humoristes n’ont ajusté aucun texte à la suite des différents scandales de l’automne dernier. Le duo a toutefois choisi d’enlever une blague raciste, qui faisait sourciller son équipe. « C’était une blague sur les Noirs, dit Sébastien. Notre entourage nous a dit qu’on était sur la limite. En fait, elle n’était juste pas assez bonne, un peu trop facile. »

Exit les personnages

La tendance en humour veut que l’on assiste à un retour au stand-up et que l’on mette les personnages de côté. Les Denis Drolet n’y font pas exception. Mis à part leurs personnages de Denis barbu et de Denis à palettes, Sébastien Dubé et Vincent Léonard ont décidé de mettre sur le banc leur célèbre acolyte Just-to-buy-my-love.

« C’est un personnage qui avait ses limites artistiquement, dit Sébastien. S’il avait été dans ce show-là, on aurait tué le personnage. On n’a pas le goût qu’il meure. On veut qu’il revienne dans le bon projet. »

Le duo a aussi laissé de côté ses personnages de Monsieur Chartier, Les Sylvain et autres cocasseries. « Ce n’est que nous deux, en stand-up, durant 1 h 25 sans entracte, dit Vincent. C’est très chargé en émotion. »

Nouvelles chansons

Après un an de rodage, les deux comiques ont fait appel à leur ami Pierre-François Legendre pour les aider avec la mise en scène. Le comédien avait travaillé sur le spectacle précédent du duo, Comme du monde.

« Le dernier spectacle était presque du théâtre d’été, dit Vincent. Là, on voulait que ce soit moins chargé, moins agressant. [...] C’est un show où nos fans vont capoter. Et ceux qui ne nous aiment pas, il n’y a rien à aller chercher là ! »

En attendant le beau temps marque aussi le retour à la chanson pour les Denis, qui offrent quatre ou cinq nouvelles pièces dans le spectacle. « On est dans le Fiori-Séguin sur l’acide, dit Vincent. On aimerait ça sortir les chansons en vinyle, avec une pochette d’arc-en-ciel à l’envers. »


Les Denis Drolet présenteront leur quatrième spectacle, En attendant le beau temps, les 30 et 31 janvier, au Monument-National de Montréal. Ils seront aussi au Grand Théâtre de Québec le 21 février. Pour toutes les dates : www.lesdenisdrolet.com.