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Étudier en marchant et en pédalant au cégep

Vélos et tapis roulants avec pupitre sont à la disposition des étudiants et des employés

tapis roulant pupitre
Photo Simon Clark Les tapis roulants et les vélos avec pupitre installés dans les espaces communs du cégep Lévis-Lauzon ont pour but de faire bouger les étudiants et les employés, comme le démontrent les jeunes Laurence Miville-Rioux et Philippe Voyer.

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Le cégep Lévis-Lauzon s’attaque à la sédentarité de ses étudiants et des employés en se dotant de vélos et de tapis roulants avec pupitre, ce qui pourrait être une première dans le réseau collégial.

Chaque matin, Aurélie Pappalardo répond à ses courriels en... marchant. Cette adjointe à la direction commence ses journées de travail en utilisant un tapis roulant muni d’une table pendant au moins 30 minutes.

« Ça permet d’intégrer l’activité physique en travaillant et ça nous aide vraiment à réfléchir », dit-elle. D’autres employés ont l’habitude de passer trois heures sur le tapis roulant tout en travaillant, et ce de deux à trois fois par semaine.

Depuis l’automne, des vélos et des tapis roulants avec pupitre sont disponibles en libre-service à la bibliothèque, dans les corridors et dans d’autres espaces communs du cégep Lévis-Lauzon. On en comptera bientôt une quinzaine, un nombre qui pourrait augmenter s’ils font leurs preuves. La direction du cégep étudie aussi la possibilité d’en installer dans les classes afin de les intégrer à l’enseignement.

Ces « bureaux actifs » font partie d’une initiative plus large visant à contrer la sédentarité. Au cégep Lévis-Lauzon, plusieurs réunions se déroulent en marchant (voir autre article) et les employés sont incités à bouger pendant leurs pauses.

Depuis le début de la session d’hiver, les étudiants et les employés peuvent aussi utiliser gratuitement les installations sportives du cégep, une initiative unique dans la région.

La chaise pire que le tabac

De nombreuses études ont montré que la sédentarité a des effets néfastes sur la santé, rappelle Isabelle Fortier, la directrice générale du cégep Lévis-Lauzon. « Rester assis, c’est pire que le tabac, lance-t-elle. On a voulu s’attaquer à ça en mettant en place plusieurs moyens. »

Par cette offensive, la direction du cégep espère aussi améliorer la réussite des étudiants et la productivité des employés puisque des recherches ont montré que l’activité physique stimule les capacités cognitives.

« C’est aussi une façon de réduire le stress et l’anxiété chez nos étudiants et d’améliorer le bien-être de nos employés », ajoute Mme Fortier.

Certaines mesures ont été mises en place sans débourser un sou, mais d’autres ont un coût : environ 2300 $ pour un tapis roulant avec pupitre et 1650 $ pour un vélo-pupitre. « Il nous semble assez évident que c’est un investissement plutôt qu’une dépense. Rien que chez les employés, si on évite un seul congé de maladie, on rentabilise la mesure », affirme Mme Fortier.

D’autres bienfaits associés au travail actif sont par ailleurs difficilement quantifiables, ajoute-t-elle, comme l’augmentation de la concentration. Une étude réalisée par HEC Montréal a montré que « les bureaux actifs » stimulent aussi la mémoire des travailleurs.

tapis roulant pupitre
Photo Simon Clark

Une première au Québec ?

Les vélos-pupitres sont de plus en plus répandus dans le réseau scolaire, mais le cégep Lévis-Lauzon serait le seul collège de la province à s’en être doté, ainsi que des tapis roulants avec pupitre.

À la Fédération des cégeps, aucune initiative similaire n’a été rapportée. « Ça suscite énormément d’intérêt », affirme Isabelle Fortier.

Au cégep Lévis-Lauzon

  • 2800 étudiants
  • 400 employés

Faire des réunions en marchant

tapis roulant pupitre
Photo Simon Clark

 

Plusieurs équipes d’employés du cégep Lévis-Lauzon font leurs réunions de travail en arpentant les corridors de l’établissement ou marchant à l’extérieur.

C’est le cas de Diane Martin et de Katia Chandonnet-Morin, du service des ressources humaines, qui font partie des cinq employés qui participent au moins une fois toutes les deux semaines à la « réunion de la paye », qui se déroule en marchant pendant au moins une heure. « On a le temps de faire trois fois le tour du cégep ! » lance Mme Chandonnet-Morin.

« Dans notre bulle »

Même avec des dossiers en main qui risquent de partir au vent, il est possible de faire des réunions de travail très efficaces tout en étant en mouvement, assure-t-elle. « On oublie ce qui se passe autour, on est vraiment dans notre bulle », ajoute sa collègue, Mme Martin.

L’adjointe à la direction Aurélie Pappalardo abonde dans le même sens. « Je trouve que ça favorise la concentration, parfois même plus que dans une salle fermée », dit-elle.

Marcher lors d’une réunion entre collègues change aussi la dynamique de la rencontre, ajoute-t-elle.

« Ça enlève la position en vis-à-vis qu’on a lorsqu’on est à la table, qui pourrait être une position de confrontation. En marchant côte à côte, ça [abolit] la hiérarchie, ça met en confiance l’employé et ça nous permet d’avancer dans nos dossiers. Au début, certains employés sont plus ou moins à l’aise, mais, après, tous sont d’accord pour le faire. »

Véritable plaisir

Avec la météo clémente de l’automne dernier, les réunions sous le soleil représentaient un véritable plaisir, ajoute Mme Chandonnet-Morin. « On sortait avec nos lunettes de soleil et on revenait bronzé », dit-elle en riant.

Depuis le début de l’hiver, les températures glaciales ont convaincu son équipe de troquer le grand air pour les corridors du cégep.