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Trop d’échecs pour poursuivre ses études : un cégépien en difficulté dénonce les règles

Charles McKenna a appris récemment qu’il ne pourra y poursuivre ses études, puisqu’il a été suspendu pour la session d’hiver 2018 à la suite d’un trop grand nombre d’échecs.
Photo d'archives Daniel Mallard Charles McKenna a appris récemment qu’il ne pourra y poursuivre ses études, puisqu’il a été suspendu pour la session d’hiver 2018 à la suite d’un trop grand nombre d’échecs.

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Un étudiant avec de multiples troubles d’apprentissage dénonce la réglementation en place qui l’empêche de poursuivre ses études au cégep à la suite de nombreux échecs.

Charles McKenna a réussi à obtenir son diplôme d’études secondaires malgré une dysphasie sévère, associée à une apraxie et une dyspraxie. Il est inscrit depuis l’hiver dernier en technique de gestion des communications graphiques au cégep Beauce-Appalaches.

Il a toutefois appris récemment qu’il ne pourra y poursuivre ses études puisqu’il a été suspendu pour la session d’hiver 2018 à la suite d’un trop grand nombre d’échecs. Lors de la dernière session, l’étudiant a échoué trois cours sur cinq.

Or selon les règles en place au cégep Beauce-Appalaches, qui sont semblables à celles en vigueur dans d’autres collèges, un élève est suspendu pour une session s’il échoue à plus de 50 % de ses cours pendant deux sessions successives.

Le jeune homme de 18 ans déplore la situation et estime que ce règlement est « mal adapté » à des étudiants à besoins particuliers comme lui, dont le nombre a considérablement augmenté au cours des dernières années dans le réseau collégial.

« Je suis motivé, je veux poursuivre mes études, mais je ne comprends pas comment ça va m’aider de me suspendre pendant une session », lance Charles.

Sa mère, Catherine Thabet, estime que ce règlement est « complètement stupide ». « On ne pénalise pas quelqu’un qui veut réussir même s’il a plus de difficulté », lance-t-elle. Charles n’a manqué aucun cours, s’est plié à toutes les exigences du cégep et travaille fort à la maison avec l’aide d’une enseignante privée, ajoute Mme Thabet.

« Totalement inapproprié »

De son côté, Jean-François Roberge, député de la Coalition avenir Québec, considère aussi que ce règlement est « totalement inapproprié » dans ce contexte. « J’ai l’impression qu’on applique une sanction disciplinaire pour une raison académique », lance-t-il.

Il s’agit d’une mesure administrative « tout à fait correcte » pour des étudiants qui ne prennent pas leurs études au sérieux, tout le contraire de Charles qui est même une source « d’inspiration » pour d’autres jeunes qui ont les mêmes difficultés, ajoute M. Roberge.

Les mêmes règles pour tous

À la direction des études du cégep Beauce-Appalaches, Sylvie Rancourt affirme toutefois que le règlement doit s’appliquer à tous les étudiants, peu importe les handicaps ou le niveau d’efforts investis. Même si toutes les mesures d’aide ont été mises en place, « la réussite appartient à l’étudiant, et non au cégep ou aux parents », dit-elle.

« Il faut que l’étudiant comprenne qu’il peut y avoir des conséquences à l’échec, ajoute Mme Rancourt. Ça lui permet de cheminer personnellement, qu’il se demande si c’est le bon programme pour lui, s’il a la capacité de réussir au collégial. Ces questions-là doivent se poser. »

Au ministère de l’Éducation, on précise que les cégeps ont l’obligation de se doter de tels règlements qui prévoient « des limites au niveau du nombre de cours échoués afin d’orienter les étudiants en difficulté vers les services aux étudiants pour obtenir de l’aide dans leur cheminement ».