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Le meurtrier schizophrène retrouvé par la police, la famille de la victime sous le choc

Meurtrier en cavale
PHOTO FOURNIE PAR LA S�RET� DU QU�BEC

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Un meurtrier schizophrène a réussi à s’évader de l’Institut Philippe-Pinel lundi lors d’une sortie sans surveillance et la mère de sa victime a peine à croire que le système ait accordé sa confiance en l’homme qui a «charcuté son fils» en le poignardant à 91 reprises il y a sept ans.

«Je ne comprenais déjà pas le verdict de non-responsabilité criminelle, je comprends encore moins le fait qu’on l’ait laissé sortir de son centre sans supervision, alors qu’il est clairement une menace pour la société», a confié Jennifer Johnson, la mère de Brian Bougie, assassiné sordidement dans son appartement de Pointe-Claire en janvier 2011.

Jennifer Johnson, 66 ans, ne s’est jamais remise du meurtre de son fils Brian Bougie et y pense encore chaque jour.
Photo Frédérique Giguère
Jennifer Johnson, 66 ans, ne s’est jamais remise du meurtre de son fils Brian Bougie et y pense encore chaque jour.

 

La femme de 66 ans a été rencontrée mardi soir par Le Journal, alors que l’assassin de son fils était toujours en cavale. Sean Brennan, 29 ans, a finalement été retrouvé mercredi matin à LaSalle.

Des agents du SPVM qui patrouillaient le secteur l’ont reconnu et arrêté alors qu’il marchait sur le boulevard Newman, non loin du boulevard Shevchenko. Brennan n’a pas résisté à son arrestation. Il pourrait faire face à des accusations pour s’être évadé d’une garde légale.

En cavale

Il y a sept ans, lors d’un épisode de psychose, le meurtrier s’est imaginé être dans Le show Truman et a cru que la télévision lui avait ordonné de tuer Brian Bougie, 41 ans. Ce dernier l’avait pris sous son aile temporairement par pure gentillesse.

Brian Bougie
Photo courtoisie
Brian Bougie

 

Un an plus tard, la défense et la Couronne se sont entendues pour le reconnaître non criminellement responsable de ses gestes pour cause de troubles mentaux.

Lundi après-midi, il a reçu un droit de sortie sans accompagnateur de l’Institut Philippe-Pinel, à Montréal. Il devait se rendre à un coin de rue du centre et revenir peu de temps après, mais il n’a pas tenu parole.

«Si ce patient ne prend pas sa médication, il peut devenir dangereux», a indiqué Julie Benjamin, porte-parole de l’hôpital psychiatrique.

La Sûreté du Québec a émis un avis de recherche hier après-midi, en indiquant que Brennan pouvait être un danger contre lui-même.

«Pardon ? Le même gars qui a planté un couteau dans l’œil de mon fils est maintenant en cavale ?», a lancé Mme Johnson, sous le choc, lorsque Le Journal lui a appris la nouvelle hier soir.

Un risque important

En juillet, une décision du Tribunal administratif du Québec avait conclu que Brennan était un risque important pour la sécurité du public et avait permis des sorties accompagnées seulement. Ce sont les dernières nouvelles que Mme Johnson a reçues dans le dossier.

Or, même si la femme fait tout en son possible pour demeurer au courant du processus judiciaire, elle ignorait que le fugitif avait désormais le droit de sortir sans escorte.

«J’ai encore des flash-back du La-Z-Boy de mon fils couvert de sang dans son appartement et un juge a décidé que cette même personne pouvait sortir seule, a dit Mme Johnson. Ça me rend furieuse, je ne comprends pas.»

Ce n’est pas la première fois que Sean Brennan contrevient aux règlements depuis son placement. Il a poignardé un autre patient en 2013 et a fugué pendant 10 jours en 2016.

- Avec la collaboration de Michaël Nguyen et Antoine Lacroix