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L’après-chirurgie bariatrique

L’après-chirurgie bariatrique
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Selon les données 2016 fournies par Statistique Canada, au pays, près de 40 % de la population présente un surpoids et un peu plus du quart souffre d’obésité. Certains, découragés de ne pas perdre du poids de façon durable, se tournent vers la chirurgie bariatrique. Toutefois, il ne s’agit pas d’une solution miracle

L’ABC de la chirurgie bariatrique !

Dr Pierre Garneau, chirurgien bariatrique
 et chef de chirurgie générale à l’Hôpital 
du Sacré-Cœur de Montréal.
Photo CHANTAL POIRIER
Dr Pierre Garneau, chirurgien bariatrique et chef de chirurgie générale à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

 

Globalement, la chirurgie bariatrique consiste en une réduction du volume de l’estomac. Beaucoup moins invasive qu’il y a quelques années, les chirurgiens pratiquent actuellement la chirurgie bariatrique via laparoscopie. On distingue quatre types de chirurgies bariatriques. Deux chirurgies sont restrictives, car elles limitent la quantité de nourriture qui peut être ingérée : la gastrectomie verticale et l’anneau gastrique ajustable (bande gastrique). Les deux autres types de chirurgies, en plus d’être restrictives favorisent la malabsorption des nutriments, donc des calories : la dérivation gastrique (by-pass) et la dérivation bilio-pancréatique. Comme toute chirurgie, il y a des risques (saignement, fuite, reflux gastro-œsophagien, ulcère, occlusion, etc.).

La gastrectomie verticale, couramment appelée sleeve, est la procédure la plus populaire. Efficace, elle occasionne peu de complications et présente une très bonne acceptabilité de la part des patients et des chirurgiens.

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Le saviez-vous ?

  • Dans la province, la chirurgie bariatrique est pratiquée dans 17 établissements publics.
  • En 2016-2017 (1er avril 2016 au 31 mars 2017), 3466 chirurgies bariatriques ont été réalisées au Québec, comparativement à moins de 500 en 2002-2003.
  • En date du 9 décembre 2017, il y avait 2295 personnes en attente d’une chirurgie bariatrique au Québec.

Source : Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec

Après la chirurgie : Les stratégies alimentaires

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L’intervention chirurgicale impose des changements alimentaires majeurs. L’estomac devenu beaucoup plus petit, soit d’une capacité d’environ 60 ml à 125 ml, il sera impératif de bien gérer la consommation d’aliments. La gestion de l’appétit sera donc contrôlée par la prise de plusieurs petits repas/collations riches en protéines. Chaque aliment consommé devra être nutritif, car chaque bouchée compte ! Un aliment qui apporte ce que l’on appelle des calories vides prendra directement la place d’aliments sains. Les risques de dénutrition seront ainsi plus élevés.

Dans les deux semaines qui suivront l’intervention, le patient devra se restreindre à une alimentation adaptée, allant de la diète liquide stricte à une diète constituée d’aliments ayant une texture hachée molle. L’alimentation dite normale (constituée des 4 groupes du Guide alimentaire canadien) pourra être mise en place environ 5 à 6 semaines après l’opération, selon la tolérance de chacun.

À ce stade, une attention particulière devra être portée à l’alimentation :

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  • Manger lentement et attablé, sans distraction (téléviseur, ordinateur, etc.) ;
  • Prendre de petites bouchées ;
  • Opter pour 3 petits repas et 2 à 3 collations de façon quotidienne ;
  • Bien mastiquer les aliments pour éviter les blocages ;
  • Utiliser des petites assiettes lors des repas ;
  • Arrêter de manger dès que l’on se sent rassasié ;
  • Prendre les liquides (incluant les soupes, bouillons) entre les repas ;
  • Boire régulièrement de l’eau en petite quantité, tout au long de la journée ;
  • Limiter les boissons sucrées ou autres aliments transformés et riches en gras et en sel ;
  • Éviter les boissons gazeuses ou autres boissons pétillantes qui peuvent contribuer à élargir l’estomac ;
  • Boire à la paille ou mâcher de la gomme peut combler inutilement l’estomac.
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Chirurgie bariatrique : panacée contre l’obésité ?

Selon Pierre Garneau, chirurgien bariatrique et chef de chirurgie générale à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, 100 % des patients qui subissent une chirurgie bariatrique perdent du poids. Ce faisant, elle permet aussi l’amélioration de l’état de santé du patient. Une réduction du taux de cholestérol sanguin, la régularisation de la pression artérielle, la normalisation de la glycémie et la guérison de l’apnée du sommeil ne sont que quelques-uns des bénéfices associés à la perte de poids significative post-chirurgie.

Mais qu’en est-il des résultats obtenus suite à l’intervention ?

Encadrer le patient

« Une chirurgie est considérée comme un succès lorsque le patient perd plus de 50 % du surpoids accumulé. La plupart des opérations amènent des pertes de poids de l’ordre de 60 à 70 % de l’excès de poids durant la première année. La perte de poids ralentit ensuite significativement d’où l’importance de bien encadrer ses patients après la chirurgie », précise le Dr Pierre Garneau. « À long terme, la plupart des patients maintiendront une perte de poids de plus de 50 % de leur excès de poids », ajoute le Dr Garneau.

La formule gagnante ? Des changements d’habitudes de vie sont inévitables ! Apprendre à bien manger, cuisiner davantage, changer sa relation avec les aliments, apprendre à reconnaître ses signaux de faim et de satiété et bouger régulièrement font notamment partie de la solution à long terme. Retourner aux anciennes habitudes de vie ne peut qu’induire une reprise de poids, même après une telle chirurgie.