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Mgr André Rivest quitte serein

Il laissera sa place à la tête de l’église régionale le 2 février prochain

Mgr Rivest laissera sa place comme évêque du diocèse de Chicoutimi le 2 février prochain.
Photo Stéphane Bouchard Mgr Rivest laissera sa place comme évêque du diocèse de Chicoutimi le 2 février prochain.

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Bien que l’Église catholique du Saguenay–Lac-Saint-Jean doive faire face à de nombreux défis, Mgr André Rivest, celui qui a été à sa tête pendant les 14 dernières années, quitte avec le sentiment du devoir accompli.

Par une froide journée de tempête, Mgr André Rivest a accueilli Le Journal dans son bureau de l’évêché surplombant la rue Racine et le fjord du Saguenay pour faire le bilan de son mandat. Très serein, il s’apprête à laisser sa place à René Guay, qui sera ordonné évêque du diocèse de Chicoutimi vendredi.

« Je quitte conscient d’avoir fait mon possible. Il n’y a rien de parfait, tout est perfectible. Je quitte en ayant réalisé en grande partie mes objectifs », résume celui qui occupe le poste d’évêque du diocèse de Chicoutimi depuis 2004.

DÉFIS

Pendant son mandat, Mgr Rivest a eu à amorcer un virage au sein de l’Église catholique régionale, alors que les croyants désertent les églises. « Je suis en train de vider mes classeurs et je prépare des dossiers majeurs », indique Mgr Rivest.

« Le plus grand défi, si je résume, va être celui de la transmission de la foi. Au Québec, il ne faut plus transmettre la foi uniquement aux enfants. Il faut la transmettre aux adultes, et même aux grands-parents », continue-t-il.

Le paysage a beaucoup changé. L’Église a assisté à la sécularisation des institutions québécoises, la dernière en date étant l’école primaire et secondaire.

« La société s’est déchristianisée. On a perdu notre culture religieuse. Demandez qu’est-ce qu’un évêque à un jeune de 25 ans et vous allez avoir toutes sortes de réponses », illustre Mgr Rivest.

FAIRE ÉGLISE AUTREMENT

Une des solutions envisagées pour rejoindre un plus grand nombre de fidèles est de « faire église autrement ».

Par là, Mgr Rivest entend d’être présent dans les paroisses, et non pas seulement dans les églises.

Si chaque fermeture ou vente d’église se fait toujours avec un pincement dans le cœur des paroissiens, les données de fréquentation ne militent pas en faveur des quelque 85 églises présentes dans la région.

« Il y a environ 5 % des baptisés qui nourrissent leur foi par la pratique religieuse », précise Mgr Rivest en ajoutant que ces bâtisses sont surtout utilisées pour les étapes importantes de la vie, comme les baptêmes et les mariages.

À l’avenir, la pratique de la religion devra se faire d’une nouvelle manière et l’Église devra aller à la rencontre de ses fidèles. Mgr Rivest cite pour illustrer son propos un service de messe qu’il avait donné dans une remorque, devant la Consol à La Baie après sa fermeture.

« 500 travailleurs et leur famille qui sont privés de leur gagne-pain, l’Église ne doit pas rester indifférente à [des événements comme] ça », pense-t-il.

Dates importantes

  • Né le 28 avril 1942, à Repentigny.
  • Ordonné prêtre le 14 mai 1966 à Montréal.
  • Nommé évêque par le pape Jean-Paul II le 27 juin 1995.
  • Devient le 8e évêque du diocèse de Chicoutimi le 19 juin 2004.
  • Il prendra sa retraite le 2 février prochain.