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Un an après l'attentat: un vibrant plaidoyer pour le vivre-ensemble

Des gens de diverses confessions réunis un an après la tuerie de la mosquée

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De toutes les confessions, ils étaient des centaines, dimanche soir, au Pavillon de la Jeunesse, à Expo-Cité, afin d’offrir un vibrant hommage aux disparus de la tuerie de Québec et dénoncer la haine pour cultiver le vivre-ensemble.

« On pense à ces pères de famille, à ces citoyens modèles engagés dans leur société qu’on a perdus par un acte terroriste et lâche. Nous sommes rassemblés pour dire haut et fort que plus jamais un citoyen, quelle que soit son obédience, ne soit attaqué ou stigmatisé à cause de sa croyance, de sa race ou de la couleur de sa peau », a affirmé au micro Mohammed El Hafid, qui était à la Grande Mosquée le soir de l’attentat. Son allocution a suscité des applaudissements nourris.

« C’est cet amour pour l’Être supérieur, qu’on appelle Dieu, qui nous unit et nous réunit. Tout le reste, ce ne sont que des composantes humaines, les différences », a pour sa part affirmé Gilberte Moreau, une religieuse venue démontrer sa solidarité à la communauté musulmane.

Bien que le message fût sans équivoque, force est d’admettre que la foule aura été moins nombreuse qu’attendu.

Clin d’œil à l’Histoire

La cérémonie a été ponctuée de témoignages de proches des défunts, mais aussi de prières menées par des représentants de chaque confession. Clin d’œil à l’Histoire, les moments de recueillement se sont faits selon la chronologie de l’arrivée de chacune des communautés en sol québécois, avec les Premières Nations pour ouvrir le bal.

« Nous avons nourri, soigné, guidé les nouveaux arrivants. Nous avons toujours tendu la main. Nous la tendons toujours aujourd’hui. Nous exigeons que tout le monde soit traité de façon égale, digne et honorable », a appelé le grand chef de Wendake, Konrad Sioui. Les prières et chants se sont déroulés dans une ambiance solennelle, alors que jeunes et moins jeunes se sont succédé sur l’estrade.

« Ce n’est pas quelque chose qu’on voit souvent que tant de communautés culturelles et religieuses s’unissent pour se souvenir. C’est historique et apaisant », a dit Amir Belkacemi, dont le père Khaled est décédé lors de l’attentat.

« Espoir en l’avenir »

« Ça donne un certain espoir en l’avenir, de se dire que les fondations sont jetées pour créer ces ponts-là, », a-t-il ajouté. Le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, a aussi tenu à remercier « son ami », Régis Labeaume. « Dès le premier moment de l’attaque, jusqu’à cet instant où il m’a poussé dans le dos et m’a dit : “Vas-y, n’aie pas peur, je suis ici”. »


► Tout le récit de la nuit d’horreur raconté par ceux qui l’ont vécue de l’intérieur : jdeq.com/mosquee

 

Se comprendre

Photo Agence QMI, Daniel Mallard

« Quand ces gens-là vont voir qu’ils ne sont pas seuls dans leur tristesse, qu’ils ont perdu leur être cher pour une cause, et que finalement, ça va servir... Espérons-le, on aura une société libre de la violence, de la xénophobie et de l’islamophobie. »

– L’imam Hassan Guillet

Photo d'archives, Pascal Huot

« C’est un pas vers la compréhension du vivre-ensemble. Pour nos familles, pour nos veuves, ça leur permet de comprendre qu’elles ne sont pas seules. »

— Mahedine Djamaï, porte-parole du Centre culturel islamique de Québec

Photo d'archives, Guillaume St-Pierre

« Il faut se tolérer, oui, mais aussi se comprendre davantage. Nous ne laissons pas les six hommes commémorés aujourd’hui mourir en vain »

— Nizar Ghali, survivant de l’attentat

 

En hommage aux six disparus

Photo d'archives

Mamadou Tanou Barry

  • 42 ans, comptable
  • Marié et père de trois enfants
Photo d'archives

Khaled Belkacemi

  • 60 ans, professeur à l’Université Laval
  • Marié et père de deux enfants adultes
Photo d'archives

Abdelkrim Hassane

  • 41 ans, ingénieur informatique
  • Marié et père de trois filles
Photo d'archives

Azzeddine Soufiane

  • 57 ans, propriétaire d’une épicerie-boucherie
  • Père de trois enfants
Photo d'archives

Ibrahima Barry

  • 39 ans, informaticien
  • Marié et père de quatre enfants
Photo d'archives

Aboubaker Thabti

  • 44 ans, chef d’équipe chez Exceldor
  • Marié et père de deux enfants