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La dynastie des Patriots divise

Le tandem Tom Brady et Bill Belichick a connu 17 ans de succès presque ininterrompus.
Photo AFP Le tandem Tom Brady et Bill Belichick a connu 17 ans de succès presque ininterrompus.

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Il y a dans un coin les adorateurs des Patriots, ceux pour qui l’équipe immaculée doit être vénérée à la vie à la mort, sans l’ombre d’une parcelle de critique. Il y a dans l’autre coin les dénigreurs éternels des Patriots, qui voient, plutôt que leur excellence perpétuelle, un grand complot façonné de toute pièce par une ligue qui les protège. La dynastie des Patriots ne laisse personne indifférent.

La huitième présence des Patriots au Super Bowl durant l’ère Belichick et Brady émoustille les uns et dégoûte les autres. Aucune organisation à l’heure actuelle dans le sport professionnel ne polarise autant les opinions.

Depuis 2001, les Patriots ont redéfini les standards avec une douzaine de saisons de 12 victoires ou plus, 15 titres de division et cinq conquêtes du Super Bowl. Ils n’ont pas seulement placé la barre haute pour les 31 autres équipes, ils l’ont installée dans une autre stratosphère.

Le tandem Belichick et Brady, c’est 17 ans de succès pratiquement ininterrompus. Il est donc tout à fait normal que certains observent cette domination avec une admiration sans bornes, tandis que d’autres la subissent avec un dédain considérable.

UN PEU DE RECUL

En toute objectivité, ce que les Patriots vivent depuis près de deux décennies, c’est pratiquement impensable que ça se reproduise. À moins qu’un jour, une organisation en vienne à cloner secrètement les gènes de Brady et Belichick. Sait-on jamais...

Les Patriots ont eu le don de s’attirer les foudres de l’Amérique, en raison des quelques scandales dans lesquels ils ont été impliqués ou pour lesquels ils ont été soupçonnés.

Aux yeux des détracteurs, ils sont devenus de misérables tricheurs et leurs réussites ne valaient plus le moindre écu. Pour les adulateurs, les Patriots sont victimes d’une déplorable conspiration qui ne vise qu’à les salir, eux si purs, eux si saints.

Dans un clan, les Patriots doivent se battre contre Roger Goodell, contre 31 équipes qui veulent leur peau et contre l’univers tout entier qui les déteste aveuglément. Dans l’autre clan, les innombrables victoires et cinq titres du Super Bowl ne sont que le fruit de tactiques déloyales et d’une étroite collaboration d’arbitres vendus.

Et si, dans tout ça, chacun regardait calmement les choses en cessant de se draper dans sa vision obtuse et le pyjama à l’effigie de son équipe ?

UN MOMENT UNIQUE

Il y a eu d’autres dynasties avant et il y en aura d’autres après. Peut-être pas de l’ampleur de celle des Patriots, mais quand même...

Pensez-vous que dans les années 1980-1990, les 49ers faisaient l’unanimité ? Bien sûr que certains n’en pouvaient plus de les voir sur leur piédestal. Pourtant, aujourd’hui, cette ancienne dynastie est évoquée avec une douce admiration nostalgique.

Détracteurs des Patriots, respirez par le nez ! Libre à vous de détester cette équipe, mais reconnaissez au moins la grandeur de Tom Brady, le genre d’athlète grandiose qui ne passe que rarement dans une vie. Prétendre le contraire, c’est un tantinet gênant...

Partisans des Patriots, de grâce, arrêtez de voir des « haters » partout. Un individu qui ne supporte pas votre équipe dans ses moindres faits et gestes n’a pas à être étiqueté de ce terme galvaudé qui cache souvent un faible argumentaire.

Aux deux clans, rappelez-vous qu’il y a dans tout ce débat une autre équipe, les Eagles, qui mérite infiniment de considération et qui ne s’en va pas au match ultime en touriste. Bon Super Bowl... et paix !

SAVIEZ-VOUS QUE...

EAGLES

  • Les Eagles ont gagné leur finale d’association par 31 points. Dans l’histoire, la fiche, au Super Bowl, des équipes qui ont gagné leur association par 30 points ou plus est de 2-6.
  • Les Eagles sont les seuls avec les Giants de 1990 et les Raiders de 2016 à avoir un quart-arrière qui a gagné au moins 11 matchs, mais qui n’amorce pas un match en séries.
  • Les Eagles ont inscrit cinq touchés défensifs durant la saison. Seuls les Jaguars (sept) ont fait mieux.

PATRIOTS

  • Tom Brady a dominé chez les quarts-arrière en saison avec 4577 verges. Dans l’histoire, aucun champion passeur lors de la saison régulière n’a ensuite gagné le Super Bowl.
  • Les Patriots deviennent la première équipe à prendre part à dix reprises au Super Bowl.
  • Les Patriots porteront leur chandail blanc. Durant l’ère Belichick, leur dossier est de 3-0 avec le blanc au Super Bowl, tandis que les Eagles sont 0-2 en vert.

5 DUELS À SURVEILLER

Le week-end sans football a été long ? Pas grave, Le Journal rassasiera votre faim avec une couverture quotidienne en direct de Minneapolis, en vue du 52e Super Bowl, à compter de demain. Tous les jours, des reportages complets sur différents membres clés des Eagles et des Patriots vous seront offerts dans le cadre de la grand-messe annuelle de la NFL. En attendant, pas question de vous laisser le ventre vide ! Pour mettre la table, voici cinq duels à surveiller qui influenceront le résultat de ce duel au sommet entre deux équipes qui rivaliseront au match ultime pour une deuxième fois.

Bradham est probablement le secondeur le plus rapide des Eagles. En saison régulière, il a été le meneur des siens avec 88 plaqués. Le joueur sur lequel il risque de se concentrer, c’est Dion Lewis. Le petit porteur des Patriots est non seulement leur meneur au sol, mais il a capté 32 passes cette saison, dont trois pour des touchés. Les Eagles sont dominants contre la course et au-delà de leur solide ligne défensive, Bradham s’avère une bonne valve de sécurité. Lewis se spécialise toutefois dans l’art de déculotter les joueurs défensifs avec ses feintes uniques.

En finale d’association, opposé à l’un des maraudeurs les plus efficaces du circuit en Harrison Smith, Zach Ertz a totalement dominé. Patrick Chung devrait, au moins à l’occasion, occuper le même rôle que Smith en tentant de contenir les élans de l’ailier rapproché des Eagles. Si Ertz parvient à se libérer comme il l’a fait face aux Vikings, les Eagles seront dans le coup. S’il est neutralisé, Nick Foles pourrait trouver le temps long. À dix reprises cette saison, en incluant les séries, Ertz a capté au moins cinq passes dans un match.

Danny Amendola est devenu le receveur le plus productif des présentes séries pour les Patriots. Déployé partout sur le terrain, il fait souvent très mal paraître l’adversaire lorsqu’il est aligné comme ailier inséré, à l’intérieur. Puisque les demis de coin des Eagles devront aussi tenir compte de la vitesse des Brandin Cooks et Chris Hogan, c’est à Patrick Robinson que pourrait incomber la tâche de patrouiller l’intérieur. Celui-ci s’est mis en valeur en finale d’association en ramenant une interception pour un touché.

Le quart des Eagles représente l’une des belles histoires des présentes séries depuis qu’il a été envoyé dans la mêlée en relève à Carson Wentz, blessé à la semaine 14. Il devra toutefois se dresser devant le plan de match de l’entraîneur-chef Bill Belichick, qui a souvent le don de jouer dans la tête des quarts-arrière sans vaste expérience. Contrairement aux Vikings et aux Falcons, les fronts et couvertures défensives des Patriots risquent d’être variés pour confondre Foles. Reste à voir si ce dernier sera aussi efficace sur les jeux d’option qui l’ont bien servi jusqu’ici.

L’un des rares points d’interrogation chez les Patriots se situe à la position de bloqueur à droite, surtout depuis que la saison de Marcus Cannon a pris fin. Cameron Fleming est le troisième joueur utilisé à ce poste et la commande s’annonce énorme pour lui face à l’ailier défensif Brandon Graham. Ce dernier a mené les siens avec 9,5 sacs cette saison. Ça ne semble pas magique, mais à Philadelphie, la pression est l’affaire de plusieurs joueurs polyvalents. Graham est l’un des nombreux joueurs des Eagles qui se fraient régulièrement un chemin jusqu’au quart-arrière.