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Made in Beautiful (Belle Province): survolté et divertissant

Made in Beautiful (Belle Province)
Photo courtoisie Cath Langlois Nathalie Séguin et Ariel Charest s’éclatent dans la pièce Made in Beautiful (Belle Province) présenté en ce moment à Premier Acte.

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Avec Made in Beautiful (Belle Province), Olivier Arteau propose un portrait fort intéressant et surtout très divertissant sur le Québec des 20 dernières années.

Un Québec qui a évolué à travers certains événements qui ont secoué et ébranlé la société québécoise.

À l’affiche jusqu’à samedi à Premier Acte, la nouvelle création du Théâtre Kata, qui a avait présenté Doggy dans Gravel, à l’automne 2016, raconte la vie d’une famille, à partir du référendum de 1995, sur trois générations.

Made in Beautiful (Belle Province) suit l’évolution et le cheminement des membres de cette famille, au fil des ans, lors des soirs d’Halloween.

L’importance du droit de vote, le racisme, l’immigration, la condition féminine, le capitalisme et l’éducation sont abordés à travers le référendum de 95, le bogue de l’an 2000, l’attaque contre les tours du World Trade Center, le droit au mariage de conjoints du même sexe, le sommet des Amériques, l’élection d’Obama, les manifs du printemps érable et la Trudeaumania.

La force de cette proposition, écrite et mise en scène par Olivier Arteau, est d’en avoir fait un objet théâtral éclaté, pleine d’humour, ironique et divertissant

Le caractère anthropologique de la pièce est parsemé de références amusantes à la culture populaire avec les costumes d’Halloween, les jeux de société, la musique, la technologie et l’omniprésence des téléphones intelligents.

Made in Beautiful (Belle Province) est une belle grande folie, sur le 220, jouée par une superbe équipe de comédiens. Nathalie Séguin, Marie-Josée Bastien, Ariel Charest, Gabriel Cloutier Tremblay, Jonathan Gagnon et Vincent Roy sortent du lot et reçoivent de grosses étoiles dans leur cahier.

Constatation et réflexion

La pièce est, au début, un peu criarde par moment. Les personnages parlent parfois en même temps, créant des petits moments de confusion qui sont amusants.

Un mur translucide sépare la zone de jeu de l’arrière-scène où l’on voit les costumes, des éléments de décors et les comédiens qui attendent leur tour d’aller sur les planches.

Au-delà de la folie et de l’aspect déjanté de cette proposition éclatée, Made in Beautiful (Belle Province) présente un Québec qui a évolué, et qui semble, aussi, faire du surplace.

À l’écoute de la chanson En Berne, des Cowboys Fringants, on se demande où est passé le Québec fébrile et en ébullition des années 70.

Certaines références et connaissances se perdent. On ne connaît plus les trois ingrédients constituant la recette du pâté chinois et l’anglais est de plus en plus présent. Le Québec, tout à coup, semble faire du surplace.

On apprend, on constate et on réfléchit. Made in Beautiful (Belle Province) est une surprise fort agréable dans ce deuxième volet de la saison 2017-2018.