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Notre obsession anti-musulmans

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Une année jour pour jour après la tuerie de la mosquée, mon cœur se fend encore en mille morceaux quand je regarde des photos que j’ai prises à l’intérieur de la salle de prière deux jours après le drame.

Des traces de sang sur le plancher, des traces de pas ensanglantés dans les escaliers qui conduisent au sous-sol.

Facile d’imaginer les blessés tenter de fuir.

Et plusieurs photos de trous de balle dans les murs. Jamais je ne les effacerai de mon iPhone.

Radio et intolérance

Pourquoi regarder de temps à autre des photos aussi morbides ?

Pour me rappeler, jusqu’où peut mener la haine. Ou la folie. Ou les 2 ensemble.

Pour un animateur de radio parlée, ça peut être utile.

Comprenez-moi bien, je ne crois pas que la radio de Québec ait quoi que ce soit à voir avec les gestes posés par le tireur ce soir-là.

Personne, à part le tueur, n’a de sang sur les mains.

Mais cette violence nous a quand même forcés à se calmer les nerfs collectivement (pas juste la radio) face aux questions reliées à l’Islam ou aux musulmans en général.

Islamophobie

Car oui, il y a bel et bien de l’islamophobie au Québec. Ceux qui refusent de l’admettre mentent effrontément et sont hypocrites.

Suffit de parcourir les réseaux sociaux pour le comprendre.

Une islamophobie souvent basée sur la haine de tout ce qui n’est pas blanc et francophone.

Bien sûr, il ne faut pas devenir une société exagérément complaisante.

Il faut pouvoir débattre du respect de l’égalité hommes-femmes, du port des signes religieux dans l’espace public, de la radicalisation.

Mais le débat ressemblait souvent à une obsession anti-musulmans depuis quelques années au Québec.

Reste à voir, lors du procès, ce qui a bien pu pousser le tireur à agir ainsi.