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Hommage aux victimes de l'attentat: «Il faut reconnaître nos propres faiblesses»

 Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, le maire Régis Labeaume  et le premier ministre du Québec Philippe Couillard ainsi que le grand chef de la Nation Huronne-Wendat Konrad Sioui ont participé à la cérémonie de lundi.
Photo Daniel Mallard Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, le maire Régis Labeaume et le premier ministre du Québec Philippe Couillard ainsi que le grand chef de la Nation Huronne-Wendat Konrad Sioui ont participé à la cérémonie de lundi.

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Un an jour pour jour après la tuerie de la grande mosquée de Québec, Justin Trudeau a appelé la société québécoise et canadienne à admettre ses propres peurs « irrationnelles » face à l’autre.

« C’est facile de condamner le racisme, l’intolérance, les discriminations contre la communauté musulmane. On sait c’est qui. C’est les racistes. C’est l’autre. C’est les nonos qui se promènent avec des pattes de chien sur le T-shirt », a lancé le premier ministre du Canada, lundi soir, dans une référence au groupe La Meute.

Plusieurs ont rendu hommage aux disparus.
Photo Daniel Mallard
Plusieurs ont rendu hommage aux disparus.

« On a peur de l’inconnu »

Cela dit, la réflexion ne devrait pas s’arrêter là. « Pourquoi le mot islamophobie nous met mal à l’aise ? Nous avons tous peur des fois. On a peur de l’inconnu. On a peur de l’étranger. Il faut reconnaître nos propres faiblesses en tant que Québécois et en tant que Canadiens », a insisté M. Trudeau, fort applaudi par des centaines de citoyens qui participaient à la commémoration du premier anniversaire de la tragédie.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a ajouté qu’il faut combattre « le racisme sous toutes ses formes » notamment l’islamophobie, l’antisémitisme, le racisme envers les personnes de couleur ou encore l’homophobie. « Toutes ces manifestations de rejet doivent être condamnées avec force, mais avec la non-violence », a-t-il rappelé.

 

Aymen Derbali, confiné à un fauteuil roulant après avoir été blessé dans l’attentat, était présent lundi. On le voit en compagnie des politiciens et dignitaires.
Photo Daniel Mallard
Aymen Derbali, confiné à un fauteuil roulant après avoir été blessé dans l’attentat, était présent lundi. On le voit en compagnie des politiciens et dignitaires.

Des témoignages poignants

Plus tôt en soirée, les personnes rassemblées ont pu entendre des témoignages poignants de survivants et de proches des six victimes assassinées le 29 janvier 2017.

D’une voix forte et posée, Aymen Derbali a ému la foule en s’adressant à elle à partir de son fauteuil roulant.

« Au-delà de la tragédie qu’on a vécue, on a vraiment vu la nature généreuse des gens du Québec et du Canada (...) On est des êtres humains. Les valeurs qui nous unissent sont beaucoup plus importantes que les petites différences qui sont normales », a lancé celui qui vit désormais paralysé après avoir reçu sept balles dans le corps. Les marques de solidarité et de compassion exprimées par la population de Québec au cours de la dernière année « apaisent ma douleur », a-t-il ajouté. D’autres proches des victimes ont abondé dans le même sens.

De son côté, Mohamed Labidi, président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), a affirmé que « nous avons un grand besoin d’éviter les dialogues de sourds, les débats sémantiques et la démagogie (...) Ne laissons pas nos cœurs se remplir de haine et de détestation. Arrêtons de semer les graines de l’intolérance. »

 

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, le maire Régis Labeaume  et le premier ministre du Québec Philippe Couillard.
Photo Ryan Remiorz/Pool
Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, le maire Régis Labeaume et le premier ministre du Québec Philippe Couillard.

Ce qu'ils ont dit

- « Nous avons besoin d’être meilleurs que ce que nous sommes (...) Ça prend du courage des citoyens tous les jours de réfléchir à nos gestes, à nos pensées, à nos peurs. De les affronter, de les confronter et de passer au-delà .

 - Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

- « On est tous venus d’ailleurs rejoindre les Premières Nations. Il n’y a que la date qui change et cette date ne détermine pas notre niveau de citoyenneté »

- Le pemier ministre du Québec, Philippe Couillard

- « Je refuse que ma ville soit associée à la violence et à la haine. Condamnons ce soir et demain tous ceux et celles qui insidieusement soufflent sur les braises de la xénophobie et du racisme »

- Le maire de Québec, Régis Labeaume

- « Karim, mon cher époux, était une personne pieuse, aimante, attentionnée, intègre et honnête. Il avait choisi le Québec pour vivre, car il aimait ce pays depuis longtemps »

- Louiza Mohamed-Said, veuve de Abdelkrim Hassane

- « Ces hommes qui sont tombés, mon père entre autres, étaient des hommes bons, aimants. Des piliers dans leur communauté. Des hommes qui s’étaient rejoints pour prier et célébrer la paix »

- Amir Belkacemi, le fils de Khaled Belkacemi, qui est décédé le soir de la tragédie

- « Tout comme pour vous, les événements ont eu lieu dans un endroit où je me sentais en sécurité. Jamais je n’ai imaginé qu’on m’attaquerait à l’école comme jamais nous n’avons imaginé une attaque dans un lieu de prière au Québec »

- Nathalie Provost, survivante de la tuerie de Polytechnique, en 1989

- « Après le massacre qui a eu lieu le 29 janvier 2017, il y a eu une augmentation des gestes d’extrême droite. C’est très troublant. Mais ce soir, ce qu’il faut nommer, ce sont les six hommes et les familles des victimes. Il faut montrer la réponse communautaire »

- Le militant altermondialiste Jaggi Singh