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Un statut particulier réclamé pour les cégépiens en difficulté

Charles McKenna est déterminé à poursuivre ses études malgré une dysphasie sévère, associée à une apraxie et une dyspraxie.
Photo d'archives Daniel Mallard Charles McKenna est déterminé à poursuivre ses études malgré une dysphasie sévère, associée à une apraxie et une dyspraxie.

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Après avoir dénoncé les règles en place, un étudiant avec de multiples troubles d’apprentissage réclame un statut particulier pour aider les jeunes comme lui à réussir au cégep.

Charles McKenna a été suspendu du cégep Beauce-Appalaches pour la session d’hiver à la suite de nombreux échecs, comme le prévoient les règles en place dans le réseau collégial.

Un nombre réduit de cours à son horaire et un meilleur encadrement aurait pu lui permettre d’éviter de se retrouver dans cette fâcheuse situation, affirme le jeune homme de 19 ans qui est déterminé à poursuivre ses études malgré une dysphasie sévère, associée à une apraxie et une dyspraxie.

Pour donner un coup de pouce aux étudiants à besoins particuliers, les cégeps pourraient mettre en place des plans stratégiques de réussite, une procédure qui se mettrait en branle dès l’admission, avec le diagnostic du jeune.

Cet outil permettrait à ces cégépiens d’être conseillés dès le départ afin de convenir avec eux d’un nombre de cours réduit, pour augmenter leurs chances de réussite. Il faudrait aussi permettre à ces étudiants de suivre trois cours, plutôt que quatre présentement, tout en étant considérés à temps plein, ce qui permet d’étudier gratuitement au collégial, précise la mère de Charles, Catherine Thabet.

« Il faut permettre à ces jeunes-là de s’instruire. Ils sont moins rapides, mais il faut leur donner une chance de les partir comme il faut, pour augmenter leurs chances de réussir », ajoute-t-elle.

Le cas de Charles est loin d’être unique. Après la publication d’un premier article sur le sujet, Le Journal a reçu la semaine dernière des courriels provenant de jeunes et de parents qui dénoncent eux aussi le manque de souplesse envers les étudiants avec des difficultés d’apprentissage dans le réseau collégial, dont le nombre est en constante progression depuis plusieurs années.

Proposition appuyée par la CAQ

De son côté, la Coalition avenir Québec est favorable à l’instauration de plans stratégiques de réussite pour ces cégépiens à besoins particuliers.

« Au-delà d’un accompagnement académique, il faut aussi leur fournir un accompagnement administratif. Ça ne coûterait pas tellement plus cher et tout le monde y gagnerait », affirme le député Jean-François Roberge.

Ce dernier précise qu’il n’est pas question de diminuer les exigences ou de niveler par le bas, mais plutôt de réduire le nombre de cours à suivre par session. « La balle est dans le camp de la ministre », lance-t-il.

Il n’a pas été possible, lundi, d’obtenir de commentaires à ce sujet au cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David.