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Yves P. Pelletier à la salle Albert-Rousseau : drôle de bibitte

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Si vous êtes de la génération qui a grandi avec Rock et Belles Oreilles, il y a fort à parier que vous aimerez la première proposition solo en carrière d’Yves P. Pelletier. Dans son spectacle Moi ?, le « maigre » se lance dans le stand-up, mais ramène aussi plusieurs de ses célèbres personnages dans des contextes actuels.

On a eu droit au passage de l’extraterrestre Stromgol chez « Demi Lévesque », après quoi le public a participé à une véritable leçon de diction avec Cherze Siachon. Quel exercice !

On a aussi renoué avec Monsieur Caron et Swami Fréchette, tandis que l’ex-détenu Capharnaüm a exposé sa vision des religions de façon grinçante, prônant le message « Vive Ensambe ».

On aurait d’ailleurs pris beaucoup plus de ces personnages avec lesquels le plus flyé de RBO brille. Parce que côté stand-up, les numéros nous ont laissés mi-figue, mi-raisin, ne suscitant pas toujours les rires. Les blagues tombaient parfois à plat, et disons que l’ambiance n’était pas à l’hilarité.

Mais, il y avait quelques lignes bien absurdes qui ont déclenché les rires. « Comment appelle-t-on un schizophrène qui se masturbe ? Un gang-bang ».

Quête identitaire

Moi ? est une longue quête identitaire où l’humoriste se demande qui il est. « Moi, dans ma tête, je suis normal », dit-il, comprenant aussi pourquoi les autres le perçoivent comme « une bibitte, une affaire, une gogosse ».

À 57 ans, l’humoriste aux multiples talents et à la carrière bien garnie s’est beaucoup questionné avant de sortir un premier one man show. « Ça prend beaucoup de courage... pour vous ! » a-t-il lancé.

En entrant sur scène, il a avoué se sentir « comme Donald Trump entouré d’hommes, je ne sais pas quoi faire de mes mains. Je me sens comme Éric Salvail dans un vestiaire, je ne sais pas par quel bout commencer ! »

Alors qui est-il ? Un être un peu fou, mais aussi sensible. « Tout m’émeut. Un film triste, Charles Lafortune, un bébé, un oignon, un bébé oignon ».

Sur un ton toujours bon enfant, et avec son humour absurde, juvénile et excentrique, Yves P. Pelletier a aussi raconté son enfance, évoqué sa difficulté à faire du sport et sa grande passion pour les voyages... sauf en groupe.

« Le seul problème des voyages de groupe, c’est le groupe », a-t-il dit avant un brillant segment qui en déconstruit les clichés. La suite du numéro, sur le dépaysement qu’il a vécu au Japon, était franchement très drôle.

Le meilleur numéro arrive à la toute fin de la soirée. Son inimitable bulletin de nouvelles pour les sourds est simplement désopilant. Juste pour ses mimiques indescriptibles, le détour en valait la peine. L’humoriste avait fraîchement pris soin d’intégrer le congédiement d’André Arthur à ses actualités.

Il faut souligner la magnifique signature visuelle de Lüz Studio, et la mise en scène fort efficace et originale de Pierre-Michel Tremblay.

Au final, le spectacle d’Yves P. Pelletier est à son image : unique en son genre.

Yves P. Pelletier est en supplémentaire le 8 mai à la salle Albert-Rousseau.