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Infirmières éreintées par le temps supplémentaire

Philippe Couillard dit que « le budget est là » pour embaucher

Ces infirmières de Joliette dénoncent le temps supplémentaire obligatoire, qui les force à rester pendant huit heures de plus à l’hôpital après leur quart de travail régulier.
Photo Courtoisie Ces infirmières de Joliette dénoncent le temps supplémentaire obligatoire, qui les force à rester pendant huit heures de plus à l’hôpital après leur quart de travail régulier.

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Épuisées, les infirmières de Lanaudière dénoncent avoir fait 87 000 heures de temps supplémentaire l’an dernier, au point où certaines d’entre elles ont peur de conduire pour rentrer après des quarts de travail de 16 heures.

« C’est un cercle vicieux, parce que [les infirmières] tombent ensuite en congé maladie [...]. C’est une mauvaise gestion de la main-d’œuvre », déplore Stéphane Cormier, président du syndicat local de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ).

Depuis cinq mois, dit-il, ce sont au moins trois ou quatre infirmières qui doivent faire du temps supplémentaire obligatoire (TSO) après chaque quart de travail. Une situation insoutenable, qui envenime le climat de travail, selon lui.

Il réclame que des postes à temps partiel deviennent des postes à temps complet, que les hôpitaux embauchent du personnel et que des infirmières puissent travailler des quarts de 12 heures, pour soulager la crise actuelle.

Cri du cœur

Voilà, dit-il, ce qu’il répond au premier ministre Philippe Couillard. Ce dernier a demandé mercredi au syndicat de proposer « d’autres façons de faire pour diminuer la charge de travail », réagissant aux nombreux sit-in et au cri du cœur viral d’une infirmière de l’Estrie sur Facebook. Infirmière depuis quatre ans, Josée Sawyer vit son pire hiver à l’hôpital Pierre-Le Gardeur à Terrebonne.

« J’ai peur de prendre mon auto après 16 heures de travail », souligne-t-elle.

Elle a récemment fait deux TSO en 14 jours, où elle a dû travailler jusqu’au lendemain après son quart de soir et quand même rentrer au boulot le lendemain à 15 h.

Moins efficace

« Je suis plus fatiguée, plus irritable et moins efficace », déplore-t-elle. L’infirmière ajoute que des collègues s’apportent dorénavant deux lunchs, puisqu’elles ignorent quand elles pourront quitter l’hôpital.

Sa collègue Mélanie Nadon a quant à elle quitté l’hôpital après quatre heures de TSO, car elle a trois enfants à la maison.

« Mon conjoint n’a pas à manquer du travail parce que moi je suis forcée de rester à l’hôpital », dénonce-t-elle.

La porte-parole du CISSS de Lanaudière, Pascale Lamy, répond par courriel que le TSO est un « dernier recours » et que 400 candidats seront rencontrés prochainement pour combler des postes en soins infirmiers.

Pour sa part, la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, estime que si les infirmières s’expriment autant ces jours-ci, c’est qu’elles ont « atteint un mur ». Elle espère que les gestionnaires d’hôpitaux demanderont de l’argent au gouvernement, puisque Philippe Couillard a dit mercredi que « tout le budget est là ».

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) estime que 1600 infirmières sont sans emploi.