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Le Trident conteste une amende de 682$ pour une fausse cigarette sur scène

La comédienne Jacynthe Drapeau fume des cigarettes de théâtre, qui contiennent de la sauge, dans la création Hôtel-Dieu, présentée, par le Périscope, au théâtre Les Gros-Becs.
Photo courtoisie David Mendoza La comédienne Jacynthe Drapeau fume des cigarettes de théâtre, qui contiennent de la sauge, dans la création Hôtel-Dieu, présentée, par le Périscope, au théâtre Les Gros-Becs.

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Le Trident conteste une amende qu’elle a reçue en novembre parce qu’une comédienne a fumé une fausse cigarette lors d’une représentation de la pièce Le Cas Joé Ferguson. Une cigarette de sauge sans tabac et sans nicotine.

Il est interdit, selon la Loi concernant la lutte contre le tabagisme, de fumer la cigarette, une vapoteuse et tout autre dispositif de cette nature que l’on porte à sa bouche, pour inhaler toute substance contenant ou non du tabac ou de la nicotine, dans un lieu public.

Deux agents du Ministère de la santé et des services sociaux s’étaient pointés dans les loges des artistes, après la représentation du 23 novembre, à la suite d’une plainte déposée par un spectateur. Le Trident avait alors reçu un constat d’infraction de 682 $.

« On se doit, en tant qu’institution théâtrale d’aller plus loin que de tout simplement payer cette contravention et tourner la page. On veut régler ce dossier et avoir un arrangement pour la suite des choses », a indiqué, lors d’un entretien, Marc-Antoine Malo, codirecteur-général et directeur administratif du Trident.

L’institution théâtrale de Québec est actuellement en processus de sélection d’un avocat, pour monter le dossier de contestation. La cause sera entendue à une date qui n’a pas encore été confirmée.

Le Trident n’aura pas à faire face à une autre situation de ce genre avec la pièce Quand la pluie s’arrêtera, à l’affiche en ce moment, et pour Incendies et Amadeus, qui clôtureront la saison 2017-2018.

« On ne sait pas ce qu’on aurait fait, si on avait eu la pièce Mme G. chez nous, parce que les cigarettes sont quelque chose qui fait partie de son personnage. On ne se serait pas senti à l’aise de donner cette contrainte à un metteur en scène », a avoué Marc-Antoine Malo.

Les fausses cigarettes fumées par la comédienne Marie-Ginette Guay, dans la pièce Mme G., à l’affiche en ce moment à La Bordée, font partie du personnage de cette tenancière de bar et qui a opéré, aussi, un établissement clandestin.
Photo courtoisie Nicolas-Frank Vachon
Les fausses cigarettes fumées par la comédienne Marie-Ginette Guay, dans la pièce Mme G., à l’affiche en ce moment à La Bordée, font partie du personnage de cette tenancière de bar et qui a opéré, aussi, un établissement clandestin.

Précisions

L’amende reçue par le Trident a eu des échos dans les autres institutions théâtrales de la Vieille Capitale et à Montréal.

À la Bordée, à Québec, où est présenté Mme G, une docu-fiction qui raconte l’histoire d’une tenancière d’un bar célèbre de la rue Cartier, un message d’introduction précise que des cigarettes de théâtre, sans tabac et sans nicotine, seront fumées durant la pièce.

« On avisait déjà les spectateurs, mais on a décidé, à la suite de l’amende reçue par le Trident, d’aller plus loin et d’expliquer les raisons. Ne pas montrer le personnage de Mme G. fumer serait comme représenter celui de René Lévesque dans la présence de cigarettes. La pièce se déroule dans le milieu des bars dans les années 70 et elle fumait quatre à cinq paquets par jour. C’est quelque chose que l’on fait par souci de vérité », a expliqué le directeur artistique Michel Nadeau.

Le Périscope a décidé de faire la même chose pour sa pièce Hôtel-Dieu.

« Le spectateur a ensuite le choix de rester ou non ou d’aller se faire rembourser », a fait savoir Marie-Hélène Gendreau, directrice artistique du Périscope, ajoutant que le théâtre est un travail de représentation du monde dans lequel on vit.

Le théâtre Premier Acte faisait déjà ce genre de précision.

Au TNM et chez Duceppe, à Montréal, on ne voit pas encore l’intérêt de faire ce genre de précision, lorsque des cigarettes de théâtre sont fumées dans une production.

« On pense que les spectateurs prennent pour acquis que ce ne sont pas des vraies cigarettes. On ne dit pas qu’on ne le fera jamais, mais on ne sent pas le besoin de le faire. Il y a plein d’autres combats à mener », a fait remarquer Lorraine Pintal, directrice artistique du TNM, soulignant au passage, l’absurdité de cette situation.

Même son de cloche du côté de chez Duceppe.

« Il y a déjà eu une vraie cigarette fumée dans un spectacle et quelqu’un, dans le fond de la salle, s’est tout de suite mis à tousser. Ça ne se peut pas. Il y a une intolérance à ce sujet. Il ne faut pas virer fou. Ça prend des proportions qui n’ont pas de sens », a laissé tomber la directrice générale Louise Duceppe.