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Les œuvres de Giacometti arrivées à Québec

Après une opération de transport minutieuse depuis Londres

Des techniciens autorisés manipulent avec soin l’Homme qui marche.
Photo Jean-Françiois Desgagnés Des techniciens autorisés manipulent avec soin l’Homme qui marche.

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Une poignée de médias ont eu accès mercredi, pour une très rare fois dans l’histoire du Musée national des beaux-arts, au décaissage d’une œuvre. Et pas n’importe laquelle. Il s’agit de l’Homme qui marche I œuvre emblématique du grand sculpteur Alberto Giacometti, dont une exposition lui est consacrée dès jeudi prochain.

Plus de 230 œuvres de cette icône de l’art moderne ont fait le voyage depuis le musée Tate Modern de Londres jusqu’à Québec, en prévision de cette exposition exclusive au Canada.

Une première œuvre a été dévoilée aux médias lundi. L'Homme qui marche I est une des sculptures les plus célèbres du 20e siècle. « C’est la pièce la plus emblématique de Giacometti, elle est universelle. Elle a une très grande valeur dans l’histoire de l’art », a souligné la directrice générale du musée, Line Ouellet.

L'oeuvre phare d'Alberto Giacometti, «l'Homme qui marche», a été dévoilée aux médias mercredi par la directrice du Musée des beaux-art, Line Ouellet, ainsi que Mathilde Lecuyer et Alban Chaine, de la Fondation Giacometti.
Photo Jean-Françiois Desgagnés
L'oeuvre phare d'Alberto Giacometti, «l'Homme qui marche», a été dévoilée aux médias mercredi par la directrice du Musée des beaux-art, Line Ouellet, ainsi que Mathilde Lecuyer et Alban Chaine, de la Fondation Giacometti.

Des défis importants

Les œuvres ont commencé à arriver au musée le 22 janvier dernier, après un long processus de transport qui comprend de nombreuses étapes et précautions. L’exposition au Tate Modern de Londres avait pris fin le 10 septembre dernier.

Le transport de telles œuvres d’art représente un grand défi.

Ces œuvres ont dû être mises dans des caisses de bois conçues sur mesure, et ne sont manipulées avec grand soin que par les personnes autorisées. Un styromousse spécial empêche les œuvres de bouger. Mais l’œuvre ne touche jamais au styromousse : un autre produit spécial empêche la friction et les rayures.

Puis, on met la caisse de bois dans une autre caisse avant l’embarquement dans l’avion. Le but de l’opération ? Empêcher toute vibration et écart thermique, pour la préservation de l’œuvre.

Rien n’est écrit sur les caisses, sauf des numéros, question de ne pas ébruiter que des objets de grande valeur s’y trouvent. « Les œuvres voyagent dans le plus grand anonymat », a souligné Alban Chaine, de la Fondation Giacometti. Les caisses sont accompagnées par une équipe de transporteurs spécialisés en œuvres d’art.

Un constat d’état est rempli avant d’entrer en boîte, et après le décaissage. Différents critères passent sous la loupe, pour savoir si quelque chose a changé.

Des techniciens autorisés manipulent avec soin l’Homme qui marche.
Photo Jean-Françiois Desgagnés

Sous haute surveillance

Mercredi, des médias triés sur le volet ont pu pénétrer dans une zone sécurisée pour le dévoilement de l’œuvre. Un cordon de sécurité nous empêchait de trop nous en approcher.

Quelques techniciens ont sorti l’œuvre de taille humaine, avec force et délicatesse à la fois, avec des mouvements calculés.

Inutile de dire que la sécurité autour de la salle d’exposition est bien présente. « Nous avons un nouveau pavillon qui correspond aux normes internationales de sécurité en matière d’œuvres d’art. C’est une des raisons pour lesquelles on peut avoir les œuvres à Québec », a affirmé Line Ouellet.

L’exposition Alberto Giacometti est présentée du 8 février au 13 mai au Musée national des beaux-arts.

Une œuvre célèbre

Des techniciens autorisés manipulent avec soin l’Homme qui marche.
Photo Jean-Françiois Desgagnés
  • L’Homme qui marche n’est pas seulement une œuvre, mais l’image de la carrière de Giacometti, l’œuvre qui l’a rendu célèbre. Créée en 1960, elle représente la condition humaine dans toute sa profondeur. La silhouette filiforme est devenue un symbole.
  • L'Homme qui marche, fait de bronze, mesure 1,80 mètre et pèse 80 kilos. Il existe trois versions de la sculpture. Les deux premières versions ont été coulées en dix exemplaires. La troisième, inachevée, ne l’a pas été. Un des exemplaires de L’homme qui marche I a été vendu en 2010 à un collectionneur pour la somme de 104,3 millions, battant ainsi un record pour une œuvre d’art vendue aux enchères publiques.
  • C’est également un exemplaire de L’Homme qui marche I que le public pourra admirer au MNBAQ.